CONCLUSIONS
De tout ce que nous avons dit jusqu'ici, nous croyons pouvoir conclure :
Que la véritable pseudarthrose est une affection rare, et qu’elle peut avoir été souvent confondue avec un simple retard de consolidation du cal.
Que les appareils mal appliqués et ceux qu’on ne peut surveiller quotidiennement entrent pour une grande part dans l’étiologie de cette affection.
Pour ce qui regarde le traitement, nous nous déclarerons partisan de ces moyens sans danger, qui n’exposent pas la vie du malade, et n’en ont pas moins cependant leur efficacité. Parmi ces moyens, nous adopterons de préférence les injections irritantes, qui nous paraissent devoir rendre?des services d'autant plus éminents que le champ de l’expérimentation s’étendra davantage : en cherchant à perfectionner les méthodes simples que tous les chirurgiens peuvent employer, nous diminuerons la fréquence, dans l’avenir, des opérations plus graves que l’on ne peut faire que dans les
MAUTDAT grandes villes, et nous rendrons service à la fois aux malades et aux médecins. Nous rejetterons donc ces procédés presque téméraires qui sont la caractéristique de nos voisins d’Outre-Manche ou d’Outre-Rhin, ou nous ne les accepterons qu’en désespoir de cause, et dans des circonstances bien déterminées. Nous croirons en cela suivre les principes de la chirurgie française, qui, si elle n’a pas, dit Verneuil, les audaces de certaines chirurgies étrangères, a su, tout en marchant sans cesse dans la voie du progrès, conserver les bonnes et saines traditions et ne jamais s’écarter du bon sens et de l’humanité.