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CHAPITRE PREMIER

LE DÉBRIDEMENT ET L'ÉPLUCHAGE, PRE- MIER TRAITEMENT APPLICABLE AUX PLAIES DE GUERRE.

Avant d'aborder les sutures proprement dites, il nous parait important d’insister sur la nécessité du débridement et de l’épluchage de toute plaie de guerre surtout lorsqu'il s’agit d’une plaie par éclat d’obus, par éclat de grenade, c’est le premier temps indispensable et, en effet, telle plaie, tel séton qui parait, au premier abord, peu grave est, en réalité, . un foyer de destruction musculaire rapidement infecté si on ne transforme pas cette cavité presque close en une plaie largément ouverte et si on n’abrase pas les débris musculaires et aponévrotiques.

C’est une pratique sur laquelle tout le monde est d'accord aujourd’hui. C’est ce que M. le professeur Gaudier, auquel nous ne saurions trop rendre hommage a bien mis en évidence. C’est lui en effet, qui s’il ne fut peut-être pas le premier à proclamer la nécessité du débridement et de l’exérèse des tissus contus, fut, tout au moins, le grand vulgarisateur de

l’idée.

Cette pratique a l'avantage de lutter contre les deux dangers des plaies de guerre : l'infection, apportée par les corps étrangers (projectiles, débris vestimentaires) et les phénomènes d'intoxication liés à la nécrose et à la protéolyse des tissus contus.

Ce premier temps opératoire, comporte, dès l’ arrivée des blessés à l’ambulance, une véritable opération, suivant une ‘technique à peu près réglée actuellement :

1° Excision de l’orifice cutané des plaies ;

‘2° Débridement large ; Le

3 Excision de tous les tissus mortifiés : tissu cellulaire, aponévrose, muscle, épluchage suivant l’expression de M. Gaudier.

L’excision des tissus; faite aseptiquement, doit être minutieuse mais, en même temps, assez large de façon à enlever, si possible, tous les tissus contus :

- 4° Extraction: du ou des projectiles, des débris vestimentaires, en un mot de tous les corps étrangers ET enfin,

. 5e Hémostase soignée ; .

Nous insisterons beaucoup sur la nécessité d’une hémostase parfaite et, en particulier, l'expérience de ‘tous les jours montre qu'il est nécessaire, toutes les fois qu’on se trouve en présence d’un trajet au niveau d'une gouttière vasculaire, même si ce trajet ne saigne pas, d'aller inspecter soigneusement les vaisseaux. C’est actuellement une pratique qui est devenue courante et qui présente d'énormes avantages. En effet, depuis qu’on va systématiquement à la re-.

Da, (ses

cherche des paquets ‘vasculaires on a remarqué que si, dans de nombreux cas, les lésions vasculaires étaient suivies d’'hémorragies abondantesimmédiates, dans d’autres, par contre, cette hémorragie ne se manifestait que tardivement, parfois même pas du tout ; c’est ce qu’on a appelé les plaies vasculaires sèches (Pierre : Duval), les hémorragies retardées (Grégoire). En fait l'examen des vaisseaux a permis de constater des lésions vasculaires multiples depuis l'éclatement complet du-vaisseau, la plaie latérale, jusqu’à la contusion simple pouvant amener secondairement. soit une hémorragie, soit un hématome artériel ou artério-veineux, soit la formation d’anévrismes artériels ou artérioso-veineux. Ces complications sont dues à ce que MM. Grégoire et Mondor (r1}ont appelé l'ouverture tardive des vaisséaux, il s’agit, dans ces cas nettement d’escarres artérielles, par contusion de [a paroi et en dehors de toute infection. <

D’autres fois cette contusion artérielle amène l’oblitération du vaisseau, ce qui est sans importance si le vaisseau est petit, mais peut provoquer la gangrène du segment sous-jacent s’il est volumineux.

Toutes les fois qu’on constate une lésion vasculaire quelle qu’elle soit, il faut faire la ligature du vaisseau, au-dessus et au-dessous de la lésion. Il faut également faire cette ligature sur un segment bien

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