‹ Contribution à l'étude des Polynévrités post-érysipélateusesChapitre 7 sur 10 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Obs. I. (personnelle). — Recueillie dans le service de M. le docteur Gandy.

Mile N..., 23 ans, couturière, entre à l'hôpital Lariboisière, salle Louis, lit n° 31, le 27 janvier 1920 pour otite droite et troubles gastralgiques consécutifs à un érysipèle de la face. La malade raconte que, le 1e janvier, elle aurait constaté l'apparition d’une petite plaque rouge au niveau de la face dorsale du nez du côté droit. Frissons, fièvre intense et courbature; céphalée très vive. Un médecin appelé porte le diagnostic d’érysipèle de la face et ordonne des pulvérisations antiseptiques et un traitement général. Les jours suivants, la plaque gagne la joue, la paupière droite, le front et s'étend jusque derrière le pavillon de l'oreille; de nombreuses phlyctènes sont apparues sur la plaque érysipélateuse.

Vers le 8 janvier, guérison avec desquamation. La céphalée disparaît et la malade essaie de s’alimenter; elle mange du poisson qui provoque une poussée d’urticaire, surtout sur les membres inférieurs. Deux jours après, apparition de douleurs dans la région épigastrique. Sensibilité de l’épigastre exagérée par l’ingestion des aliments, et accompagnée d’into-

lérance gastrique; les aliments sont rejetés cinq à dix minutes

après l’ingestion et le vomissement procure un soulagement, immédiat. Amélioration rapide des troubles gastriques.

C'est alors que la malade commence à éprouver une sensaton d’engourdissement le long du bord externe des avantbras; cet engourdissement ne s'accompagne pas d’anesthésie ni d'hyperesthésie, Les mouvements des doigts étaient conservés; ceux des coudes seulement un peu gênés. La malade ne pouvait se tourner dans son lit et prendre point d'appui sur le coude. L’engourdissement gagne progressivement la face antérieure des bras, les épaules et la région postérieure du cou.

L'insomnie s'installe tenace; la malade s'énerve de ne pouvoir dormir el elle est prise, presque chaque nuit, d’agitation avec cris et mouvements désordonnés; ces crises durent avec réinission jusqu'au matin. Pas de morsure de la langue, ni d'incontinence d'urime; Ja malade garde pleine conscience et sommeille un peu le matin.

Examen à l'entrée. — La malade accuse une légère impotence des mains; elle à peine à saisir les objets qu'on lui présente; elle peut difficilement dire leur forme si on lui tient les yeux fermés. On constate une diminulion très marquée de la sensibilité à la piqûre à la main et à Pavant-bras; la sensation de froid et de chaud est conservée intacte.

Le réflexe olécranien est très affaibli des deux côtés.

La pression des masses musculaires au niveau des avantbras provoque une douleur assez vive; la malade n’accuse pas de douleurs spontanées. On constate enfin un certain degré d’hypotonie musculaire, sans atrophie apparente.

L'examen électrique n’a pu être pratiqué à ce moment.

Facies un peu pâle; amaigrissement peu marqué,

EH

Pas d’inégalité pupillaire; réflexes pupillaires normaux.

Au niveau du conduit auditif externe, du côté droit, 1l se fait un écoulement purulent peu abondant.

Grosse adénopathie cervicale et sus-claviculaire gauche ancienne, un gros ganglion dans l’aisselle gauche.

Appareil digestif. — Langue saburrale; pas d’amygdalite; pas de paralysie du voile du palais; très légère sensibilité à la région épigastrique; abdomen souple et non douloureux.

Appareil respiraloire. — Affaiblissement respiratoire au sommet gauche en arrière .

Appareil circulaloire. — Normal.

Anlécédents personnels. — La malade aurait eu la grippe il y a un an en janvier 1919.

Evolution. — La température se maintient aux environs de 38° pendant un mois environ; mais c’est une conséquence évidente de l’infection otitique.

L’agitation persiste pendant quelques jours. La malade n’accuse pas de douleurs spontanées dans les membres supérieurs; la pression des masses musculaires est de moins en moins pénible; mais il persiste une certaine maladresse des mains.

L’amyotrophie des avant-bras est assez marquée.

L'examen électrique ne permet pas de déceler la réaction de dégénérescence; on soumet la malade au traitement électrique.

2 avril. — La malade quitte l'hôpital présentant encore, une sensation d’engourdissement surtout marquée au pouce à l’index et au médius gauche; à la face palmaire de la dernière phalange des mêmes doigts, on constate une diminu-

tion notable de la sensibilité à la piqüre.

La sécrétion sudorale est exagérée à la paume des mains qui sont en continuelle moiteur.

Les réactions électriques sont normales.

Le 28 mai nous revoyons la malade qui présente encore des troubles de la sensibilité et une certaine maladresse de

sa main gauche.

