‹ Contribution À L'Étude Des Productions Dermoïdes Du Voile Du PalaisChapitre 10 sur 17 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Anatomie pathologique.

1° CARACTÈRES GÉNÉRAUX. — La structure des kystes dermoïdes a été fort bien étudiée et l’on est arrivé à se convaincre qu'ils étaient formés de tissus multiples ; aussi Brard (1) de Lyon et Trévoux (2) son élève les rangentils dans les tumeurs à tissus multiples, tandis que Delbet (3) les range parmi les tumeurs hétérotopiques, c'est-àdire parmi « des tumeurs formées de plusieurs tissus en eux-mêmes normaux ou à peu près qui n’ontaucun rapport de structure avec les organes ou régions où elles se développent ».

Nombreux sont les différents types de ces tumeurs congénitales à structure dermoïde. Entre les plus simples et les plus compliquées existe une gradation qui permet de les relier toutes les unes auxautres, quoique tout soit variable dans ces tumeurs,aussi bien la forme et les caractères extérieurs que la structure intime.

D'un volume inégal variant des dimensions d’une lentille à celles d’un œuf de poule, ces tumeurs sont unilocu-

(4) Brarp, Des tumeurs à tissus multiples. Lyon médical, 6 mai 1888. (2) Trévoux, Loco citato.

(3) Dezser, Loco citato.

EDS

laires ou multiloculaires, toutes les cavités pouvant être de nature dermoïde, ou les différentes loges pouvant n’avoir nila même structure ni par suite le même contenu. ‘Enfin on a rencontré des tumeurs complexes renfermant des parties fœtales bien caractérisées par la forme, des débris manifestes de fœtus, et même, dans un cas remarquable de Baard de la Faille, ces parties fœtales consistaient dans la moitié inférieure du corps de deux monstres acéphales distincts, reliés à une tumeur palatine par l’intermédiaire d’un cordon ombilical bifurqué.

Nous négligerons ces tumeurs complexes que nous n’avons citées que pour mémoire,etnenous occuperons que des parties kystiques et des divers tissus qui peuvent s’y associer. Ajoutons enfin que les kystes qui nous intéressent ne présentent aucune adhérence avec les parties environnantes, ce qui permet deles énucléer facilement. Il y a cependant des exceptions, puisque dans l'observation VIII nous voyons le kyste présenter un pédicule d'implantation osseuse, comme les kystes de la queue du sourcil qui « adhèrent au squelette, mais qui avecle temps peuvent être légèrement mobilisés sur le frontal » (Tillaux) (1).

2° PaRor. — La surface interne de la paroi rappelle ordinairement l'aspect de la peau ou plutôt d’une muqueuse, lisse, unie, à reflets nacrés, ou blanchâtre et recouverte de plaques sébacées analogues au smegma préputial ; d’autres fois elle est inégale, blanc mat, plissée.

Son épaisseur est très variable ; mince et souple, ou consistante et épaisse, elle peut être calcifiée en tout ou partie. L'épithélium peut même disparaître en certains points.

(1) Ticcaux, Traité de chirurgie clinique, 1894, p. 235.

Page 1