‹ Contribution à l'étude des plaies pénétrantes de poitrine: avec projectiles intra-pulmonairesChapitre 10 sur 30 · SE · texte numérisé non relu

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Pour qu’il y ait plaie pénétrante de poitrine, 1] faut que le projectile ait touché un viscère thoracique. Nous éliminerons donc systématiquement, au début de notre ouvrage, toutes les plaies thoraciques pariétales. Parmi les plaies thoraciques pariétales, 1l en est qui peuvent laisser croire à de véritables plaies pénétrantes de poitrine.

Nous avons vu un homme qui avait reçu une balle dans le creux sus-claviculaire. Cette balle avait fracturé la clavicule, perforé le muscle sous-clavier et l’aponévroseclavi-coraco-axillaire, fracturé deux côtes en descendant le long de la parot thoracique antérieure et fait irruption à l’extérieur, occasionnant une véritable plaie en séton du thorax non pénétrante. Ces lésions, jointes aux phénomènes symptomatologiques, pouvaient en imposer pour une plaie pénétrante de poitrine vraie.

Il nous faut aussi éliminer les plaies thoraco-abdominales dans lesquelles la plaie viscérale thoracique peut être considérée comme un épiphénomène de l’ensemble des lésions.

Ayant donc éliminé toutes ces plaies thoraciques ou thoraco-abdominales, nous allons essayer de classer évidemment d’une façon un peu schématique les véritables plaies pénétrantes de poitrine avec projectiles inclus.

Nous admettons un peu schématiquement deux grandes classes de plaies de poitrine :

1° Les plaies perforantes de poitrine ; 2° Les plaies pénétrantes de poitrine.

Chacune de ces classes comprenant plusieurs subdivisions.

1° Plaies simplement perforantes. — Dans ce genre de plaies l’individu est traversé de part en part par le projectile qui le frappe : balle ou éclat d’obus.

De ces plaies, les unes sont mortelles sur le coup ou presque immédiatement. Durant les longs mois que nous avons passés dans un groupe de brancardiers divisionnaires, nous avons vu tomber ainsi sur le champ de bataille des soldats qui mouraient presque aussitôt sur le terrain même, sans qu’on ait pu leur porter aucun secours efficace, sans qu'aucune intervention soit possible. À quoi est due la mort dans ces cas-là ? Plusieurs causes y concourent vraisemblement : l’hémorragie ou l’hémoptysie par section des gros vaisseaux, le shock nerveux, l’hémo-pneumothorax, les blessures du cœur, etc.

D’autres plaies, quoique graves, permettent aux blessés d’arriver jusqu’à l’ambulance. On trouve dans ces cas-là des lésions plus ou moins étendues : lésions pariétales avec ou sans fractures de côtes, lésions des viscères et des vaisseaux. Ces blessés présentent parfois du shock très marqué, une hémoptysie plus ou moins abondante, de la dyspnée, et on trouve chez eux de l’hémo-pneumothorax.

Nous avons vu de nombreux blessés appartenant à cette deuxième catégorie, Les uns sont morts plus ou

moins rapidement, soit d'infection rapide et grave du quatrième au huitième jour, soit d’hémorragie secondaire foudroyante, le plus souvent dans le cours du premier septenaire. D’autres ont guéri sans qu'on ait eu à intervenir, quoique leur état ait été vraiment grave.

Enfin, il existe une troisième catégorie de plaies, mais celles-là heureuses, le plus souvent faites par des balles de fusils ou de mitrailleuses; nous en avons vu beaucoup. Là les lésions anatomiques sont minimes. Le projectile traverse la poitrine n’Imtéressant que les parties molles et semble avoir respecté tous les organes importants.

Ces blessés présentent un peu de dyspnée, un shock souvent très léger, une petite hémoptysie, nous en avons vu arriver à l’ambulance par leurs propres moyens. Très souvent même on ne constate .pas de pneumothorax, les deux feuillets de la plèvre n'ayant pas perdu le contact.

Ces blessés guérissent aseptiquement en quelques Jours, le plus souvent sans présenter des complications.

Entre ces plaies heureuses et sans gravité et les plais mortelles précédemment décrites, il y a toute une gamme de cas variables où lon voit paraître plus ou moins complet le syndrome hémo-pleuro-pulmonaire de Piéry.

2° Plaies pénétrantes avec projectiles inclus. — Dans ce genre de plaies, le blessé ne présente qu’un orifice d'entrée : le projectile, balle ou éclat d’obus,

te est resté dans la cavité thoracique et dans l'épaisseur du parenchyme pulmonaire,

Comme dans la première catégorie des plaies de poitrme, nous admettrons plusieurs subdivisions :

De ces plaies, les unes sont mortelles d’emblée ou à peu près Immédiatement et pour les mêmes raisons que celles précédemment décrites à propos des plaies perforantes. Certains blessés arrivent à l’ambulance avec de petites plaies plus ou moins nombreuses, quelquefois avec une plaie unique. Ces plaies, au premier abord, n'ont pas l’air d’être pénétrantes. Elles sont produites le plus souvent par de petits éclats d’obus ou plus fréquemment par des éclats de grenade ou de torpille. L’examen radiographique et radioscopique montre que cesplaies sont vraiment pénétrantes et permet de voir les petits projectiles plus ou moins mobiles logés soit au niveau d’un hile pulmonaire, soit dans le médiastin, soit en plein parenchyme pulmonaire.

Quelquefois, et le fait a été plus particulièrement constaté chez des blessés par grenades à fusil, on remarque de tout petits projectiles logés dans le médiastin, au voisinage des oreillettes ou des gros vaisseaux et que, sous l'écran radioscopique, on voit avec la contraction cardiaque. Deux de ces blessés n'avaient à aucun moment présenté de signes pulmonaires, d’hémoptysie, de shock, et toléraient parfaitement le projectile; ils avaient été considérés

comme atteints seulement d’éraflures cutanées. __ Enfin, nous arrivons à la troisième espèce de ces plaies pénétrantes de poitrine avec projectiles inclus, à notre avis la plus importante et la plus Imtéressante.

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C’est celle que nous étudierons tout spécialement.

Ces blessés arrivent à l’ambulance dans un état le plus souvent grave, très pâles, dans un état de shock marqué, un pouls petit et rapide, une hémoptysie plus ou moins abondante.

Nous allons, dans les pages qui suivent, nous occuper uniquement de cette classe bien spéciale de blessés porteurs de plaies pénétrantes de poitrine avec projectiles inclus, laissant de côté :

1° Les porteurs de gros délabrements, parce qu'ils meurent sur le terrain et n’ont pas le temps de venir jusqu'aux ambulances :

2° Les blessés atteints par de petits éclats, souvent bien tolérés, et pour lesquels l’indication opératoire ne paraît pas formelle.

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