‹ Contribution à l'étude des propriétés des mélanges liquides hydroalcooliquesChapitre 62 sur 64 · À. — SUR LA DÉSHYDRATATION DES MÉLANGES ALCOOLIQUES · texte numérisé non relu

À. — SUR LA DÉSHYDRATATION DES MÉLANGES ALCOOLIQUES

Le ‘probième de la déshydratation rapide des mélanges hydroalcooitiques cst-très important pour la distillerie, Pélimination préalable de l’eau des huiles de füsels, si elle est possible, siimplifian: le travail de rectification de ces huiles. Des études sur les procédés de déshydratation de l’alcool éthylique ont déjà été publiées par MM. Gay, Mion et Servigne (1). Un autre travail de MM. Gay et Massol, sur la déshydratration des mélanges d'alcool et d'essence a paru ensuite (2).

Cette dernière étude, en particulier, pose de façon définitive-les données du problème de la déshydratation. Nous ne nous étendrons pas sur, cette question et nous dirons seulement que ces chimistes ont montré tout l’intérêt des déshydratants solides, à cause de la rapidité de leur action, et que le carbonate de potasse semble être le sel le plus actif de tous ceux employés à cet effet.

Les propriétés déshydratantes du carbonate de potasse étaient bien connues déjà des alchimistes, et Raymond Eulle, au xur° siècle, utilisait ce sel pour préparer l’alcool

(1) M. M. Gay, etc. 3° Congrès de Chimie industrielle, 1924. (2) M. M, Gay, etc, 4 Congrès de Chimie industrielle, 1925,

concentré. La première étude méthodique du système ternaire eau-alcool éthylique-carbonate, a été faite par M. de Bruyn (3), qui a signalé les différences notables des résultats que l’on peut obtenir au cours de deux expériences consécutives, mais sans donner une explication de ces différences.

Ainsi que le démontrent MM. Gay et Massol (1), ces différences proviennent de ce que le carbonate employé n’est pas identique dans chaque cas. Ces auteurs recommandent donc, au cours d’une série d’essais, d'employer toujours la même solution. Pour préparer cette solution, il faut calciner longuement le sel, et, par petites portions, pour en éliminer le bicarbonate, et n’employer que de l’eau distillée et bien bouillie ensuite. Ces auteurs ont étudié le système quaternaire eau-alcool-essence-carbonate de potasse et ont montré qu'il y a avantage à effectuer la déshydratation de l’alcool en présence de l’essence.

Nous nous sommes proposés d'étudier l'application de cette méthode aux huiles des füsels, en assimilant, en première approximation, ces huiles à des mélanges d’eau, d'alcool éthylique et d’alcool isoamylique (principes constituants de ces huiles). Notre travail a été simplifié grâce à nos études antérieures de ces derniers mélanges.

Nous avons commencé par préparer une solution de carbonate de potasse, suivant la méthode indiquée par ces chimistes. Nous avons ensuite fait une série de mélanges dalcool éthylique et d’alcool isoamylique rigoureusement anhydres tous les deux. Pour chaque mélange, nous avons pris sa densité, à 20°, avec notre picnomètre de Sprengel, qui nous donne la cinquième décimale. Nous avons ensuite enfermé chaque mélange, avec son volume environ de solution saturée de carbonate de potasse, dans une ampoule à décantation, bouchée à lémeri, que nous avons

G) DE Bruyx, Zeits. f. Phys. Chem., t. 32, 1900, p. 66. (1) Loc, cit.

abandonnée 24 heures dans un thermostat à 18°-20°, en agitant fortement de temps en temps. Dès les premières minutes, des cristaux de carbonate de potasse apparaissent à la limite des deux couches. On sépare ensuite la couche alcoolique et l’on prend sa densité Du.

Soit À le point figuratif de la composition du mélange initial anhydre: l’intersection B de la droite A-H°O avec la courbe d’isodensité D (courbe que nous avons établie au cours de nos études) nous donne graphiquement-la composition du mélange final.

CHSOH

Notre graphique étant construit à une échelle de 50 em. pour le côté du triangle, nous voyons que nous pouvons évaluer des variations de 0,2 % dans la composition de nos mélanges. -

Nous avons pu tracer ainsi la courbe de déshydratation ci-jointe. #;

D'autre part, nous pouvons considérer nos mélanges comme obtenus par l'addition d'alcool isoamylique anhyddre à de l'alcool éthylique hydraté. Pour la commodité de la représentation, nous avons adopté, non le triangle

équilatéral, mais le triangle isocèle, et un triangle tel que

le point représentatff de l’eau soit rejeté loin de la base CH'OH-i C'H°OH.

Soit C le point représentatif d’un tel mélange, le titre de lalcool hydraté correspondant sera donné par l’intersection y de la droite i-C‘H*OH prolongée avec le côté

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HO - i-C'H'OH. Notre graphique nous montre ‘ainsi que le maximum de déshydratation ‘de Jalcool correspoñd à

= S9Un un mélange M, dérivant d’un mélange initial M’, pour lequel la teneur:

alcool isoamylique — 60 %

alc. isoamylique + alc. éthylique TABEEAU

Mélange initial. | , Mélange final

CŒH'OH | i. CH“OH || HO | C'H‘OH | i C'HOH

- ER mt) > es NT 2

en poids |

Inversement, au point maximum d’hydratation de l’alcool correspond un mélange m, dérivant, d’un mélange binaire m’, pour lequel le rapport:

alcool isoamylique Tale isoamylique + alc. éthylique 2 %

Dans le tableau ci-joint, nous donnons quelques résultats expérimentaux.

B. — ETUDE DE QUELQUES. MÉLANGES Premier mélange

Nous partons de 300 gr. d’un liquide dont les constantes sont :

Dx — 0,886 et NS == 1,3730

Pl a

Ce qui correspond à une composition de:

HO — 40 % ou en poids 140 gr.

CHOH — 33 % — — — 115 gr.

CH'OH = 27 D — — — 94 gr.

Nous distillons ce mélange: les premières vapeurs se condensent à 80°, puis la température monte sans arrêt jusqu’à 94°5, où elle se fixe: notre mélange est donc bien sur la ligne infranchissable. |

Nous reprenons alors toute la masse liquide et nous la desséchons avec le carbonate de potasse. La couche alcoolique, séparée, pèse environ 220 gr. Nous la soumettons à la distillation fractionnée avec une bonne colonne.

Entre 80° et 84°, nous condensons 98 à 100 gr. d’un liquide dont les constantes sont:

Du — 0,820 et NT — 1,3670 Ce qui corespond à une composition de:

HO —=",9 % —ou en poids Sat.

CHTOH RON NE RE 79 gr.

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