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que nous nous trouvions en Artois, nos moyens d'action très limités, ne nous permettaient pas d'intervenir.
À ce moment-là, nous étions installés d’une façon peu confortable, nous déplaçant souvent, n’ayant pas à demeure un laboratoire de radiologie. Nous recevions de nombreux blessés que nous hospitalisions le minimum de temps et que nous dirigions sur des formations sanitaires plus stables que nous, mieux installées et placées plus loin de la ligne de feu.
Nous nous sommes trouvés ensuite dans un secteur de Champagne, admirablement organisé, assez calme ; nous recevions alors un nombre relativement restreint de blessés. |
L’ambulance 1/21 était installée dans des locaux vastes, bien aérés, bien aménagés; elle comprenait des salles d'opérations. Un service de radiologie de la Société de Secours aux blessés militaires était installé à demeure à l’ambulance, nous permettant de faire à n’inporte quelle heure des radiographies, des radioscopies, des repérages de projectiles radioscopiques où figurés, en un mot, une installation pareille à celle que lon peut avoir dans les hôpitaux de l’intérieur, à 8 ou 10 kilomètfes à peine de la ligne de feu, nous permettant la recherche des projectiles intrapulmonaires par les procédés radioscopiques modernes. C'est ainsi que nous avons pu pratiquer quelques extractions de projectiles.
Nous venons de voir que deux écoles se partageaient l’opinion au sujet de lintervention opératoire. Pour nous, nous sommes d’avis d'opérer toujours et le plus tôt possible pour éviter tous les accidents secondaires
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dont nous avons vu de nombreux cas pendant la pre- mière période de la campagne, et dont l'exposé a été fait plus haut au chapitre des Complications.
Nous retenons des non-interventionnistes cet argument qu’il faut attendre la confirmation des complications secondaires pour avoir la justification d’une intervention, Au contraire, il faut opérer le plus tôt possible avant que ces complications aient apparues et intervenir au moment opportun : chez les blessés de poitrine, ce que nous appelons le moment opportun, parait, en général, du septième au quatorzième jour après le traumatisme.
En résumé, parmi les blessés de poitrine avec projectiles inclus, nous avons vu mourir le premier jour ou sur le champ de bataille même les très graves, mourir dans les sept premiers jours d'infection, d’hémorragie, de pneumothorax, et de shock des blessés qui avaient pu supporter le transport jusqu’à l’ambulance.
Enfin beaucoup d’autres rentraient à l’ambulance avec des phénomènes mitiaux très graves, simplement inquiétants, ou même dans un état relativement satisfaisant; chez de pareils blessés, nous avons con-— staté une amélioration progressive, nous avons vu se produire un amendement des symptômes locaux et généraux d’une façon constante après leur blessure vers le cmquième, le sixième, le dixième, le quatorzème, ou même le quinzième jour.
C'est ce moment là qui est le moment opportun, le moment favorable pour pratiquer l’extraction du projectile.
I est vraiment regrettable qu’au début de la campagne, ce moment opportun dont on profitait pour évacuer les blessés plus à l’arrière, n'ait pas été mis à profit pour pratiquer l’opération.
Toutefois, nous avons pu observer quelques cas de plaies pénétrantes de poitrine avec projectile inclus, s’accompagnant de gros hémo-pneumothorax, de dyspnée, avec un état général assez satisfaisant, permettant une survie plus ou moins longue, cas pour lesquels lintervention pouvait être discutée, mais ils ont été rares: