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CLASSIFICATION DES POUSSIÈRES

Il est à établir quelle sorte de poussières peuvent créer des pneumoconioses.

De nombreuses classifications de poussières incriminées à engendrer des pneumoconioses ont été proposées.

Layet, distingue les poussières suivant leur origine en: Animales, Végétales,

Minérales.

Richardson, en 1876, classe les poussières en: Organiques (toxiques) Inorganiques Salines, Vulnérantes, Irritantes et obstruantes.

Hofmann, en 1908, établit une division analogue à celle de Layet, et reconnaît des poussières :

Métalliques, Minérales, Végétales, Animales et mixtes.

Heim de Balsac et Agasse-Laffont, en 1912, dans leur rapport au Congrès de Londres, classent les poussières au point de vue de leur nocivité en:

Toxiques,

Caustiques,

Infectieuses,

Molles et malléables,

Dures, encombrantes, vulnérantes et pénétrantes.

Ces auteurs éliminent tout de suite les quatre premiers groupes de ces poussières, parce que leur inhalation et leur fixation

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dans le poumon, n'aboutiraient pas à des pneumoconioses, mais provoqueraient plutôt des intoxications ou des infections générales, ou bien encore des infections pulmonaires aiguës comme par exemple la pneumonie à scories dont sont fréquemment atteints les ouvriers qui travaillent au four à laiton et qui sont exposés aux poussières de brichromate de potasse. Ce ne serait donc, d'après Heim de Balsac et Agasse-Lafont que les poussières dures, encombrantes, vulnérantes et pénétrantes qui seraient la véritable cause des pneumoconioses, c'est-à-dire de réactions pulmonaires scléreuses dues à leur inhalation et à leur fixation.

Sternberg classe les poussières suivant les effets qu'elles déterminent sur l'organisme, et il constate :

1° un effet d'allergie de l'organisme entier avec asthme, tel que l'asthme des ouvriers de l'ipéca ou le catarrhe des ouvriers du coton ;

2° un effet chromatique local comme dans l'anthracose simple et dans la tabacose, où le poumon se colore par les particules de . poussières, mais sans se scléroser ;

3° un effet local microchimique qu'on trouve dans la silicose et dans toutes les pneumoconioses dans le sens restreint du mot:

4° un effet local colloïdal ;

5° un effet infectieux, comme dans la tuberculose, dans la pneumonie et dans les pneumocycoses.

André Feil propose la classification suivante des poussières :

1° Poussières actives :

Ce groupe comprend les poussières toxiques, caustiques et infectieuses de la classification de Heim de Balsac et Aqasse-Lafont. Elles seraient, comme nous l'avons déjà dit, la cause de diverses affections professionnelles localisées ou généralisées, aiguës ou chroniques, comme le saturnisme et l'hydrargisme.

2° Poussières sclérosantes dont le type fondamental serait la poussière de silice. André Feil admet que la silice et ses composés ont une action sclérosante quasi exclusive. Il prétend entre autre que s'est par l'inhalation simultanée de particules rocheuses de silice et de charbon que se produirait l'anthracose en tant que pneumoconiose vraie, Il a démontré que l'inhalation et la fixation de poussières de charbon pur, comme la poussière de graphite, ne donnerait jamais de pneumoconiose, c'est-à-dire jamais de sclérose, mais seulement un encombrement tissulaire de charbon, une coloration du poumon.

3° Poussières inertes :

Elles comprendraient toutes les poussières qui ne se rattachent ni au groupe 1, ni au groupe 2. Les unes sont molles et malléables, telles que les poussières de coton, de plumes et de poils ; les autres sont dures et vulnérantes, telles que les poussières de sciure de bois par exemple.

Comme toutefois la cause de la production de la sclérose n'est pas encore définitivement tranchée et comme nous savons que la seule inhalation de poussières ne suffit pas à produire une pneumoconiose, mais qu'il faut un terrain particulier, une prédisposition spéciale, pour que la poussière inhalée se fixe dans le poumon et y provoque une réaction scléreuse, nous préférons nous abstenir d'une classification par trop schématique et nous pensons bien faire en nous arrêtant à la classification suivante des poussières :

1° Poussières minérales :

Silice et ses composés, fer, ardoise, or et étain. 2° Poussières animales :

Laine, soie, nacre, cuir, cheveux, crins, plumes et poils.

3° Poussières végétales :

Charbon, tabac, coton, bois, blé et farine.

CLASSIFICATION DES PNEUMOCONIOSES.

En THÉORIE, toutes ces différentes poussières énumérées pourraient produire des pneumoconioses par inhalation et fixation de poussières, et nous aurions alors la classification théorique suivante en trois groupes :

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