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M. Paul cite une fracture de l’humérus qui ne guérit que sous l’iufluence du phosphate de chaux chez un rachitique.
Ce dernier médicament a été préconisé par Milne-Edwards, Gosselin, Fano (1), qui ont dit qu'il pouvait faire avancer l’ossification. Pour Follin, cette question est loin d’être démontrée.
Si le sujet était débilité, affaibli, les toniques seraient indiqués.
Nous ne parlerons que pour mention de certaines plantes qui ont été, autrefois, en grande faveur dans le traitement des pseudarthroses, telles que l’aigremoine, la primevère, la garance, dont parlent Fabrice d’Aquapendente, Rhazès, Avicenne, ete. Leurs propriétés et usages sont difficiles à comprendre et touchent de trop près à l’empirisme.
TRAITEMENT CHIRURGICAL. — Le traitement chirurgical est subdivisé par les auteurs, en:
1° Traitement palliatif; 20 Traitement curatif.
Le trailement palliatif comprend l'usage des appareils prothétiques, tels que: brodequins, brassards, etc., en treillage de fil de fer rembourrés et lacés ou en cuir épais avec attelles latérales en acier. Après quelque temps d’immobilisation, on fait usage de ces appareils qui, supportant le poids du corps et le transmettant au sol sans que les os fracturés aient rien à supporter, donnent aux malades la possibilité de marcher. Ils doivent être employés: 1° au moment où la pseudarthrose paraît se confirmer et avant d’avoir recours à une opération qui peut être grave; 2° dans les pseudarthroses confirmées,
(1) Du ramollissement du cal dans les fractures. De l'emploi avantageux du phosphate acide de ehaux dans les cas de ee genre. Zn Union médicale, 2m° série, t. 11, 1859.
us Te quand ils peuvent rendre au membre la rigidité nécessaire pour l’accomplissement des travaux journaliers. Dans ce cas, ils permettent d'éviter l’opération.
Ces appareils rendent quelquefois des services signalés : on à vu des pseudarthroses guérir sous leur seule influence. Les légers mouvements qui surviennent au foyer de la fracture occasionnent une certaine irritation et peu à peu le cal se forme et finit souvent par consolider les fragments. Le D' Smith rapporte un certain nombre de pseudarthroses guéries au bout de b, 10, 15 et 20 semaines (4).
En même temps qu'ils doivent donner aux membres malades la résistance, ils doivent aussi laisser aux articulations leur libre jeu et ne point comprimer les vaisseaux.
Trailement curatif. — Le traitement curatif consiste surtout dans l'intervention chirurgicale; il comprend, cependant, d’autres procédés qui, tous, peuvent être utiles dans certains cas et qui, tous, ont donné des succès. Tous les procédés qui constituent le traitement curatif doivent répondre aux indications suivantes formulées par M. Denucé :
1° Tant que le travail d’ossification n’est pas arrêté, maintenir le membre dans l’immobilité :
2 Entretenir ce travail d’ossification par des manœuvres ou des applications extérieures, quand il paraît sur le point de s’éteindre ;
3° Quand il est éteint, le faire renaître en attaquant directement, soit les parties molles de la fausse articulation (cal fibreux, substances cartilagineuses, faux ligaments, masses interposées );
4° Soit les parties dures, les extrémités osseuses ellesmêmes. Chacune de ces indications comprend des procédés
(1) Hayem, t, vins, p. 740, 1876.
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— je — différents. La première sera remplie par les appareils à contention, qui doivent s'opposer à la mobilité des fragments : appareils à extension permanente; appareils à contention fixe de Malgaigne; gouttières et cuirasses de Bonnet; appareils mamovibles et amovo-inamovibles de Seutin.
À la deuxième indication répondent, d’une part, les applications toniques, excitantes ou irritantes : vésicatoires, badigeonnages de teinture d’iode, etc.; d’autre part, la compression exercée autour des fragments et le frottement des extrémités fragmentaires l’une contre l’autre.
Les troisième et quatrième indications comprennent des moyens plus énergiques et aussi plus dangereux, s'adressant les uns au cal fibreux ou aux parties molles, et les autres aux extrémités des fragments. Ce sont: l’acupuncture, l’électropuncture, le séton, la ligature du cal, la perforation des os, la résection, etc.
M. Denucé a réuni dans un tableau l’ensemble de tous les procédés qu'il désigne, les uns sous le nom d’extra-téoumentaires, les autres sous celui d’intra-tégumentaires. Ce tableau permet d’embrasser, d’un coup-d’æil, tous les procédés qui ont été employés; nous le reproduirons, nous réservant de revenir ensuite sur chacun d’eux en particulier. Cette étude ayant été faite avant nous, nous insisterons, surtout, sur les travaux accomplis pendant les dix dernières années.
les douches, l'électricité, les applications irritantes, les vésicatoires, extra-téqumentaires. la cautérisation extérieure, la compression périphérique, | le frottement des fragments.
