‹ Contribution à l'Étude des Pleurésies CloisonnéesChapitre 17 sur 30 · IV. — ÉTUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

IV. — ÉTUDE CLINIQUE

L — Pleurésies cloisonnées proprement dites. — M. Jaccoud, lors de la mémorable séance de l’Académie, a exposé que selon luiil y a deux formes principales de pleurésies cloisonnées :

1° Dans une première forme le malade présente des signes nets d’épanchement semblant occuper toute la cavité pleurale : matité absolue, absence de vibrations thoraciques, souffle pleurétique. Mais signe curieux et important, en plaçant la main sur le thorax, en ne se servant que du bord cubital, on constate la persistance des vibrations vocales sur une bande large de un à deux travers de doigt, s'étendant dans le cas rapporté par M. Jaccoud suivant une direction à peu près horizontale. Répondant à la cinquième côte, cette bande décrit une ligne demi circulaire allant de la colonne vertébrale à la région sternale. C’est cette persistance des vibrations qui fit porter à M. Jaccoud le diagnos-

tic de pleurésie biloculaire.

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Obs. XII. — Jaccoun. — Chez un jeune homme de 19 ans, atteint d’un vaste épanchement gauche avec dislocation com plète des organes voisins, les phénomènes que j'ai décrits étaient d’une si parfaite précision que, quoiqu’ils se présentassent à moi pour la première fois, je n’hésitai pas à les interpréter comme signes d’un épanchement biloculaire, et l’état du malade indiquant d'urgence la thoracentèse, je résolus d’évacuer d’abord la loge inférieure ; une ponction pratiquée dans le huitième espace intercostal, immédiatement en arrière de la ligne axillaire postérieure, donna issue à un peu plus d’un litre de sérosité limpide.

Tandis que les modifications ordinaires révèlent alors, dans toute la région inférieure, la perméabilité renaiïssante du poumon, je constate qu’au-dessus de la cinquième côte, tant en avant que sur le côté et en arrière, les phénomènes physiques

$ e primitifs persistent immuables, et que l’autre épanchement demeure suspendu à la partie supérieure du thorax, dans une indépendance à laquelle la ponction n’a pu porter aucune atteinte. Le lendemain, je ponctionne le troisième espace intercostal et je retire de la loge supérieure 600 grammes de liquide franchement purulent.

La confirmation de mon diagnostic était donc aussi nette que possible ; elle devait malheureusement être plus complète encore, car, Cinq Jours après la ponction, le malade a été tué par une thrombose cardiaque.

J’ai trouvé deux loges partiellement remplies, avec cette particularité que l’inférieure, qui avait donné à la ponction une

sérosité limpide, contenait alors du pus comme la supérieure ;

1. Jaccoun, Bulletin de l’Académie de Médecine, 22 avril 1879.

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