‹ Contribution à l'étude des pseudo-paraplégies chez le chevalChapitre 13 sur 20 · ADO · texte numérisé non relu

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voyons qu’une myasthénie transitoire peut résulter de la compression d’un nerf, ou d’un trouble circulatoire.

A) Compression d'un nerf. — Les accidents par compression d’un filet nerveux sont relativement bien connus en médecine vétérinaire, et ont été observés comme accident d’abatage, à la suite de la contention sur le lit de paille, ou dans le travail.

« Les fausses positions des animaux qui demeurent longtemps couchés entraînent fréquemment des compressions et des paralysies : les chevaux couchés sur les coussins de divers appareils offrent plus souvent cet accident que les animaux couchés sur un épais lit de paille. Cette compression est particulièrement fréquente au niveau du plexus brachial chez les animaux maintenus longtemps couchés, l'un des membres étant fixé en position croisée. Consécutivement, on observe une parésie passagère; l’animal éprouve des flexions subites pendant les quelques instants qui suivent le relever; mais il n’est pas très rare de constater la paralysie du membre; il demeure inerte pendant dix. quinze jours et même un mois comme nous avons eu l'occasion de l’observer. Une compression d'une à deux heures peut suffire à produire ces paralysies prolongées. » (Cadéac.)

Ces accidents de la contention sont à rapprocher des paralysies obstétricales, dues à la compression des nerfs pelviens par un fœtus trop volumineux, et observées si fréquemment en clientèle chez les femelles bovines.

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« Les premiers effets physiologiques de la compression faciles à étudier sur soi-même, comportent un stade primitif caractérisé par des fourmillements et parfois une sensation de chaleur ; il survient ensuite, si l’action de la cause se prolonge, de l’hyperesthésie, et enfin de l’anesthésie et la paralysie musculaire, » (Leclainche.)

Pareil mécanisme peut-il être retenu pour les cas qui nous intéressent? La compression directe par ie sol dur sur lequel l'animal est couché, ne pourrait agir que sur les nerfs grand sciatique et sciatique poplité externe, et son action ne peut être qu’assez lente et modérée du fait de la situation profonde de ces troncs nerveux. Il pourrait y avoir légalement compression interne des nerfs pelviens (grand sciatique, nerf obturateur) par le rectum bourré d’excréments, phénomène que nous avons signalé comme étant très régulier. Dans ce cas, il y aurait quelque analogie avec la paralysie post-partum des vaches, mais l'action de la cause est beaucoup moins brutale. Il n’en reste pas moins vrai que ce mécanisme mérite d'être retenu pour expliquer les accidents que nous avons observés.

Dans ces cas, le trouble nerveux pourrait également être de nature réflexe. Mais alors, il y aurait lieu de faire intervenir le système sympathique. L’excitation primitive se trouverait au niveau du rectum ‘distendu par les matières fécales. Pour donner quelque précision sur ce réflexe, il faudrait être fixé sur l’innervation sympathique du muscle, et cette

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question est encore à l'étude. Nous rapipelerons cependant l'état de nos connaissances sur ce sujet. « L'innervation sympathique du muscle strié est admise par tous les auteurs. Cependant, leurs opinions se séparent lorsqu'on essaye d’en préciser la signification et lorsque du domaine histologique on passe aux faits physiologiques et cliniques... L’atteinte des fibres à innervation sympathique explique la rigidité de décérébration et les processus de contraction extrapyramidale où domine la tonicité plastique. Elle expliquera peut-être, à l'opposé, certaines affections, telles : atrophie musculaire, dystrophie musculaire, myasthénie à pathogénie encore mal connue. » (Pierre Oury.)

Quoi qu’il en soit, qu’il s'agisse d’un réflexe sympathique ou d’une simple compression nerveuse, la pseudo-paraplégie que nous étudions semble avoir quelque parenté avec la « paralysie » qu'on observe parfois chez les chiens atteints de coprostase et d’hypertrophie de la prostate.

B) Trouble circulatoire. — Le rôle de la circulation dans le travail musculaire est trop évident pour qu’on ne puisse deviner que tout amoindrissement de la première entraînera un trouble du second.

Ces phénomènes ne sont pas ignorés de la physiologie et des manifestations cliniques s'y rapportant sont connues depuis longtemps dans notre médecine.

« Les paraplégies par troubles vasculaires sont bien établies. L'expérience très connue ‘de P. Bérard,

déterminant chez le chat une paralysie complète du train postérieur par la ligature de l'aorte, démontre expérimentalement l'influence, d’ailleurs facile à prévoir, de la circulation artérielle sur le fonctionnement des organes.

« Cette expérience a été faite sur le cheval par M. Goubaux et dans tous les cas, il obtint comme effet immédiat la paralysie du train postérieur... De nombreuses observations d’oblitération de l’aorte ont été rapportées en vétérinaire. Les signes fonctionnels sont différents selon qu'il y a obstruction complète du vaisseau ou qu'il s'agit seulement d’une oblitération partielle. Dans le premier cas, la paralysie est complète, dans le second, elle est incomplète ou intermittente. C’est, en effet, un caractère des paralysies ischémiques que de se manifester surtout pendant l'exercice, alors que le travail musculaire nécessite un apport sanguin plus considérable dans la région. » (Leclainche.)

La manifestation clinique de ce phénomène esi bien connue chez le cheval : c’est la thrombose des artères iliaques et de leurs dépendances. Elle se traduit essentiellement dans une claudication intermittente d’origine ischémique. Les chevaux droits et bien portants en apparence, quand ils sont au repos, éprouvent, au bout d’un certain temps d'exercice, des troubles de la circulation, de la calorification, de la motilité, de la sensibilité. Tous ces aecidents se dis-

sipent après un repos même de peu de durée, pour

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