Travail fait à l’ambulance anglo-française Symons
s'il survenait un accident grave (hémorragie par exemple). |
Après un pansement sommaire, le blessé était confié au train sanitaire. A l’arrière, d’ailleurs, -dans l'immense majorité des Centres hospitaliers, même méthode : Interventions chirurgicales peu nombreuses, pansements rares.
Les mauvais résultats obtenus amenèrent rapidement les chirurgiens à s’élever contre une telle façon de faire ; surtout lorsque la transformation de la guerre de mouvements en guerre de positions, amena une transformation parallèle de la nature des blessures. En effet, alors qu’au début, les blessures par balles étaient extrêmement nombreuses et formaient presque la totalité du contingent ; nous voyons, au fur et à mesure que la guerre évolue, les blessés par l'artillerie devenir extrêmement nombreux, si nombreux même, qu’à l'heure actuelle, les blessés porteurs de balle, sont presque l'exception.
A ce changement de nature de l’agent vulnérant correspond un changement dans la nature des plaies et si la méthode passive du début était, jusqu’à un certain point, compréhensible pour les blessures par balle, réputées peu septiques, elle devient totalement inadmissible pour les blessures par éclat d'obus, qui, elles sont très septiques. Ainsi s'explique l'évolution à laquelle nous assistons dans le traitement des plaies de guerre, évolution dictée à la fois par les événements et par la nature des blessures elles-mêmes.
Dans une première phase. — Le chirurgien se rendant compte des dangers qu'il y a à laisser une plaie de guerre, surtout une plaie par éclat d’obus, évoluer toute seule, sans intervenir, proclame la ” nécessité du débridement immédiat, il pense, avant : tout, à ces redoutables complications que sont les gangrènes gazeuses et aux suppurations interminables qu’il a vues à l'arrière. Une fois ces premiers accidents parés, ilne pense pas encore à la guérison rapide et complète et il laisse la plaie évoluer toute seule, c’est-à-dire lentement.
A ce stade de débridement succède celui des sutures et des réparations; le chirurgien, étant donné la longueur du conflit, se préoccupant lui aussi des questions d'effectifs, s’est demandé s’il ne pouvait pas diminuer la durée de l’hospitalisation de nombreux blessés et, en même temps, obtenir une guérison fonctionnelle supérieure. Au débridement des plaies, il a ajouté l’épluchage, l’exérèse des tissus contus et la suture, suture primitive pour certains, suture secondaire pour d’autres.
C’est en 1915, qu'on commence à parler des sutures et, fait curieux, c’est la suture primitive qui est l’objet des premièrescommunications.Nous avons eu la bonne fortune de suivre, au début de 1916, à M..., un cours’ chirurgical dans le service du professeur Gaudier, de Lille, et nous avons pu voir, là, de nombreuses tentatives de suture primitive suivies, très souvent, d'excellents résultats.
Tout en étant convaincu que, dans certaines conditions, la suture primitive des plaies de guerre est une excellente méthode, nous nous attacherons,dans ce travail à montrer les avantages de la suture secondaire et surtout les avantages des réparations anatomiques, véritables réparations autoplastiques, telles que nous les avons vu pratiquer el telles que nous les avons nous-mêmes pratiquées à l’ambulance anglo-française Symons.
Nous aurons surtout en vue, dans ce travail, les plaies des parties molles ; nous ne ferons que mentionner les plaies osseuses et les plaies articulaires qui constituent, à elles seules, un gros chapitre de la chirurgie des plaies de guerre.