‹ Contribution à l'étude des plaies pénétrantes de poitrine: avec projectiles intra-pulmonairesChapitre 27 sur 30 · RÉ MA · texte numérisé non relu

RÉ MA

l'opération, celui qui doit être fait avec le plus de soin. Le projectile vu et bien situé topographiquement est ensuite facile à atteindre la pince à la main. |

Le repérage se fait soit à l’aide des compas, soit à l’aide des diverses méthodes radioscopiques. |

Une fois le projectile situé, on marque sur la peau, à l’aide d’un crayon au nitrate d’argent, un point de repère dans la zone où l’on doit faire l’incision, c’est ce qu’on appelle le point de repère radiographique normal ; il correspond donc à la projection du projectile sur la paroi thoracique. On délimite aussi l’espace intercostal d’accès, on tient compte pour celà de laction des mouvements respiratoires sur la situation du projectile.

L’espace intercostal par lequel on va aborder la plèvre et le poumon étant choisi, on incise sur une longueur de 8 centimètres la peau et les muscles intercostaux, jusqu’à la plèvre qui n’est pas ouverte, à la clarté de la lampe électrique, le milieu de cette incision passant par le point radiographique normal.

L’incison faite, on prend la pince-trocard qui va servir à faire lextraction du projectile, on la place au milieu de l’incision, les mors fermés, la pointe dans la gouttière intercostale.

On éteint alors l'éclairage électrique, on fait passer le courant, l’écran radioscopique s’éclaire. On corrige alors la position de la pince de façon que ses mors soient dans l’axe du rayon radiographique normal et que ombre du projectile soit elle-même sur le rayon radiographique normal.

Ou ponctionne d’un coup sec la plèvre et le pou-

Er

mon à l’aide de la pince-trocart jusqu’à ce que son extrémité arrive au contact métallique.

A ce moment, on ouvre la pince, qui dissocie et coupe le parenchyme pulmonaire jusqu’à ce que l'écartement de ses branches soit supérieur au diamètre du projectile.

On enfonce un peu la pince, on saisit le projectile entre ses mors, on serre en faisant une prise solide et on ramène le projectile vers la plèvre en suivant le chemin déjà parcouru.

A ce moment, les plèvres et quelques'fibres muscu-

laires font brides et empêchent l'extraction; avec la pointe du bistouri insimuée contre l’une des branches de la pince, le tranchant tourné en dehors, on donne alors quelques petits coups en tirant, qui permettent l'extraction facile et ne laissent cependant entrer dans la plèvre que quelques bulles d’air.

La seule difficulté réside dans le fait que le rayon radiographique normal qui passe par le projectile et l’axe de la pince-trocart ne sont pas confondus.

Après l’opération, on place dans la plaie un drain en caoutchouc chemisé s’il y a infection, pas de drainage dans le cas où il n’y a pas d'infection. Les blessés aimsi opérés guérissent dans le même laps de temps que ceux opérés par le procédé Marion ou par le procédé Duval.

Cette méthode présente plusieurs avantages. Elle

permet :

1° D’éviter la production du pneumothorax postopératoire, puisqu'on se borne à ponctionner la plèvre à l’aide de la pmce-trocart en pratiquant une

ce 55 toute petite ouverture, de plus, en tirant le projectile, on amène au contact de la plaie pariétale un petit cône de poumon qui obture l’orifice et empêche ainsi la pénétration d’air dans la plèvre ;

2° Elle réduit au minimum le traumatisme opératoire. Le traumatisme pulmonaire lui-même est minime ; la pince-trocart dont nous nous servons à l’ambulance 1/21 dissocie le tissu pulmonaire en produisant le minimum de lésions.

Pas de gros délabrements, de petites ouvertures seulement; on passe dans un espace intercostal et on ne pratique pas de résection de côte comme par le procédé Marion ou le procédé Duval.

Ces deux dérniers procédés restent préférables quand on se trouve en présence d’un sujet à espaces intercostaux très étroits, où l’on est obligé de pratiquer une résection costale.

La technique de Sicard, que nous venons de décrire, est celle que nous avons employée à l’ambulance 1/21 pour les projectiles de dimensions moyennes.

Quand on a affaire à un projectile de grandes dimensions et qui pourrait entrainer l'obligation de faire une incision pleurale, on fixe préalablement le poumon par trois ou quatre fils de catgut à la paroi thoracique pour éviter qu’il ne la fuit.

De quelle pince peut-on se servir pour pratiquer l'extraction ? La pince tire-balle droite peut rendre de bons services.

Nous avons fait construire à ambulance 1/21, par un infirmier, une pince que nous appelons pincetrocart, qui nous paraît très commode,

Tr DESCRIPTION DE LA PINCE-TROCART .

Cette pince-trocart, qui nous a rendu d’excellents

services à l’ambulance 1/21, est, en somme, une pince de Kocher un peu modifiée.

Extrémité inférieure de la Pince-Trocart,.

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