DAT
résies de la grande cavité, séreux, séro-sanguinolent, séro-purulent, purulent.
Chez le même malade l’épanchement peut être de même nature dans les différentes loges.
À. — PLEURÉSIES UNIQUEMENT SÉREUSES. — Tantôt on ne trouvera que de la sérosité simple : tel est le cas du malade que nous avons observé chez M. Galliard.
Obs. VI (personnelle), — M. B..., âgé de 49 ans, cordonnier, entre à l’hôpital Lariboisière, salle Rabelais, le 21 juin 1907. Il entre pour une violente dyspnée. Le début, insidieux, remonterait à cinq semaines. À ce moment, dans le commencement du mois de mai, le malade voit apparaître une toux légère, non quinteuse, accompagnée d’une expectoration muqueuse parfois striée de sang. Ni frisson, ni point de côté. Le malade, qui avait maigri beaucoup, ne mangeant plus, continue cependant de travailler jusqu’à la fin de mai. Sa faiblesse était alors devenue extrême, Au moindre effort il était oppressé et avait de violentes palpitations.
Le soir il avait la sensation d’avoir de la fièvre. Pas de transpirations nocturnes. Il était dans l'obligation alors de rester au lit la plus grande partie de la journée.
Le 20 juin. — Il se décide à consulter un médecin qui dia« gnostique une pleurésie et conseille l’entrée à l’hôpital.
Le 21 juin.— Jour d’entrée à l'hôpital le malade a l'air profondément cachectique. Il est extrêmement amaigri. Il respire avec une grande peine.
La température est élevée, 392. Le pouls à 96 est régulier, La percussion du thorax donne du côté droit en avant une matité absolue remontant de la base au creux sous-clavier. Il
Colibert 2
LAS h'y à pas dé déviation du sternum. Le foié h'est pas abaissé,
En arrière, matité complète remontant jusqu’à l’épine de l’omoplate.
Du côté gauche sonorité normale.
A droite, en avant et en arrière, disparition complète des vibrations vocales.
L’auscultation du poumon gauche en avant comme en ärrière montre seulement une respiration assez rude,
A droite au contraire disparition complèté du murmure vésiculaire.
Au niveau de l’épinescapulaire droite,onentend un souffle voilé, lointain. Pas d’égophonie nette.Pectoriloquie aphone én arrière.
Cœur normal. Urines normales.
Le malade étant très dyspnéique, oh pratique en arrière, au niveau du sixième espace intercostal, dans la ligne axillaire, une ponction avec l'appareil de Duguet.On retire 1 1. 1/2 de liquide clair jaune-verdâtre.
22 juin. — La température est encore à 386. Mais la dÿpsnée s’est apaisée. La matité en avant à droite remonte toujours jusque sous la clavicule; en arrière la matité ne remonte plus que jusqu’à la pointe du scapulum. Au-dessus submatité. Les vibrations sont légèrement perceptibles dans la partie supérieure du poumon. Lé souffle pleurétiqué s’entend au niveau de la pointe de l’omopiate.On entend cette fois l’égophonie et la pec: toriloquie aphone.
, En avant respiration insensible.
23 juin. — La température présente des oscillations entre 3905 le soir et 38° ou 382 le matin. Les signes persistent sans grands changements. Toutefois l’épanchement se reforme très
vite en arrière.
28 juin. — Matité antérieure est toujours la même,
En arrière la matité a regagné l’épine. Dÿspnée considérable, on fait à nouveau une ponction en arrière dans le septième espace intercostal. On retire 2 L. 1/4 de liquide séreux, un peu opalescent.
5 juillet. — La matité antérieure n’a pas changé. La respiration ne s'entend toujours pas. En arrière au contraire respiration rude facile à percevoir. À la base quelques frottements, Submatité dans l’aisselle. On pratique alors une ponction exploratrice avec l'aiguille d’une séringue dé Pravaz, dans le deuxième espace intercostal en avant et l’on retire quelques gouttés d’un hquide clair.
8 juillet. — Avec l'appareil Potain on fait une ponction évacuatrice dans le troisième espace intercostal en avant.
On retire ainsi 700 grammes de liquide citrin clair.
On était donc bien, comme on l'avait présumé, en présence d’une pleurésie cloisonnée, à deux loges au moins, l’une antérieure, l’autre postérieure. Les ponctions faites en arrière n'avaient en rien influencé les signes obtenus en avant. Depuis la ponction au contraire, sauf à la partie toute inférieure du thorax, en avant la submatité avait remplacé la matité. La respiration s’entendait bien. Mais cependant, étant donnée la similitude quasi parfaite des deux liquides on pouvait penser à la communication possible des deux loges entre elles. Pour en avoir la conviction le 9 juillet on injecte dans la loge postérieure la valeur d’une seringue de Pravaz d’une solution concentrée de bleu de méthylène.
Le 10 juillet 6n retira de la loge antérieure un liquide parfaitement clair sans traces de coloration bleue.
Le diagnostic semble donc bien nettement établi.
PU ES Toutefois nous n’avons malheureusement pu suivre le malade qui a voulu absolument partir chez lui. Depuis nous l'avons
perdu de vue.
B. — PLEURÉSIES UNIQUEMENT SÉRO-SANGUINOLENTES. — Quelquefois les loges ne contiennent que du sang ou de la sérosité sanguinolente comme dans les pleurésies cancéreuses.
C. — PLEURÉSIES UNIQUEMENT PURULENTES. — Enfin on peut avoir affaire à un empyème à plusieurs loges. C'est ce qui est très net dans l'exemple suivant communiqué par M. Galliard à la Société Médicale des
Hôpitaux (1).
« Il s'agissait d’un malade qui avait eu à gauche simultanément deux loges indépendantes ; un empyème dorso-axillaire traité avec succès par une première pleurotomie ; l’autre diaphragmatique s’ouvrant d’abord spontanément dans lesbronches, puis s’approchant de la paroi thoracique et nécessitant la réin-
cision de l’espace intercostal primitivement sectionné.
D. — PLEURÉSIES « POLYMORPHES ». — Mais souvent le contenu varie avec chaque loge. Ce sont des pleurésies « polymorphes » suivant l’expression de M. Galliard. C’est ainsi que l’une des poches peut contenir du pus et l’autre de la sérosité. Les observations en sont nombreuses. Tels sont les cas de Jaccoud (2), Danesi (3),
1. L. Garrrarv. Empyème à deux loges. Soc. Méd. des Hôpilaux, 3 juin 1904.
L. Garzrarr. Soc. Méd. des Hôpitaux, 24 nov. 1899, 2. Jaccoun, Loc. cit.