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déjà, soit aux mélanges, encore plus complexes, du fait des actions réciproques possibles.
Cependant, les auteurs préfèrent étudier les mélanges plutôt que des liquides purs, à cause précisément de ces actions réciproques et des propriétés spéciales des corps à l’état de dissolution. Van t’Hoff a montré, en effet, que la matière dissoute obéit aux mêmes lois osmotiques qu'à l’état gazeux (lois qui sont bien vérifiées dans le cas des solutions diluées mais non des solutions concentrées) : comme pour les gaz comprimés, on est donc tenté d’admettre que si, pour les concentrations élevées, les lois simples ne sont plus suivies, cela tient à la diminution de la distance moléculaire et à l’augmentation du champ d’attraction. On a donc étendu les lois des gaz aux mélanges liquides.
Nous rappellerons en deux mots quelques propriétés des mélanges liquides qui nous serviront pour notre étude.
Nous savons que les propriétés physiques du mélange de deux liquides (mélange effectué sans aucune réaction chimique) ne s’obtiennent pas toujours par la règle simple des mélanges. Certains auteurs ont tenté d'expliquer cette irrégularité par l'hypothèse de la formation de composés entre les molécul:s liquides, de la variation de l’état d’aggrégation des molécules liquides, ou même de ces deux causes simultanément.
Cette hypothèse semble avoir été démontrée dans quelques cas.
Dans la benzine, par exemple, les acides organiques forment des molécules doubles ; dans l’éther acétique, dans l’acétate d’éthyle, ces acides ont leur poids moléculaire normal ; dans l’eau, leur poids moléculaire est plus faible, ce qui indique qu’ils sont un peu dissociés. Les mêmes constatations ont été faites pour les amides en solution dans l’eau. Cependant, les travaux faits jusqu’à ce jour ne sont pas assez nombreux pour nous permettre d'établir
do
les conditions qui fixent l’état d'association ou de dissociation des corps en solution. Tout ce que nous pouvons dire pour l'instant, c’est que la croyance, tacitement admise par de nombreux chimistes, que les écarts par rapport à la règle des mélanges indiquent une réaction chimique, n’est nullement justifiée. Ainsi que le remarque Dawson, « il est sans fondement d'admettre que l’application de la loi simple des mélanges caractérise des systèmes exempts de combinaisons chimiques et de dissociations moléculaires ».
Si nous appliquons aux mélanges liquides la théorie cinétique des fluides, nous admettrons que l'élévation de la température, qui augmente l’agitation des molécules, doit faciliter le mélange de deux liquides. Nous verrons, au cours de notre étude, que certains mélanges liquides se font avec une diminution de volumes : suivant la théorie cinétique, ces mélanges doivent être exotheérmiques. Sur un graphique, en coordonnées rectangulaires, on peut représenter par une courbe la variation de la solubilité en fonction de la température. En général, cette courbe est régulière et) lorsqu'elle présente des variations brusques, on en conclut à l’apparition, dans la solution, d’un composé défini nouveau, résultant d’une réaction entre les liquides, mais sans que l’on puisse donner, avec certitude, une formule à chacun de ces composés hypothétiques.
Van t’Hoff, nous l’avons dit, a démontré par l’étude des solutions iso-osmotiques, qu’une dissolution peut être considérée comme le résultat de la condensation d’une substance dans le dissolvant, de la même manière qu’un gaz isolé dans une enceinte close se condense par refroidisse-
ment ou compression. Lorsqu'un gaz se condense ainsi,
un moment vient où un liquide apparaît, et le système se sépare en deux phases : liquide, gaz. De même, dans une dissolution d’un liquide au sein d’un autre liquide, non