‹ Contribution à l'étude des pseudo-paraplégies chez le chevalChapitre 12 sur 20 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

L'intervention que réclame cette pseudo-paraplégie est des plus simples et elle se résume dans les deux principes suivants : relever le malade le plus tôt possible, libérer l'intestin de son contenu, surtout dans sa portion terminale.

. Le cheval chez qui l’auto-intoxication ne s’est pas encore développée peut être remis debout assez facilement. On peut arriver à ce résultat en passant des barres de boïs sous le sternum et sous l'abdomen. et en les faisant soulever par des aides. Cette méthode nécessite un personnel assez nombreux, ‘énergique et discipliné; c’est dire qu’elle est rarement utilisable. Bien plus souvent on emploie un moufle ou un palan dont l’un des crochets est fixé au plafond de l'écurie et l’autre à deux fortes cordes que l’on à passées sous le thorax et sous le ventre du sujet. De cette façon, avec quelques aides et le moindre risque d'accident, on arrive à remettre sur pied un cheval même lourd. Lorsque le sujet n’est resté couché que pendant quelques heures, quand on l’a soulevé suffisamment au-dessus de terre il reprend assez facilement la sta-

Re te

tion quadrupèdale. Au début, il est en équilibre tout à fait instable. Les membres qui étaient en contact avec le sol, sont agités par des tremblements et fléchissent sous le poids du corps. Si l'animal n’était pas soutenu, il retomberait infailliblement. Cette impotence disparaît peu à peu en l'espace d'un quart d'heure, d’une demi-heure, d’une heure, Pour faciliter ce retour à l'état normal, nous faisons pratiquer sur les deux membres, des frictions sèches, ou avec du vinaigre chaud ou de l’ammoniaque, etc.

L'animal est laissé dans l'appareil à suspension pendant 24 ou 48 heures.

La libération du rectum est obtenue par la vidange artificielle et par des lavements répétés. (On pourrait utiliser également des médicaments évacuants (pilocarpine) et des purgatifs. Enfin, par la suite, l'animal sera soumis à un régime rafraîchissant pendant quelques jours.

; Dans un cas, nous avons vu un cheval reprendre lui-même la station quadrupédale, au bout de quelques heures, à la suite de l'évacuation des excréments. Cette évolution favorable est rare et nous estimons qu’en toute circonstance il y a toujours lieu de

suspendre le malade aussitôt que possible.

Étiologie et Pathogénie

Avant de rechercher quelle peut être la nature intime des troubles que nous avons observés, quelques constatations préliminaires s'imposent.

D'abord, la race et le sexe n’ont sans doute aucune influence. Pourtant, la plupart de nos observations se rapportent à des chevaux (entiers ou hongres) de trait — particularités qui nous paraissent uniquement en rapport lavec les conditions d'élevage dans notre région.

Au contraire, l’âge nous paraît avoir une réelle importance, car nous n'avons jamais trouvé cette pseudo-paraplégie sur des animaux ayant moins de dix ou douze ans.

De même, l’état antérieur du sujet joue un rôle certain, et tout ce qui met le cheval en état de moindre résistance (surmenage, régime défectueux, parasitisme, etc.) doit être considéré comme une cause prédisposante. Pourtant ces causes ne sont pas indispensables car, dans la majorité des cas que nous avons observés, elles ne pouvaient être retenues, les animaux étant en parfait état d'entretien.

SE cs

Nous devons faire une autre remarque. Constamment l'accident a été découvert le matin, donc s’est produit au cours de la nuit. Cela nous porte à penser qu'il peut y avoir eu à l’origine l'influence du décubitus de repos, ou d’autres causes ayant porté l’animal à prendre la position couchée, mais restées ignorées du fait d’un manque de surveillance, Pour ces dernières, il est possible que l’animal ait été indisposé, qu'il ait eu de légères coliques. Dans ces conditions, le cheval se met en décubitus et reste dans cette position, sans remuer, pendant un temps assez long. D'autres fois, il se roule, fait des mouvements désordonnés, se trouve à bout de longe, ce qui lui rend impossible les mouvements du relever. D'ailleurs cet accident banal peut se produire sans que le sujet ait été atteint de coliques, du seul fait de l’inclinaison du sol de l'écurie.

Les conditions qui permettent l’évolution de la maladie nous étant connues, il nous faut rechercher la nature intime des troubles qui la caractérisent.

D'abord, une constatation s’impose : l'accident n'est pas sous la dépendance d’une lésion de la moelle ou de l’encéphale. En effet, il est absolument impossible qu'une altération de ces organes, si réduite soitelle, disparaisse en l’espace d’une heure et même moins, comme nous l'avons observé dans la majorité des cas, après suspension de l’animal.

Quelles sont les causes qui peuvent produire, temporairement, une impotence musculaire? En nous

reportant aux données de la pathologie générale, nous

Page 1