IV. — CONSTRUCTION DU DIAGRAMME DE ROSÉE
En possession de ces chiffres, nous avons pu construire le diagramme de rosée de notre système. Pour cela, nous avons admis (d'accord avec les physico-chimistes qui ont fait déjà des recherches analogues), que la composition des distillats du tableau précédent était identique à celle de la vapeur en équilibre avec le résidu liquide, au début du fractionnement. Comme nous ne distillons qu’une faible portion de ce résidu, sa composition n’a pas le temps de changer sensiblement, et notre approximation est encore suffisante. La température d’ébullition du résidu est donc, avec une approximation très suffisante, la température de rosée de la vapeur qui a pour composition celle du distillat. Sur notre diagramme en coordonnées triangulaires, au point figuratif de la composition de chaque distillat, nous porterons la température de rosée correspondante. Nous déterminerons ainsi sur cette surface des séries de points: en joignant les points qui ont les mêmes températures de rosée, nous pourrons ainsi tracer, sur la surface du triangle, avec une approximation très suffisante, les courbes isobares, et isothermes de rosée. Pour les mélanges de deux constituants, mélanges qui correspondent aux côtés du triangle, nous avons construit trois diagrammes, en Ccoordonnées rectangulaires, des variations des points de rosée avec la composition des mélanges considérés, en fonction des concentrations relatives des deux constituants. Nous avons ensuite transposé les résultats sur les côtés du triangle.
Pour la courbe de rosée du mélange eau/alcoo!l éthylique, nous aurions pu nous contenter; pour la construire, d'utiliser les travaux antérieurs et les chiffres donnés dans les tables de constantes physiques, mais nous avons pré-
HMS
féré les déterminer nous-mêmes directement, par l’expérience.
Nous avons opéré de même pour le système alcool éthylique/alcool isoamylique, et nous avons obtenu une courbe qui ne présente ni maximum ni minimum.
Sd177 1209) SALAIRE S
— — es
90 SAN NAME D ES LD LT 0 alcool iso-amylique ÿ
É SeRS EE lempéra lures Fic. 39
Courbes d’ébullition et de la rosée des mélanges d’eau et alcool isoamylique
Quant au système eau/alcool isoamylique, et partant de l’eau pure, par addition d’alcool, son point de rosée va en diminuant très rapidement, jusqu’à la teneur de 10 %
d'alcool, ce qui correspond à un point de rosée de 98; puis, le point de rosée s’abaïisse lentement jusqu’à 94,5, ce qui correspond à une teneur de 56 % d’alcool. Ensuite, la température de rosée remonte régulièrement jusqu’à 130, qui est celle de l'alcool isoamylique pur. Dans le graphique (39) ci-joint, nous donnons les courbes de rosée et d’ébullition des mélanges d’eau et d’alcool isoamylique en fonction des concentrations. Nous voyons que ces deux courbes se ‘rencontrent au point 56 % d’alcool.
Nous avons tracé également, dans un graphique en coordonnées trilinéaires, les courbes isothermes de rosée, projection des courbes de niveau de la surface de rosée. Comme pour les graphiques précédents, les concentrations sont évaluées en grammes et rapportées à 100 gr. de mélange. Nous donnons ce graphique superposé avec le graphique des courbes d’ébullition (fig. 40).
La nappe présente une dépression dont le minimum correspond à la température minima de 78,15 (ébullition et rosée de l’alcool éthylique pur). Le sillon passe ensuite dans la zone critique de miscibilité (à la température correspondante), puis il aboutit, dans la zone des mélanges liquides non homogènes, sur le côté eau/alcoo!l isoamylique, au point correspondant à une teneur de 56 % en alcool. En allant vers le sommet eau, la pente est assez faible; en allant vers le côté des alcools, la pente est assez rapide.