‹ Contribution à l'étude des Polynévrités post-érysipélateusesChapitre 9 sur 10 · ARTS PRES · texte numérisé non relu

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est fait mention de troubles auditifs et de troubles visuels avec amaurose passagère. Enfin, l'accélération du pouls qu'a présenté le malade dont il est question dans l’observation x1x, nous semble devoir être rapportée à une lésion passagère du pneumogastrique.

Le type quadriplégique, dans lequel les quatre membres sont envahis simultanément ou successivement, a été le plus fréquent ; nous avons pu retrouver neuf observations comparables (obs. VI, VII, VIII, X, XI, XII, XVI, xvir et xix). Seule, l'observation 1V (Gubler) a trait à un type hémiplégique.

Les membres inférieurs ont été seuls intéressés dans cinq observations { obs. v, IX, XIII, XIV, XV).

Une fois seulement, dans le cas que nous avons observé ce qui ajoute encore, nous semble-t-il, à son intérêt, les troubles moteurs et sensitifs n’ont pu être constatés qu’au niveau des membres supérieurs.

Débul. — Les troubles sensitifs (fourmillements, douleurs) sont souvent les premiers à apparaître; trois fois seulement (obs. 1, vir et Xvit) le début a été marqué par des phénomènes généraux : anorexie, vomissements, hyperthermie.

Dans huit de nos observations l’insomnie a été d’apparition précoce et Andres, nous l’avons vu, la considère comme un symptôme de première importance.

Elal. — Les troubles moteurs (parésies, paralysies) suivent souvent de très près les troubles sensitifs: mais ils peuvent exister seuls (obs. v et xx); il nous faut

d’ailleurs noter que, dans cinq observations, on n’a pu

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relever que des troubles de la sensibilité objective ou subjective.

Les réflexes tendineux peuvent être abolis (obs. 1x et x), diminués (obs. vir eb XIX) ou conservés (obs. vrr); on a constaté leur exagération persistante (obs. xIv, xv et xv1). Nous avons vu, en étudiant la symptomatologie des polynévrites en général, qu'il existait une dizaine d'observations indiscutables de polynévrites, accompagnées d’exagération des réflexes. Divers auteurs ont cherché à expliquer ce phénomène. J. Crocq suppose que les fibres nerveuses formant l'arc réflexe sont intactes et que, de plus, les cellules nerveuses qui entrent dans la composition de cet arc réflexe sont excitées.

Pour de Buck, la cause réside dans l’irritation où se trouvent les fibres centripètes du nerf atteint de polynévrite.

Maurice Perrin propose trois théories pathogéniques : a) hyperexcitabilité du muscle lui-même; b) hyperexcitabilité des fibres sensitives des muscles; c) hyperexcitabilité des centres nerveux.

M. Ingelrans donne une autre explication, reproduite ultérieurement dans la thèse de Ruyssens (Thèse de Lille, 1905-1906) : l’exagération des réflexes rotuliens pourrait parfois s'expliquer par laffaiblissement des fléchisseurs antagonistes. |

Les troubles trophiques ne sont pas constants ; Patrophie musculaire semble avoir été intense dans les obser-

vations VI, VIII et IX.

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L'examen électrique, chaque fois qu'il a pu être pratiqué, a permis de constater l'existence de la réaction de dégénérescence partielle avec lenteur de la contraction ou complète avec inexcitabilité faradique et galvanique du muscle.

Les troubles psychiques associés sont rarement observés; il s’agit le plus souvent d’amnésie plus ou moins durable (obs. vi, viir et xXvi1); cependant, dans une observation (1v) il est fait mention d’un état mental spécial caractérisé par une altération du caractère.

Evolulion — Il est diflicile de fixer, d’une façon précise, la durée des polynévrites succédant à l’érysipèle ; en effet, dans l’observation 1x les troubles moteurs persistaient après deux ans, alors que dans l’observation xIx la guérison était complète après deux mois et demi

On peut dire que, d’une façon générale, les troubles moteurs et sensitifs persistent plusieurs mois; seules, les observations 11 et 1v font mention d’une guérison

complète après vingt et dix jours

Anatomie pathologique et pathogénie

L'absence d'examen anatomo-pathologique nous interdit d’affirmer qu'il s’agit seulement de névrites périphériques avec intégrité absolue de la moelle Cependant, les lésions constatées à l’autopsie d’un individu atteint de polynévrite diphtérique (Pitres et Vaillard, Arch de

neurologie, 1886), et dans laquelle la moelle était intacte,

permettent de supposer qu'il peut en être ainsi dans les autres polynévrites infectieuses.

Pour Manfredi et Traversa (1888) les cultures vivantes ou stérilisées du streptocoque de l’érysipèle, peuvent produire des paraplégies ne relevant d'aucune altération matérielle.

D'autre part, M. le professeur Roger (1893) détermine, chez des lapins, par inoculation intraveineuse de cultures de streptocoque, des paralysies d'apparition tardive (deux à trois semaines après l'injection) localisées aux membres postérieurs et accompagnées d’atrophie musculaire intense. L’autopsie ne décèle que peu d’altérations du système nerveux périphérique; mais, au niveau de la moelle, on constate une tuméfaction du protoplasma des cellules des cornes antérieures qui se remplissent de vacuoles.

L’envahissement du système nerveux périphérique semble se produire par la voie sanguine. En effet, dans une observation de Poynton (Brain, 1908) un érysipèle de la face fut suivi de poliomyélite antérieure et l’hémoculture décela la présence du streptocoque.

Le système nerveux réagit d’ailleurs, avec une intensité variable, au cours des infections aiguës les plus diverses; la fatigue, la céphalalgie, les troubles vaso-moteurs le délire, les convulsions, sont des manifestations souvent observées. Etant donné le rôle important attribué aux produits solubles dans les maladies infectieuses, et, les cellules nerveuses étant les plus délicats de tous les

réactifs fon ne peut ne pas se demander s’il ne faut pas

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voir dans ces accidents le résultat d’une intoxication générale dont l'apparition peut être hâtée par une insuf-

fisance hépatique ou rénale.

Diagnostic

La notion d’une infection streptococeique préexistante mettra sur la voie du diagnostic et permettra de rattacher à leur véritable cause les troubles polynévritiques.

On pourra être conduit dans certains cas, en particulier chez les alcooliques, à discuter l$ part respective appartenant à l’érysipèle dans le genèse des troubles

moteurs ou sensitifs.

Pronostic.

La guérison plus ou moins tardive semble devoir être la terminaison habituelle. Il faut en excepter, cependant, la névrite optique quand elle est accompagnée d’abrophie; elle peut en effet entraîner la cécité.

Les troubles psychiques, et en particulier l’amnésie (obs. xvI1) sont parmi les plus tenaces.

Nous devons aussi insister sur ce fait que dans notre observation 1 les troubles de la sensibilité (engourdis-

sement) persistent encore après cinq mois.

Traitement.

C'est celui des polynévrites en général.

On combattra les douleurs par les grands bains chauds (349 à 350) prolongés. Les hypnotiques seront prescrits contre l’insomnie. Les paralysies nécessiteront l'emploi de l’électrothérapie.

Le massage, la gymnastique méthodique, aideront à la réparation musculaire.

L'apparition des troubles polynévritiques suivant, le plus ordinairement, de très près, l'infection locale, on peut se demander s'il n’y aurait pas intérêt à tenter la

sérothérapie anti-streptococcique.

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