‹ Contribution à l'étude des plaies du genou: La mobilisation active immédiateChapitre 32 sur 39 · II. — Étude de l'état local · texte numérisé non relu

II. — Étude de l'état local

Parmi les seize observations où l'application de la méthode de Willems s’est faite inlégralement, nous n’en trouvons qu'une (observation XXVI) où il y a eu une complication locale. Au moment de l’'amputation faite secondairement, on trouva lépiphyse fémorale complètement infillrée de pus. Que s'est-il passé dans ce cas? Nous ne saurions l'expliquer, car dans les quinze autres observations on ne nota pas la moindre complication locale. L'observation XXII, où l'on fit une résection par suite d'une température oscillante, ne note aucune complication locale.

Le drainage se faisant bien, l'état local reste bon; l'infection se limite à la synoviale ; on n’observe pas de fusées purulentes ; les tissus péri-articulaires restent souples. Dans notre observation personnelle (observa-

tion 1) nous avons pu noter, lé Jour où nous avons cru

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bon de faire une exploration de l’article sous chlorure d'éthyle, que les sécrétions élaient peu abondantes et que l'infection restait strictement limitée à la synoviale. C’est dans ce cas pourtant que nous avons eu à inciser une petite fusée purulente, mais cette fusée n'avait point pour origine la cavité articulaire, mais bien la fracture du péroné. Dans les autres cas, nous ne notons jamais de fusées purulentes, accidents « si fréquents dans l’arthrite purulente traitée par les moyens classiques ». Ainsi le blessé de l'observation XIX, que M. Cotte immobilisa en plâtre, après tentative de mobilisation, eut plusieurs fusées purulentes qui nécessitèrent une amputation.

En explorant l'articulation de notre blessé, examinant particulièrement la rotule et les condyles fémoraux; nous n'avons pas noté la moindre trace d’ulcération carülagineuse. Dans ce cas, où la méthode fut pourtant employée d'une façon imparfaite, le drainage semblait donc se faire déjà beaucoup mieux que dans les cas traités par l’immobilisation. Cette absence d'ulcération cartilagineuse doit certainement être une des premières causes de la conservation des mouvements.

Nous avons pu constater, comme le dit Willems, que les sécrétions diminuent rapidement d'abondance, mais la présence de quelques gouttes de pus persiste longtemps. Pour notre blessé (observation I), un mois après l'intervention, il n'était point encore possible de pratiquer la suture secondaire, chaque mouvement de l'article chassant encore quelques gouttes de pus. De la

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lecture des autres observations, voiei les indications que nous pouvons tirer. Dans l'observation Il, où on laissa la cicatrisation se faire seule, elle ne fut obtenue que 45 jours après l'intervention. Le blessé de l'observation [IT fut suturé secondairement 40 jours après son arthrotomie (1). Dans l'observation X, il est dit que le liquide d’abord franchement purulent est très rapidement devenu clair; les plaies sont presque complètementfermées au bout de 25 jours. Dans l'observation XII, Willems suture l'incision interne et une partie de l’incision externe dès le 7° jour; la suture est complétée le 30° jour. Dans les observations XIII et XIV, nous voyons que les sécrétions sont minimes dès le 20° jour. L'observation XVII signale la fermeture partielle au bout de quatre semaines, les sécrétions ayant pris un aspect séreux.

Il nous reste enfin à étudier l'état des muscles. Willems nous dit « qu’un autre résultat de la mobilisation active est la conservation à l'état normal ou à peu près des muscles du membre; l’atrophie ne se produit pas ou est réduite à un minimum qui n'altère en aucune manière la fonction ».

Bien qu’il soit difficile de juger d’après des photographies, il semble que l’atrophie musculaire était bien minime dans les trois cas de M. Pierre Duval. Dans l'observation I, la mensuralion de la cuisse nous a permis de constater l'absence de toute atrophie. Par contre, chez le blessé de l'observation Il, on note une atrophie quadri-

cipitale assez accentuée; comme nous le fit remarquer

(4) Voir Planche VII, ci-dessus p. 81.

op

M. Willems, il est probable que cette atrophie est due à ce que, au début, le blessé ne mobilisait pas son membre assez fréquemment.

L'atrophie musculaire est en effet souvent extrêmement rapide à s'installer, et c'est pourquoi M. Willems nous. dit « qu'il n'y a qu'un moyen pour empêcher cette atrophie, c’est de faire commencer les mouvements avant qu'elle existe, c'est-à-dire dès les toutes premières

heures ».

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