‹ Contribution à l'étude des pseudarthrosesChapitre 9 sur 17 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

En donnant les symptômes soit généraux, soit spéciaux des pseudarthroses, nous donnions par cela même les élèments de leur diagnostic. Une fausse articulation se reconnaîtra, croyons-nous, facilement. La confusion serait peutêtre possible avec un retard de consolidation du cal, mais dans ce cas la douleur est un signe qui trompe rarement. Un membre a été fracturé depuis longtemps; il est encore déformé, on y constate de la mobilité. La fonction en est toujours abolie; mais l'absence de douleur rend possibles quelques tentatives de mouvement ; à n’en pas douter, on se trouve en face d’une pseudarthrose.

Au contraire, la fracture, sans être récente, ne remonte pas à une date éloignée, on constate l’existence d’un cal plus ou moins développé, permettant des mouvements limités. De plus, ces mouvements sont douloureux et on peut en même temps invoquer l'influence d'une cause générale ; on croira alors à un retard de consolidation plutôt qu'à une véritable pseudarthrose.

Quand les fragments seront libres, quand le toucher permettra d’en constater la séparation et ne donnera aucune sensation de tumeur au niveau de la fracture, quand enfin extrémité inférieure du membre, dans une impuissance absolue,pourra exécuter les mouvements les plus anormaux, on reconnaîtra facilement une pseudarthrose flottante.

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M.Denucéfait cependant remarquer, dit M. Roy de Clotte, que les pseudarthroses flottantes ne se présentent pas toujours avec des caractères aussi tranchés. Dans bon nombre de cas, dit-il, le travail de cicatrisation qui s'opère au niveau de la fracture, amène la production d’adhérences fibreuses entre chaque fragment et les parties molles dilacérées, adhérences qui, tout en laissant une grande mobilité entre les fragments, empêchent leur désunion complète.

Si la fausse articulation n’est pas entourée de masses musculaires considérables et que le toucher permette de percevoir une tumeur au niveau de la fracture, si en même temps la mobilité est conservée sans douleur et si le membre n’a pas complètement perdu ses fonctions, on pourra croire à l'existence d’une pseudarthrose fibreuse.

Si outre ces caractères, les surfaces semblent glisser facilement l’une sur l’autre, les présomptions seront plutôt en faveur d’une pseudo-diarthrose. Enfin, la persistance de la lésion, malgré l’application d’un appareil bien mis et bien surveillé, complètera le diagnostic.

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