Obs. II résumée (Gubler). — ‘La malade, âgée de 26 ans, entre dans le service de Bouillaud à la Charité le 27 septembre 1859 pour un érysipèle de la face d’intensité moyenne. L’amélioration, qui débute le 3 octobre, se poursuit jusqu'au 8; à cette époque, la malade se plaint de ne pas entendre et d’avoir la vue troublée. Le 11 octobre, une seconde poussée d’érysipèle qui ne dure pas.

Le 13 octobre, la vision est presque nulle à droite. Deux à trois jours après il se fait une troisième poussée d’érysipèle.

La vue s’améliore par degrés et, le 28 octobre la malade peut

quitter l'hôpital complètement vuérie.

Obs. III résumée (Gubler). — (est l’histoire d’une femme de 32 ans, qui entre à Lariboisière dans le service de Bourdon le 13 janvier 1858. Elle aurait déjà eu deux érysipèles de la face. Troisième atteinte d’érysipèle avec délire. Après la disparition de l’érysipèle apparaît un mouvement choréique très prononcé de la tête el une amaurose à peu près complète. La chorée cède rapidement après quelques semaines: mais Ia vision resta longtemps troublée et la guérison complète se fit très longlemps

attendre. La maladie dura en tout plus d’une année.

SRE

Obs. VI (Gubler). —- Femme de 30 ans, domestique, entrée dans le service de Bouillaud à la Charité, le 15 octobre 1859, pour troubles digestifs et respiratoires. Le 24 octobre on cons- Late l’apparilion d’un érysipèle de la face qui dure jusqu'au 28.

Le 30 octobre, céphalalgie, pouls à 84: le lendemain récurrence de l’érysipèle facial étendue jusqu’au 6 novembre. Le 17 novembre, la malade accuse des troubles de Paudition et de Ia vision, surtout marqués à droite. Le 18 novembre, sensation de fourmillements el faiblesse prédominant à la main droile; engourdissement de la jambe droile el sensalion de coton sous les pieds: la station debout est impossible. L'examen de la sensibilité objective révèle une analoésie des deux membres supérieur el inférieur du côté droit el de la moitié correspondante de la face: persistance des {roubles visuels et auditifs à droite.

Le 14 décembre, analgwésie Coujours limitée au côlé droit et sensibilité à la pression des masses musculaires el des points d'émersence des nerfs plus marquée.

Les troubles moteurs el sensilifs sont allés s’atténuant.

Le 14 mai 1860 la malade quille l'hôpital présentant des

troubles psychiques assez intenses (altération du caractère)

Obs. V. résumée (Gubler). — Recueillie dans le service de Gubler à Beaujon.

Il s’agit d’un homme de 40 ans, garçon restaurateur, qui est pris, le 25 ocltohre 1839, d’un érysipèle de la face propagé au cuir chevelu.

ougeur et Luméfaction disparaissent rapidement SAULT 2 novembre, le malade se lève. Mais, le 6 novembre, il se plaint d’une grande faiblesse dans les membres inférieurs. On constate alors des troubles de la marche el la station debout est devenue impossible.

Les jours suivants, les mêmes symptômes sont constatés à

plusieurs reprises. Le 16 novembre, le malade œuitte l'hôpital,

la marche étant redevenue facile et sans hésiltalion aucune.

Obs. VI. Brownin®).— EL a malade dont l’auteur nousrapporte l'histoire est ârée de 66 ans. Antécédents personnels : fièvre Lyphoïde et malaria.

L’érvsipèle de la face débute le 13 mars, el cinq jours après, la malade est en proie à un délire violent. Dans les jours qui suivent on constale une douleur à la pression, el la malade s2 plaint d’un engourdissement du bras gancçche el de la main; alrophie musculaire et diminution de Ia force musculaire en «œuelques jours: amélioration raprde.

Une dizaine de jours après, faiblesse des membres inférieurs et insomnie rebelle; amélioration.

Deux mois après, la malade se plaint surtout des membres intérieurs et elle accuse des douleurs vives aux hanches, aux genoux, à l'épaule gauche el aux mains. Les muscles de la jambe sont très afrophiés, el la pression au niveau des mollets délermine de la douleur. Abolition du réflexe rotulien. Réaction de dégénérescence complète aux membres inférieurs. Sensation de brûlure aux mains et aux avant-bras; alrophie des muscles des épaules, des avant-bras, et de l’éminence (hénar; œdème de Ia face dorsale des rmains, insomnie persistante. Ageravalion des symptômes précédents fin mai, avec apparilion de troubles mentaux :insomnie, amnésie, délire.

24 septembre. — L'insomnie a en partie disparu. Douleurs persistantes dans les épaules eL dans les membres inférieurs dans la station debout: la marche est cependant possble. Engourdissement des deux annulaires et des deux auriculaires; atrophie des muscles de lavant-bras el particulierement de ceux innervés par le médian; atrophie des delloïdes et limitation de

l’'abduction du bras; glossy-skin à la face dorsale des mains.

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