‹ Contribution à l'étude des plaies de guerreChapitre 6 sur 22 · Grégoire et Mondor, Lyon chirurgical, juillet · texte numérisé non relu

Grégoire et Mondor, Lyon chirurgical, juillet

engainé et non sur un moignon disséqué, dénudé et voué au sphacèle.

On peut ranger les plaies des parties molles en plusieurs catégories suivant qu'il s’agit de al de plaies pénétrantes ou LU plaies par érosion.

a) Sétons. — Les sétons, lorsqu'ils sont superti-. ciels, sont débridés d’un orifice à l’autre après excision des orifices d'entrée et de sortie, Le trajet du projectile est débarrassé des tissus mortifiés et le séton est ainsi transformé en plaie à plat.

Les sétons profonds sont plus difficiles à traiter. Après excision large des deux orifices d’entrée et de sortie le trajet du projectile est poursuivi des orifices vers la profondeur en excisant, au fur et à mesure, tous les tissus mortifiés rencontrés. On taille ainsi une fente à bords parallèles, unissant l’orifice d'entrée et l’orifice de sortie et assurant un large drainage.

Nous avons eu surtout en vue les sétons par éclats d’obus, les sétons par balle, sans éclatement, guérissent souvent spontanément, mais il est de règle, actuellement, de les traiter comme les précédents.

b) Plaies pénétrantes. — Systématiquement on va à la recherche des corps étrangers et des débris vestimentaires et en même temps on fait l’excision de l’orifice d’entrée et des parois du trajet du projectile. Il est bien entendu que, dans certains cas, l’extraction du projectile étant très difficile et dangereuse ne sera pas tentée mais, même dans ces cas, l'orifice

d'entrée sera excisé et débridé et le trajet sera poursuivi aussi loin que possible.

c) Plaies par érosion. — Excision des bords cutanés de la plaie et des parties musculaires délabrées, ecchymotiqueset contuses.

Du reste, les mêmes principes chirurgicaux régissent le traitement des plaies articulaires et osseuses; aux temps que nous venons d'indiquer, on ajoute, pour les plaies osseuses, le nettoyage, aussi complet que possible du foyer de fracture et l’esquillotomie sous-périostée.

Tel est le premier temps du traitement chirurgical des plaies de guerre ; qu'il s'agisse d’une blessure profonde ou d’une plaie superficielle, ce temps opératoire a pour but de transformer une plaie anfractueuse et septique en une plaie chirurgicale ouverte et relativement aseptique. C’est ce principe de l’asepsie des plaies de guerre ainsi traitées qui a conduit nombre de chirurgiens à pratiquer des sutures primitives. Après avoir étudié les sutures secondaires, nous dirons pourquoi, malgré les avantages que peut présenter une telle méthode qui, en fait, serait une méthode idéale, nous restons. fidèles à la suture secondaire sauf pour les plaies superficielles sans délabrement musculaire, les plaies du cuir chevelu, de la face et du cou.

Voilà donc une plaie chirurgicale nette. Quel trai- : tement peut-on lui faire subir pour précipiter la cicatrisation et la guérison fonctionnelle du blessé ?

LA

Cette préoccupation présente, en effet, un intérêt considérable, non seulement au point de vue militaire, mais encore au point de vue social. Et, tout d’abord que deviendrait cette plaie livrée à ellemême ?

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