PRONOSTIC
Le pronostic des pseudarthroses n’est pas grave relativement à la santé générale, à moins qu’elles nese trouvent sous la dépendance d’une phlegmasie aiguë, d’une cachexie qui débilite l’économie ; et, dans ce cas, la gravité réside surtout dans l’inflammation ou dans la diathèse. Un individu atteint de pseudarthrose peut vivre certainement. Mais si cette affection est compatible avec l’existence, il n’en faut pas moins la tenir quelquefois pour très sérieuse, car elle peut l’être à divers points de vue, en entravant ou empêchantune fonction importante et en exigeant, pour sa guérison, une intervention chirurgicale qui n’est pas toujours exempte de dangers. Nous avons donc à considérer la gravité des pseudarthroses selon leur siège et selon leur nature.
Les pseudarthroses du membre inférieur sont plus graves que celles du membre supérieur, parce qu’elles rendent la marche impossible. Elle sont aussi plus graves à la cuisse qu’à la jambe; ces dernières se prêtent mieux en effet à l’application des appareils prothétiques.
Pour le membre supérieur, elles sont plus graves au bras qu’à l’avant-bras, et plus graves aussi au bras droit qu'au bras gauche, à cause de la supériorité de ce membre dans les actes divers et délicats dela préhension (écriture, maniement des outils, etc.) (Denucé).
Pour ce qui est de la nature des pseudarthroses, on comprendra facilement que celles qui sont constituées par un
cal fibreux ayant plus de tendances à la guérison et étant plus faciles à traiter, seront moins graves que les pseudodiarthroses et les pseudarthroses flottantes; que des deux dernières, les pseudarthroses flottantes, n'ayant aucune tendance à la guérison spontanée, pouvant amener l’atrophie et le rétrécissement des fragments et nécessitant pour leur guérison une grande et dangereuse opération, seront considérées comme de beaucoup les plus graves. Ce n’est pas un fait commun, mais on a cependant vu l’opération d’une pseudarthrose suivie de mort.
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