Procédés
ee
| acupuncture,
ge l’électro-puncture, = : les injections irritantes ‘È ant leur action sur horde Fe È HAE la cautérisation du cal, SL de AREA = la ligature du cal, T la section sous-cutanée du cal.
È ‘ = la perforation des fragments, = l'implantation de corps étrangers dans € [portant leur action sur les fragments, > les extrémités osseu- | la cautérisation des fragments, o SOS Re I ONE A la résection des fragments, & l’abrasion des fragments, lamputation du membre.
Douches. — D’après une observation consignée dans la
thèse de M. Vételay, Verneuil a obtenu une guérison par l’usage des douches froides locales.
Electricité — L'application des courants électriques autour de la pseudarthrose semble un moyen infidèle. Birch cite un cas de guérison : d’autres fois on n’a obtenu que des insuccès.
Applications irritantes. — Buchanam, en 1898, badigeonnait de teinture d’iode le membre malade. On a employé aussi les sinapismes, les frictions de térébenthine, l'huile de croton, etc., et en général les moyens que quelques auteurs ont désignés sous le nom de pharmaceutiques. M. Denucé pense que les résultats obtenus sont trop favorables pour qu’on n'ait pas confondu des retards de consolidation avec de véritables pseudarthroses.
Vésicatoires. — En 1815, Walker (d'Oxford) appliquait autour de la pseudarthrose des vésicatoires volants répétés cinq ou six fois, et il a rapporté deux cas de guérison.
Cautérisalion extérieure. — Les effets de la cautérisation extérieure sont à peu près les mêmes que ceux des vésicatoires. On peut employer la potasse caustique, ou la cautérisation actuelle comme le faisait Hatshorm (de Philadelphie) en 1811, qui promenait le fer rouge sur la peau au niveau de la fausse articulation : il a cité un cas de guérison.
Compression périphérique. — Cette compression, exécutée avec les appareils de contention fixe à pointes d’acier de Malgaigne:a pour but de maintenir les fragments juxtaposés. Ce serait une bonne méthode, puisque Bérenger-Féraud cite 59 succès sur 79 cas.
Frotiement des fragments. — C’est certainement la méthode la plus anciennement em ployée ; elle était connue au temps de Celse, qui lui a donné son nom. Elle consiste, comme sa dénomination l'indique, à frotter les fragments l’un contre l’autre pour déterminer une inflammation adhésive ; le frottement doit être pratiqué à deux ou trois reprises dans l’espace de quelques minutes.
En 1845, Biondi (de Bucharest), après avoir reconnu l’insuffisance et l’insuccès des diverses méthodes mises en usage pour la guérison des fausses articulations, recommande le retour à celle de Celse : elle estencore conseillée par Velpeau, Malgaigne, Smith, etc.
C’est une opération simple et peu dangereuse, c’est vrai, mais elle ne réussit pas toujours, et on trouve dans les statistiques de Norris, de Gurlt et de Bérenger-Féraud plus d’insuccès que de guérisons. Elle est, de plus, douloureuse au point de nécessiter souvent l'emploi des anesthésiques.
Les procédés que nous venons d’énumérer s'adressent à la deuxième indication, celle qui.consiste à entretenir le
travail d’ossification quand il paraît sur le point de s’éteindre, On ne doit jamais, à notre avis, négliger de les mettre d’abord en usage, parce que, outre qu'ils sont d’une application facile, ils n’exposent pas, comme les méthodes que nous allons maintenant passer en revue, aux dangers d’une opération qu'il faut toujours considérer comme grave. Alors qu’ils ne réussiraient pas, on sera à temps à employer des moyens plus sérieux.
Procédés intra-tégumentaires agissant sur le cal — Acupunclure. -- Electro-puncture. — Nous réunissons ces deux procédés, qui ne semblent pas différer beaucoup : quelques auteurs pensent, en effet, que l'électricité n’ajoute pas grand’chose à l’action de l’acupuncture. Cette dernière consiste à introduire des aiguilles dans le calet à les y laisser jusqu'aux premiers symptômes d’inflammation. C’est à Malgaigne que revient la découverte de ce procédé qui doit être pris en considération, puisque Gurlt a compté 8 guérisons sur 13 cas, et Bérenger-Féraud 12 sur 26.
Dans l’électro-puncture, les aiguilles communiquent avec une source électrique.
Injections irritantes. — C’est Hulse qui, en 1855, a introduit pour la première fois les injections irritantes dans le traitement des pseudarthroses. Il les employa à l'hôpital de Peusacola. Ces injections se composaient d’abord de vin d’Oporto étendu d’eau ; puis ce fut une solution de sel marin, et enfin une solution de sulfate de cuivre; elles étaient faites par un trajet fistuleux.
L'idée de Hulse n’eut pas un grand retentissement, et les injections irritantes ne jouirent pas d’une grande faveur jusqu'au moment où, quelques années plus tard, M. Bourguet,