‹ Contribution à l'Étude des Psychoses Post-OpératoiresChapitre 14 sur 22 · AT OS · texte numérisé non relu

AT OS

à 46 ans, sans aucune manifestation morbide physique ou mentale. C'est à cette époque pourtant qu’elle a commencé à s'apercevoir que son ventre grossissait; bientôt apparurent des métrorragies abondantes qui durèrent pendant dix-sept mois, jusqu’à son entrée à l’hôpital, c’est-à-dire jusqu'au 18 octobre 1897.

Elle s’élait fait admettre à Lariboisière, sans soupçonner qu’il fût

nécessaire de pratiquer une opéralion sérieuse, croyant qu'il s'agissait d'une poche où les règles s'étaient accumulées, et qu'il allait suffire d’une simple ponction pour évacuer ce qu’elle pensait être une collection sanguine. Aussi fut-elle elfrayée lorsqu'on décida de l'opérer.

: Néanmoins, l’opération que l’on pratique le 21 octobre réussit sans complication. Endormie au chloroforme sans difficullé, Mme B... se réveilla au bout d'une heure et demie; n'eut ni vomissements, ni agitation consécutive. Laparotomie médiane, pouction et exlirpation d’un kyste parovarien uniloculaire du côté droit; ablation des deux ovaires : sutures, pansement au stérésel. Au neuvième jour, on enlève les fils et on panse à la gaze salolée; pas de fièvre, pas de suppuration; mais, vu l'état général d’affaiblissement de la malade, on lui donne, pendant la première semaine, deux verres de champagne et un pot de thé au rhum par jour; dans les lrois premiers jours qui suivirent l'intervention, on praliqua. eu outre, des injections intra musculaires de sérum artificiel ‘5 à 600 grammes par jour).

Au bout de quatre semaines, on l’envoie en convalescence au Vésinet, le 3 décembre. Là, elle reste calme jusqr'au 1# du même mois; à ce moment, elle commence à laisser percer quelques idées vagues de persécution; les autres malades se moqueut d'elle, on la fait coucher daus des draps qui ont servi à tout le monde. on dit qu'elle est anémique, qu'elle n'en reviendra pas. Elle tombe peu à peu dans la dépression mélar.colique, s’alflige, se lamente, ne dort plus, refuse de manger ; ramenée le 17 décembre à Lariboisière, elle y reste deux jours, puis est reprise par son mari. Là, elle ne tarde pas à sexciter, devient loquace, a des illusions de la vue : le ciel étant, un soir, couvert de rongeur, elle croit que c'est un incendie et s'effraye. Au milieu de cela, quelques idées, sans suite, de grandeur : elle est très riche, écrit mieux que personne, elle est très savante,

Le 22, son mari doit la conduire à Sainte-Anne, d'où elle est envoyée immédiatement à l'asile de Ville-Evrard. Son exaltation, légère d’ailleurs, persisie une quinzaine de jours, avec le même caractère d'incchérence, des illusions fugaces de l’ounie et de la vue, des bouffées ambilieuses, suivies de périodes de dépression avec idées confuses de persécution : on la rezarde d’un mauvais œil, on cherche à lui créer des ennuis.

Peu à peu, tout cela disparait; l'état général, qui était très affaibli, se remonte, et actuellement la malade semble revenue à son état normal (janvier 1898). Elle raconte volontiers son histoire, mais d'une façon un peu enfantine ; elle parait très satisfaile d'elle-même, dont elle aime à parler volontiers, rit à ses bons mots, détaille avec com plaisance les services qu’elle rend à l'asile ; somme toute, légère note de débilité mentale.

Légére asymétrie faciale, lobules des oreilles adhérents, implantations vicieuses des dents.

Il s’agit donc ici à n’en pas douter d’une dégénérée, la forme même de son délire rappelle de tous points ceux qu'on observe volontiers chez cette catégorie d’iudividus.

Ces diverses variétés de psychoses étant éliminées, nous restons en présence des psychoses qui paraissent directement liées à Pacte opératoire.

Leur définition est difficile à préciser. Elle résulte toutefois de l’élimination que nous avons faite dans les pages précédentes. (

Nous croyons qu'il faut ranger sous cette dénomination les troubles psychiques survenant chez des sujets non aliénés, dans la période d'influence probable de l'opération, en dehors de toute infection ou intoxication,

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