‹ Contribution à l'Étude des Psychoses Post-OpératoiresChapitre 18 sur 22 · RE OS · texte numérisé non relu

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nales et des crinsle dixième jour. Le pouls reste parfait. Pas d’élévation de la température. Les drains tombent spontanément le huitième jour. Les mèches vaginales sont retirées le quinzième jour.

Cependant dès le deuxième jour la malade est prise d’un délire tranquille. Elle demande quand on va finir de la tuer, déclare qu’elle n'a pas l’argent pour payer son opération, que son mari en apportera. Elle mange volontiers, se laisse soigner et ne cherche nullement à se lever. :

Les jours suivants son délire persiste. {1 est surtout caractérisé par des idées de persécution. On doit la tuer et elle attend tranquillement le moment de sa mort. Elle craiut, malgré les assurances qu'on lui répète, qu'elle va avoir à payer une somme énorme pour son opéralion.

Le 25 avril elle se lève en parfait état, mais les troubles mentaux persistent.

La malade est rendue à sa famille le 3 mai, toujours délirante.

Dès sa rentrée chez elle, la malade reprend conscience et les idées délirantes disparaissent. Elle est revenue depuis à plusieurs reprises. Elle est en parfait état mental et se souvient que pendant une certaine période elle a en une certaine confusion dans les idées.

OBsERvATION VIII (résumée)

Hartmann. — Société de Chirurgie, 20 avril 1898.

Le 14 juin 4885 entrait dans le service de M. Guyon à l'hôpital Necker, salle Sainte-Cécile, n° 7, une malade âgée de 44 ans, porteuse d’une hernie crurale étranglée. Cinq jours auparavant, le 9 juin elle avait éprouvé quelques douleurs abdominales légères qui ne l'avaient nullement inquiétée.

Le 1{, après une journée de calme parfait, elle fut prise brusquement, au milieu de son travail de blanchisseuse de douleurs abdominales très vives, en même temps que d’une certaine sensibilité au milieu d’une hernie crurale qu’elle portait depuis sept ans environ,

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qui n’avait jamais été soutenue par un bandage, grossissait à certains moments, mais ne l’avait jamais ‘gênée jusqu'alors. Presque immédialement après survinrent des vomissements répétés qui l’obligèrent à s’aliter et continnèrent le lendemain. La voix devint cassée dès le premier jour.

La malade un peu agilée au moment de son entrée, s'était calmée à la suite d’une injection de morphine.

Anesthésie. — Pas de taxis, nous faisons la kélotomie. Suture, drain, pansement de Lister.

45 juin. — Température 370,2 le matin ; 370,4 le soir. Apparition des règles avancées de trois jours.

16 juin. — Température 37° le matin ; 37°8 le soir. La malade a une émission gazeuse par l’anus pendant la journée. Etat général excellent.

47 juin. — Température 38° le matin ; 37 le soir. Nous refaisons

le pansement, coupons les points de suture, sans jies enlever. Pendant le pansement, la malade se plaint d'être découverte, de ce qu'an externe vient assister au pansement, elle se met presque en colère en en voyant plusieurs autres qui s’approchent et nous sommes obligés de la calmer. :

18 juin. — Température 37°4 le malin; 37°3 le soir. Une garderobe.

19 juin, — Température 3626 le matin, 38° le soir. La malade a été prise de diarrhée pendant la nuit et a quelques nausées le matin. Thé, eau de riz, potion avec 30 grammes de cognac, 15 gouttes de laudanum, 10 grammes de bismulh. Le soir lavement laudanisé,

20 juin. — Température 3804 le malin, 37°5 le soir, Deuxième pansement, on enlève les sutures, la plaie est réunie, sauf le trajet du drain. La malade a eu encore une selle diarrhéique le matin. Pendant la nuit elle a déliré. Ce matin elle se plaint beaucoup du bruit qui se fait autour d'elle, des malades qui la regardent en passant, elle demande à être isolée. M. Guyon la fait alors placer seule dans une chambre où nous la trouvons le soir enchantée, très calme et nous remerciant de tout ce qu'on fait pour elle. |

21 juin. — 37°4le matin 37°6 le soir. Changement d'’attitude. La malade se renferme dans le mutisme le plus complet. Elle est comme

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un enfant qui boude et se retourne dans son lit, en cachant sa face dans l’oreiller quand on lui adresse une question. ;

2? juin. — 37° le matin ; 37° le soir. Elle répond parfaitement et s'excuse aussitôt qu elle nous voit arriver de son attitude de la veille (cela sans qu'on lui ait fait la leçon !) Le soir, elle reçoit la visite de son fils qu’elle attendait depuis plusieurs jours et est uu peu agitée après son départ.

