‹ Contribution à l'étude des plaies pénétrantes de poitrine: avec projectiles intra-pulmonairesChapitre 22 sur 30 · AUJOURD'HUI · texte numérisé non relu

AUJOURD'HUI

Il y a quelques mois, Marion put extraire du poumon de vingt-sept blessés, le projectile qui y était fixé, par un procédé simple, facile, en toute sécurité, sans qu'aucun accident ne survienne chez les opérés.

Après lui, Mauclaire rapporta les observations de cinq cas de projectiles intrapulmonaires pour lesquels l'extraction fut pratiquée. |

Duval pratiqua également cette mtervention et publia les observations de vingt cas.

Leriche, de Lyon, pratiqua lui aussi, quelques extractions de projectiles mtrapulmonaires.

- Avec eux, plusieurs chirurgiens dans les ambulances de l’avant, tentèrent cette opération avec plus ou moins de succès.

Petit de la Villéon, chirurgien de l'Hôpital principal de la Marine de Brest rapporte plusieurs cas pour lesquels il est intervenu et où 1l a eu des guérisons rapides sans aucun accident.

Deux écoles se partagent l’opinion au sujet de l’intervention opératoire :

Il y a une école imterventionniste qui préconise toujours l’intervention et une école moins interventionniste qui pose quelques conditions pour imtervenir.

L’école interventionniste, représentée surtout par Marion, Duval, Petit de la Villéon, a pour règle

l'extraction systématique et obligatoire de tout projectile intrapulmonaire, cette extraction, souvent facile, n’offrant pas de difficultés insurmontables, donnant de très bons résultats.

La deuxième école, représentée surtout par Tuffier, n'admet pas l'extraction systématique, car elle lui impute certains accidents et certains dangers. Elle pose des conditions à l’intervention; pour cette école, l’extraction du projectile ne doit se faire qu’en présence d'accidents ou de menaces d'accidents. C’est aussi

l’idée de Mauclaire, qui va même plus lom et qui dit

qu’il ne faut enlever les projectiles que s’ils donnent lieu à des douleurs très vives ou à des épanchements pleuraux ou encore à des congestions pulmonaires à répétition.

Piéry a publié un article très intéressant: il se range lui aussi dans la deuxième école et partage les idées de Tuffier et de Mauclaire. Pour lui, on ne doit intervenir que lorsque les accidents surviennent et même il y aurait lieu d'attendre quelquefois la persistance des accidents ou leur répétition, car ils se résolvraient fréquemment par la guérison complète.

Il y aurait cependant deux accidents, qui, pour Piéry, imposeraient nettement la nécessité d'opérer, ce sont : l’abcès du poumon et l’hémoptysie tardive persistante. | |

Avant de terminer ce chapitre, il nous faut dire un mot sur la facon dont nous avons traité les blessés de poitrine avec projectile inclus dans deux secteurs différents du front et à deux périodes de la campagne.

Pendant une première période de la campagne, alors

Page 1