I. — PHYSIOLOGIE NORMALE DE LA PLÈVRE
Les plèvres sont des membranes séreuses destinées à faciliter le glissement du poumon sur les parois de la loge qui les renferme.
Entre les deux feuillets de la plèvre, le feuillet viscéral et le feuillet pariétal se trouve une cavité, la cavité de Ia plèvre. Comme la cavité de toutes les séreuses, la cavité pleurale est simplement virtuelle à l’état normal; elle n’existe réellement que lorsqu’elle est le signe d’un épanchement soit liquide, soit gazeux.
Il existe par suite, constamment, une pression négative entre les deux feuillets qui maintiennent l’adhérence des poumons à la plèvre.
Le poumon, enfermé dans une cavité close, le thorax, et tendant sans cesse, en vertu de son élasticité, à revenir sur lui-même, exerce, en effet, à la face interne du poumon une aspiration constante : de cetté aspiration résulte,
dans la cavité pleurale virtuelle, une pression inférieure à la pression atmosphérique.
Puisque cette aspiration thoracique est produite par la force de retrait élastique pulmonaire, elle varie nécessairement dans le même sens que cette force. Aussi peuton avoir sa valeur, soit par la mesure de la pression négafive pleurale, résultat de l’élasticité pulmonaire, soit par la mesure de la pression dans les voies broncho-pulmonaires, appréciation directe de la force élastique même du poumon.
On peut mesurer l'aspiration thoracique par deux méthodes. La première consiste dans la détermination de la pression à laquelle donne lieu, sur un manomètre introduit dans la trachée d’un cadavre, l’affaissement du poumon résultant de l’ouverture du thorax. Dès que celui-ci est ouvert, la pression atmosphérique s’exerce à la surface externe du poumon: cet organe tend aussitôt à prendre sa forme d’équilibre élastique et, par suite, l’air qu'il contient s’échappe et vient comprimer le mercure qui monte dans la branche libre du manomètre trachéal. L'’effort que le poumon exerce ainsi sur l’air qui y était contenu, mesure sa force de retrait élastique. Maïs quand cet organe élastique subit une traction qui le dilate, sa force de retrait augmente suivant l'expansion même à laquelle il est soumis: aussi pendant l'inspiration la force élastique du poumon augmente.
La seconde méthode applicable sur l’animal vivant consiste à mettre la cavité intra-pleurale en relation avec un manomètre à eaw; le liquide s’élève du côté de la branche en rapport avec la canule pleurale et là encore la dépression du liquide sera plus forte pendant l’inspiration.
Ces valeurs que l’on peut chiffrer, mesurent la force élastique pulmonaire, respectivement en inspiration et en
expiration. Pour nous en rendre compte examinons les conditions d’équilibre du poumon et du thorax dans ces deux phases.
Voyons d’abord l’inspiration.
L'action d'ensemble des muscles inspirateurs déplace le thorax en avant de sa ligne d’équilibre absolu. IL s’est donc développé dans le thorax violenté une force élastique qui s'exerce dans le même sens que la force élastique pulmonaire. Deux forces dans l’aspiration se trouvent donc en présence, d’une part une force musculaire, celle des muscles inspirateurs, d’autre part les deux forces élastiques thoracique et pulmonaire antagonistes avec la première. Quand toutes ces forces se font équilibre, Le poumon très distendu tâche, en raison de son élasticité, à revenir sur lui-même avec une grande force. Mais, dès lors, il y à de ce fait tendance à la création d’un vide partiel c’est-à-dire d’une pression négative entre le thorax maintenu à distance de sa position de repos par l’action des muscles inspirateurs et le poumon exerçant un mouvement de retrait, c’est-à-dire tendant à séparer les deux feuillets pariétal et viscéral de la plèvre en raison de la force élastique qu’a développée en lui sa tension inspiratoire.
Prenons maintenant le cas de l'expiration.
Celle-ci est habituellement un phénomène surtout passif. D'autre part, les poumons, même dans la plus forte expiration, l'expiration agonique, sont toujours en état de distension. Ouvrons, en effet, le thorax d’un animal vivant ou mort: aussitôt le poumon se rétracte jusqu’à satisfaction complète de sa force élastique: il se réduit à une petite masse ne contenant plus ni air ni sang: |
Quelle est done la cause de cette tension permanente du poumon dans la cage thoracique close?
Le thorax en expiration, c’est-à-dire après retour à sa