LAPORTE
DEEE
E. Weill et CE Regaud (1896) rapportent un fait de polynévrite infectieuse aiguë post grippale suivi d’autopsie. L'examen histologique des nerfs cutanés des doigts et des orteils, permit de déceler une segmentation ou même une disparition de la myéline des tubes nerveux; les nerfs périphériques présentaient les mêmes altérations : la myéline paraissait avoir conservé sa disposition normale dans les racines rachidiennes et la moelle semblait inaltérée.
Gilbert Ballet (1897) admet la coexistence possible de lésions de la moelle et des nerfs périphériques. Mais il est difficile d'apprécier si les lésions de la moelle ont précédé celle des nerfs périphériques, c’est là l’avis des centralistes, ou si les lésions de la moelle sont secondaires aux lésions périphériques, c'est là l'avis des périphéristes.
G. Marinesco, dans une note à la Société de neurologie (1906), vient affirmer l'existence de lésions des cellules radiculaires correspondantes aux nerfs dégénérés.
Pour P. Marie et Babinski, les lésions de la fibre nerveuse ne font que traduire l’état de souffrance de la cellule dont elle émane.
Pour Déjerine, Renaut, la fibre nerveuse peut présenter des lésions anatomiques indépendantes de toute influence centrale.
On tend à admettre, actuellement, que les poisons ou toxines microbiennes peuvent agir, suivant les circons- Lances, sur telle ou telle partie du système nerveux, ou bien l’intéresser à la fois dans ses parties centrale el
périphérique.
NU
Etiologie.
Les causes des polynévrites out pu être groupées sous deux chefs :
19 Intoxication ou auto-intoxication; 29 infection ou
toxi-infection.
19 Inloxicalion. — En premier lieu vient l’alcool; puis le plomb, le mercure, l’arsenic, le phosphore, le sulfure de carbone, la benzine, l’aniline, le tabac. L’existence de la polynévrite oxycarbonée à été mise en doute par H. Claude.
On a observé des polynévrites dans le diabète, dans
le rhumatisme articulaire chronique, dans le cancer.
20 Infeclion. — Toutes les maladies infectieuses aiguës ou chroniques peuvent être à l’origine des polynévrites ; elles sont fréquentes dans la diphtérie, la lèpre, Ia pneumonie, la tuberculose; on les a observées aussi dans la syphilis, le paludisme, la grippe, la dysenterie !.
De même l’érysipèle a été signalé un certain nombre de fois, comme s'étant accompagné de troubles névritiques, et nous nous proposons d’étudier les observations que nous avons pu rassembler, ayant trait à cette névrite
postérysipélateuse.
1. Centre neurologique de la 19e Région (Alger), dans Revue Neurologique, 1916.