HISTORIQUE
L'étude des polynévrites gravidiques est relativement récente. Leur histoire, intimement liée à celle des névrites puerpérales, remonte à une quarantaine d’années. Elles ne furent, au début, ni les unes ni les autres nettement individualisées. Elles sont décrites avec toutes les paralysies rencontrées au cours de la gestation ou du post-partum, qu’elles fussent d’origine périphérique ou centrale, liées ou non à l’état de gestation. Puis, une fois connues et isolées, les polynévrites gravidiques sollicitent, par leur rareté et leur intérêt pathogénique, l’attention non seulement des accoucheurs, mais aussi des médecins et surtout des neurologues. Chaque année, en France et à l’étranger, de nouveaux cas sont publiés. Et c’est à propos des observations qu'ils relatent que les auteurs abordent un aspect de la question, historique, clinique, pathogénique ou thérapeutique. Aussi, l’étude des polynévrites de la gestation est dans l’ensemble fragmentaire. Cependant, quelques travaux d'ensemble, des thèses lui ont été consacrés et ce sont ces observations et ces travaux que nous rappellerons, en insistant sur les publications récentes.
En 1889, DESNOS, JOFFROY, PINARD (1) communiquent à l'Académie de Médecine « un cas d’atrophie musculaire des quatre membres à évolution très rapide survenu pendant la grossesse et à la suite de vomissements incoercibles ». C’est la première observation connue de polynévrite gravidique. Celle,
(4) Un. Médic. (1889).
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rapportée la même année par WHITFIELD (1) est moins caractéristique.
KasT, en 1886, avait publié la première observation de polynévrite puerpérale.
Antérieurement à ces publications, il nous faut tout au moins citer les travaux de SIMPSON « sur la paralysie des extrémités pelviennes au cours de la grossesse », de CHURCHILL (1854), les deux observations de psycho-polynévrites dénommées « paralysies au cours de la grossesse » dues à BouLron (2) (1868) et à MADGE (3) (1871).
Citons également les travaux d’'IMBERT-GOUBEYRE (1861) et le mémoire de CHARPENTIER (1872) sur les paralysies puerpérales, les thèses de MARINGI, de BraNcHi (1867), et surtout les thèses de FROGÉ (1868), de CORTÉ (1875) sur les paraplégies puerpérales.
Porkx (4), en 1890, est le premier à rapporter un cas de polynévrite au cours de la gestation compliquée de troubles cérébraux, à évolution fatale, suivie de vérification.
Les troubles psychiques qui accompagnent les polynévrites au cours de la puerpéralité sont décrits parfaitement par Korsa- KOFF (5) qui individualise le syndrome qui porte aujourd’hui son nom et qu’il appelle alors « la cérébropathie psychique toxémique ».
Avec SERBSKI (6), il fait une étude anatomo-pathologique précise des lésions observées à l’autopsie d’une femme, qui mourut après avoir présenté une polynévrite au cours de l’évolution d’une gestation ectopique compliquée de phénomènes infectieux graves.
En 1891, la thèse de TurLANT représente le premier. travail d'ensemble sur les polynévrites puerpérales.
Un autre cas de polynévrite gravidique mortelle précédée de vomissements incoercibles est rapporté par SOLOWJEF (7).
(1) The Lancet (1889).
(2) Trans. of the Obst. Soc. of London (1868). (3) Brit. Journ. (1871).
(4) Méd. Revue (1890).
(5) Arch. f. Psych. (1890).
(6) Arch. f. Psych. (1891).
(7) Med. Oboz., t. XXXVII (1892).