INTRODUCTION
Nous nous étions depuis longtemps déjà arrêté à un autre sujet, lorsque nous eûmes la bonne fortune d’observer dans le service de chirurgie que dirige en ce moment M. le Professeur-Agrégé Roustan, les deux cas de pseudarthrose que nous avons l’honneur de présenter aujourd’hui à nos Juges.
Ces observations nous ont paru'tellement pleines d’intérêt à cause de la rareté de cette lésion, et à cause aussi des circonstances dans lesquelles elle s’est produite, que laissant de côté nos anciens projets, nous n'avons pas hésité à en faire la base de notre Thèse inaugurale. Ces circonstances nous ont paru contenir un enseignement : aussi les envisagerons-nous dans un chapitre ultérieur. La rareté est démontrée d’une manière irréfutable par les statistiques et nous croyons ne devoir pas insister [davantage quand nous aurons dit que Liston (4) déclare n’en avoir rencontré qu’un cas dans sa pratique; que
Pearson (2)sur 507 fractures n’a trouvé qu’une pseudarthrose,
(1) Liston, The Lancet, 1835-36, t., n, p. 168. (2) Pearson, Remarks on fractures, Boston 1340.
Tr Norris (1)10sur 946 fractures, Walker (2) de 6 à 8 sur 1000, Callender (3) une sur 2500 et Loudsale (4) de 5 à 6 sur
4000. Il est cependant probable qu’on n’a pas compris dans ces chiffres les pseudarthroses consécutives à des fractures de la rotule, du col du fémur quand elles communiquent avec l'articulation, et du maxillaire inférieur quand elles communiquent avec la cavité buccale. Ces fractures se terminent souvent par fausse articulation.
Nous avouons, pour notre part, n’en avoir jamais observé dans le cours de nos études médicales, soit à l’Hôtel-Dieu Saint-Éloi, soit dans les hôpitaux du département d'Oran où nous avons passé deux ans comme interne.
Si nous faisons encore entrer en ligne de compte l’importance que peut avoir un traitement bien dirigé ou un procédé bien appliqué en rendant à un individu l’usage d’un membre qu’il croyait perdu, nous aurons énuméré toutes les raisons qui nous ont fait ainsi fixer notre choix.
Nous n’ignorons pas que notre travail contient de nombreuses imperfections, mais les difficultés inséparables d’un tel sujet, notre inexpérience, la bonne volonté qui nous a
toujours animé et les efforts que nous avons faits, nous sont
(1) Norris, American journal, 1852, p. 808.
(2) Walker, Lond. med. gaz. 1827, t. xxxur, p. 470.
(3) Callender, Brit. med. journ. 30 nov. 1872.
(4) Loudsale, À pratical treatise on fractures. London 1838.
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Eu sûr dE lindulgence. ne nos RE voudront bien nous accorder.
Avant de terminer cette introduction, qu'il nous soit permis d'adresser à nos Maîtres de la faculté de Montpellier
tous nosremerciments et lessentiments de notre respectueuse reconnaissance. Que le savant professeur Combal, dont nous sommes fier, à juste titre, de pouvoir nous dire le compatriote, et M. le Professeur-Agrégé Roustan, reçoivent en particulier ce modeste travail comme un faible hommage de
| notre vive gratitude pour la bienveillance dont ils nous ont
= toujours honoré et les excellents conseils qu’ils nous ont pro-
digués.
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