‹ Contribution à l'étude des pseudo-paraplégies chez le chevalChapitre 6 sur 20 · I. — Étude Clinique - Symptômes · texte numérisé non relu

I. — Étude Clinique - Symptômes

Evolution

Il semble que la maladie s’installe rapidement et que les prodromes, s'ils existent soient des plus fugaces. En effet, dans tous les cas que nous avons observés, un cheval bien portant le soir est trouvé le lendemain matin dans l'impossibilité de se relever. Que s'est-il passé dans la nuit? Nous n'avons jamais pu le savoir d’une façon certaine. Il est possible que l'animal ait eu de légères coliques, se soit couché assez. longtemps, et que quelques heures après il se soit trouvé incapable de reprendre la position debout. Il n’y a là qu’une supposition, et nous verrons par la suite les hypothèses que l’on peut faire sur l’origine de Paffection.

Quoi qu'il en soit, le premier symptôme qui frappe l'observateur, c'est l'impossibilité dans lequel se trouve le sujet de reprendre la position quadrupédale. Habituellement, on trouve le malade en décubitus complet, droit ou gauche. Certains chevaux, invités à se relever, font une tentative. Ils se mettent en décubitus sterno-abdominal, parfois, ils étendent

tire

les membres antérieurs et essaient de se soulever audessus du sol. Dans ces conditions, on se rend compte parfaitement que les antérieurs agissent de façon à peu près normale, mais que les postérieurs sont impuissants à remplir leur rôle. Aussi, la tentative ne se prolonge guère et l’animal se laisse retomber sur le côté presque aussitôt.

Quelques malades n’essaient de se relever qu’à la condition qu’on leur fasse quitter de force le décubitus latéral pour les mettre en position sterno-abdominale.

Enfin, un grand nombre, et on peut dire la presque totalité de ceux qui sont à terre depuis 10 à 15 heures et plus, se refusent à toute tentative et s'opposent même de toutes leurs forces à ce qu'on leur fasse quitter le décubitus latéral complet. Veut-on les mettre en position sterno-abdominale, ils replient l’encolure et ramènent la tête vers les membres antérieurs à la façon d’un chat qui veut se rouler.

Dans ces conditions, on est dans l'obligation d’examiner le malade à terre. Voici ce qu'il est possible de noter le plus souvent. Si le sujet n’est couché que depuis peu de temps, la conjonctive n’est à peine plus foncée qu'à l'état normal, le pouls légèrement accéléré, le rythme respiratoire à peine plus fréquent qu’à l'ordinaire et l’hyperthermie insignifiante. Mais il suffit de vouloir faire relever l'animal pour que le cœur et le flanc s'accélèrent aussitôt. De plus, l’appttit est conservé, comme il est facile de s'en rendre compte. Lorsque le décubitus a été plus prolongé, la

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muqueuse oculaire devient terne, injectée, puis nettement rouge. De même le pouls et la respiration s’accélèrent peu à peu. Enfin, la température interne s'élève jusqu'à 38°5, parfois 39°.

L'exploration du tube digestif est difficile sur l'animal couché. Pourtant deux symptômes peuvent être notés dans la grande majorité des cas : un léger tympanisme et l’accumulation des matières dans le rectum. Ce dernier phénomène peut être facilement découvert par l'exploration rectale. Dans quelques cas il est évident, même en dehors de cette recherche, car on trouve derrière la bête un véritable cylindre de matières compactes et moulées qui donnent la mesure du rectum distendu.

L'exploration du système nerveux et de l'appareil locomoteur fournit surtout des renseignements négatifs. | ;

En faisant, au moyen d’une épingle, des piqûres étagées sur toute la longueur de la colonne vertébrale et à la surface des membres, on se rend compte qu'il n'y a pas de troubles de la sensibilité; ni hyperesthésie, ni anesthésie véritables.

De même la motilité est en grande partie conservée. Les membres sont fléchis ou étendus volontairement lorsqu'on excite l'animal, ou qu'on essaie de le faire relever ou encore quand le sujet effectue, de luimême, des mouvements, à vide, de trot ou de galop.

En tout cas, la palpation méthodique révèle l’absence de luxations, de fractures, d’arthrites, etc.

Quand, par un moyen ou par l’autre (voir le cha-

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pitre consacré au traitement), on arrive à faire prendre la station debout au malade, on peut faire aussitôt des constatations qui méritent d'être notées. On voit alors que le bipède latéral qui était superficiel au cours du décubitus, remplit assez bien son rôle et supporte normalement-une partie du poids du corps. Par contre, les membres qui étaient en contact avec le sol se dérobent et ne peuvent soutenir la part qui leur revient. Mais cette impotence est surtout marquée sur le membre postérieur èt elle s'accompagne de tremblements très apparents. D’autre part, elle est absolument transitoire. Assez vite, au niveau de l’antérieur, le tremblement musculaire s’atténue, et tout le membre contribue de mieux en mieux au soutien du sorps. Puis le membre postérieur reprend de même sa fonction progressivement. Plusieurs fois, nous avons vu le bipède qui était en contact avec le sol, revenir à la normale en l’espace d’une demiheure, d’autres fois au bout d’une heure.

Régulièrement, lorsque l'animal est remis debout, les excréments sont rejetés et de l’urine évacuée.

Ce rétablissement rapide du cheval relevé ne s’observe que chez les animaux qui sont restés peu de temps en décubitus (douze heures et moins). Chez les autres, surtout lorsque l’animal est resté un ou deux jours et plus sur la litière, quand onarrive à les soulever au-dessus de terre, ils persistent à se coucher sur les barres ou sur les sangles, aucune tentative d'appui n’est faite, et l’impotence des membres paraît

définitive.

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