‹ Contribution à l'étude des protéines du plasma dans le rhumatisme chroniqueChapitre 12 sur 37 · FT LEE · texte numérisé non relu

FT LEE

on laisse tomber goutte à goutte : 5 cc. de plasma en agitant continuellement. On abandonne 3 heures à la température du laboratoire. La coagulation se produit et la masse se prend en une gelée qui se détache facilement des parois du vase. La gelée est versée sur un carré de toile fine disposé dans un entonnoir. On constitue un nouet et on exprime. Quand tout le liquide est expulsé on porte sous un courant d’eau. On ouvre le carré de toile, la fibrine se détache très bien pour former un pâton élastique qu’on lave sous un filet d’eau distillée.

Après ce lavage le pâtôn de fibrine ne contient plus de chlorures mais renferme seulement des cristaux d’oxalate de potassium employé pour la récolte du sang.

On exprime le pâton de fibrine entre plusieurs épaisseurs de papier filtre. Puis on le met dans une petite capsule de platine tarée. On dessèche à l’étuve à 110° pendant 6 heures. On pèse en déduisant le poids de la capsule. On a ainsi le poids P de la fibrine et de l’oxalate de calcium entraîné. On calcine ensuite la fibrine et les cendres sont chauffées fortement pendant 10 minutes pour transformer l’oxalate de calcium en chaux. Après un bref séjour dans le dessicateur où l’on aura fait de préférence le vide, on détermine rapidement à la balance de précision le poids des cendres en déduisant celui de la capsule. Soit p ce poids. On calcule le poids p’ d’oxalate de calcium cor-

respondant aux cendres en appliquant la formule :

Ve

p’ — p X 2,60. La différence P — p’ représente le poids de fibrine fourni par la prise d’essai.

On a (P — p°) X 200 — fibrine %0 de plasma.

Par les deux méthodes de Guillaumin et de Sassier, on obtient chez l’homme normal un taux de fibrine de 4 à 5 gr. %o de plasma.

Méthode employée

Il nous a semblé préférable de doser dans le plasma le fibrinogène sous sa forme primitive plutôt qu’à l’état de fibrine. La méthode de dosage étant de cette facon à l’abri de toute cause d’erreurs dues à la transformation du fibrinogène en fibrine.

D'autre part, nous avons employé une méthode mise au point par nous et ayant le gros avantage de permettre sur la même prise de sang le dosage du fibrinogène, de la sérum-albumine et de la sérum-globuline. Cette prise de sang étant d’ailleurs réduite pour l’ensemble des dosages à 20 cc. au maximum, quantité facile à obtenir dans la pratique courante de la clinique.

Technique

On prélève 20 cc. de sang que l’on verse dans un poudrier contenant environ 4 à 5 centigr. de fluorure de sodium. On agite pour éviter la coagulation et on

centrifuge le plus rapidement possible pour obtenir un plasma clair et non hémolysé.

Dans un tube à centrifuger conique o1 mesure :

6 cc. de plasma,

0,5 cc. de solut. de CH° COOH au 1/10, on agite avec un petit agitateur (partie effilée de pipette Pasteur dont l’extrémité est légèrement recourbée).

On laisse la précipitation du fibrinogène s’effectuer pendant 3 à 4 heures à la température du laboratoire. Cela fait on centrifuge à grande vitesse pendant quelques minutes. Puis toujours avec le même petit agitateur, on dilacère par agitation et raclage les parties du caiïllot qui, attachées aux parois n’auraient pas été rassemblées par la centrifugation. Après avoir ainsi bien décapé les parois du tube, on procède à une nouvelle centrifugation à grande vitesse pendant 5 minules.

On recueille soigneusement par décantation tout le sérum surnageant le précipité et on le met de côté pour y effectuer le dosage de la sérum-albumine et de la sérum-globuline (suivant la technique azotométrique que nous indiquons plus loin, et en tenant compte de la dilution effectuée par l’addition au 6 cc. de plasma, de 0,5 cc. de solution acétique).

On lave le précipité resté dans le tube en y versant une dizaine de cc. d’eau distillée et en agitant avec le petit agitateur. On centrifuge à grande vitesse pendant 5 minutes et on rejette le liquide de lavage. On procède encore une fois à un autre lavage, puis avec l’aide de quelques cc. d’eau distillée, on entraîne le

ni —

précipité, qui forme un petit tampon compact, dans un microkjeldahl en pyrex de 100 cc.

On procède alors à la minéralisation du fibrinogène suivant la technique classique en employant 6 cc. de SO‘H? et 0,50 gr. environ du mélange minéralisateur au sélénite de cuivre ou de mercure. (Voir la technique détaillée pour le dosage azotométrique employée pour les protéines du sérum.)

La minéralisation terminée (10 à 15 minutes), on distille lammoniaque dans un appareil de Parnas et Wagner, en recueillant dans 40 cc. de SO*H? N/50. On détermine l’excès de SO‘H® par NaOH N/50, (en présence de rouge de méthyle et suivant la technique employée plus loin au dosage azotométrique des protéines du sérum).

Soit n le nombre de cc. de SO‘H? N/50 neutralisés par NH° on a :

n X 0,28 ——— — N %6 de plasma.

N X 6 — Fibrinogène %0 de plasma.

Le poids d'azote trouvé étant exprimé en fibrinogène à l’aide du facteur 6 (travaux de Schmiedeberg et Hammarsten).

D'où en résumé :

n X 0,28 — Fibrinogène %0o de plasma.

Par cette méthode on trouve chez l’homme normal un taux de 3 à 4 gr. de fibrinogène %0 de plasma.

Cette technique peut évidemment être employée pour le dosage du Fibrinogène seul, dans tous les cas

ss

où la détermination du taux de ce corps est demandé pour les besoins de la clinique. Dans ce cas on peut même diminuer la prise d’essai jusqu’à 2 ou 3 cc. de plasma, les quantités de solution acétique étant diminuées suivant les mêmes proportions, de même que la quantité de SO‘H? N/50 dans laquelle on reçoit le distillat.

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