‹ Contribution à l'étude des protéines du plasma dans le rhumatisme chroniqueChapitre 35 sur 37 · SHOP · texte numérisé non relu

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posent au rhumatisme des phénomènes de goutte, où on a une forte élévation et où on peut retrouver les taux très importants du rhumatisme articulaire aigu. Il semble également que, comme dans cette dernière affection, il y ait une certaine proportionnalité entre la plus ou moins forte hyperfibrinogénémie et les phénomènes inflammatoires.

Mais ce qui est particulièrement intéressant à constater, c’est le fait qu’alors que les autres tests étudiés montrent tous plus ou moins des discontinuités et des exceptions, la fibrinogénémie, au contraire, présente toujours des valeurs anormales. Aucun cas ne fait exception et dans toutes les observations de rhumatisme chronique étudiées, le taux est plus élevé que la moyenne. Il apparaît donc que le test de la fibrinogémie est celui qui reflète avec le plus de sensibilité et de sûreté, le déséquilibre humoral du rhumatisme chronique. C’est par son contrôle qu’il est le plus facile de vérifier la stabilité colloïdale du plasma du malade. De plus, cette stabilité ne se rétablissant qu’un certain temps après la guérison ou l’amélioration, il est aisé de continuer le traitement jusqu’au retour au taux normal, de façon à éviter les rechutes ou les aggravations.

Par rapport au fibrinogène, les autres protéines présentent des conclusions moins intéressantes. Les matières totales protéiques du sérum (sérum-albumine + sérum-globuline) ont, soit un taux normal, soit des variations en plus ou en moins. De toutes façons, l’hypo ou l’hyperprotéinémie ne sont jamais

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très importantes et ne comportent jamais de rapprochements particuliers avec les autres résultats.

Les valeurs considérées séparément de la sérumalbumine et de la sérum-globuline donnent au contraire la confirmation du déséquilibre humoral qu’avait déjà indiqué la fibrinogénémie. Dans le rhumatisme chronique, en effet, comme dans le rhumatisme articulaire aigu, il y a augmentation des grosses molécules colloïdales. La sérum-globuline a un taux nettement augmenté avec des valeurs souvent assez élevées. La sérum-albumine, par contre, possède presque toujours des chiffres inférieurs à la moyenne. Il faut constater que l’augmentation de l’un et la diminution de l’autre ne sont pas forcément simultanées, et que la proportion d’une protéine seule peut être anormale.

De toutes façons, la conséquence en est que le rap-

sérum-albumine port —— est anormal. Dans tous nos sérum-globuline

cas de rhumatisme chronique nous l’avons toujours trouvé inversé, sauf une exception, avec des valeurs souvent assez basses de l’ordre de 0.50 par exemple. En résurné, il nous faut constater que le sens des variations de la sérum-albumine, de la sérum-globuline et de leur rapport, présente une grande sensibilité, sans atteindre cependant celle du fibrinogène et surtout sans en avoir la fidélité.

Mais si nous passons maintenant à la comparaison des résultats de la vitesse de sédimentation et de la réaction de Vernes, nous trouvons encore plus exagé-

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rés les variations et les discordances générales avec les autres tests. Ainsi, sur 13 observations de malades, les dosages chimiques indiquent des tests protéiniques anormaux ou déséquilibrés. Or on ne trouve que 6 valeurs de Vernes-résorcine supérieures à 30, 5 entre 15 et 30, et 2 inférieures ou égales à 15. Dans 6 cas seulement, l'instabilité humorale est donc indiquée nettement par la réaction. La vitesse de sédimentation en règle générale est augmentée, ce à quoi on pouvait normalement s'attendre vu le déséquilibre colloïdal. Mais pour plus représentatifs de l’état humoral que les précédents, ces résultats n’en sont pas moins assez souvent en désaccord avec les autres tests.

Ces deux modes d'investigation sanguine, auxquels d’ailleurs on accorde moins une valeur absolue qu’une valeur relative due à l'étude de leurs variations chez le même malade, offrent donc une précision moindre. Peut-être sont-ils plus sensibles que les autres aux influences diverses et aux réactions secondaires qui compliquent souvent le rhumatisme chronique. Celuici évolue presque toujours chez un sujet au passé pathologique déjà chargé.

Au cours de cette étude, il nous a semblé également que les différentes formes cliniques de rhumatisme chronique n'influençaient guère les variations et le déséquilibre des protéines du plasma. Aucun des cas par exemple de rhumatisme chronique inflammatoire ne se distinguent nettement des autres, par une difrérence de répartition protéinique. Il en est de même des rhumatismes du type dégénératif, qu’il s'agisse de

coxarthrie ou de rhumatisme vertébral. Nous pouvons seulement remarquer que, lorsqu'il se surajoute un élément de goutte, l’hyperfibrinogénémie est nettement plus importante et peut atteindre les valeurs élevées du rhumatisme articulaire aigu.

Par contre, il nous faut noter que dans les deux cas de spondylose rhizomélique que nous avons étudiés, nous avons trouvé des résultats parfaitement

sérum-albumine normaux. Fibrinogène, rapport ; sérum-globuline

vitesse de sédimentation, réaction de Vernes à la résorcine, tout concorde. Pour les deux malades, la période évolutive étant presque terminée, il nous faut penser que les phénomènes pathologiques ne sont plus capables de déterminer une instabilité humorale notable. À moins que cette localisation du rhumatisme n’affecte pas ou très peu l’équilibre des protéines. Cela se rapprocherait dans le rhumatisme articulaire aigu à la stricte localisation au cœur du processus évolutif, qui ne détermine pas d’hyperfibrinogénémie.

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