23 juin — 37°4le matin; 376 le soir. Une selle le malin Pendant la nuit elle a arraché le pansement et la plaie s’est un peu désunie à sa partie inférieure; délire, injection de morphine.

24 juin. — 390 le matin: 39°4 le suir. Même état délirant. Légère contracture des membres. Une seringue de morphine.

25 juin. — 3908 le matin; 396 le soir. Toute la nuit a été très agitée; ce malin la malade est calme, mais sans connaissance, raide comme une planche, les yeux errent dans l’espace, les pupilles sont normales, la bouche sèche. Pas d’albumine dans les urines.

26 juin. — 39° le matin; 39°8 le soir. La contracture a disparu, mais il y a une agitation très grande. Le délire de persécution qui s'est accusé très nettement, continue le 27 et les jours suivants : mais il devient plus calme en même temps que la température s’abaisse graduellement jusqu’au 30 juin où elle n’est plus que de 37 degrés.

La malade est tombée peu à peu dans un état semi-comateux, d'où on ne peut la faire sortir par les excitations qui ne provoquent qu’une simple expression de douleur lorsqu'elles sont trop fortes.

Le 12 juillet la malade partait dans sa famille, la plaie cicatrisée, sans qu'il y ail eu à aucun moment de symptômes abdominaux, sans fièvre, mangeant bien, mais n'ayant pas retrouvé sa raison, reconnaissant à peine les personnes qui l’approchent et toujours convaincue qu'on veut la persécuter.

En octobre, nous sommes allé voir notre ancienne malade et l'avons trouvée en possession complète de sa raison. Elle n’a pas encore complètement repris ses forces et ne se rappelle pas ce qui s'est passé à l'hôpital. Elle a souvenir de l'opération, dit que quelques jours après Ja visite du prêtre, qu'elle n'avait pas demandée, l’a fort émue et que depuis cette époque elle ne se rappelle plus rien,

Le lendemain de son retour chez elle, elle a repris toute sa connaissance et depuis cette époque, elle n'a jamais déraisonné. Nous, apprenons à ce moment que la malade a eu, à diverses reprises et antérieurement à sa hernie, des crises de nerfs avec perte de connaissance. C’est en somme une hystérique.

Nous ne voulons rien conclure de ces trois observations isolées. Peut-être y a-t-il simple coïncidence. Mais il nous a paru intéressant de les rapprocher les unes des autres à cause de leur grande analogie dans la cessation des accidents.

Les observations que nous rapportons ensuite sont des cas de délire ayant débuté peu de temps après lopération et ayant eu une durée relativement courte.

OBsERvATION IX (Rourier. Société de chirurgie, 20 avril 1898.)

Délire post-opératoire précoce. Guérison au bout de cinq semaines.

Le 21 mars 1897, j'opérais d'urgence, pour une péritonite appendiculaire, une jeune femme de trente et un ans, cuisinière. L'opération consista en une ouverture de l’abdomen sur le bord du muscle droit, comme c’est mon habitude, suivie de la résection de l’appendice gangrené qui vient s’offrir au niveau de l’incision et enfin du lavage de l'abdomen avec de l’eau salée à 7 p. 100 stérilisée.

Je laissai dans mon incision un drain calé par deux mèches de gaze iodoformée des hôpitaux, co contient 10 grammes d’iodoforme par mètre carré, |

Gette malade, dont la fièvre tomba après mon intervention, qui resta apyrétique et qui a guéri, fut prise, quarante-huit heures après

l'opération, d'un délire bruyant portant sur sa profession et sou état personnel. ; |

Elle était très malheureuse, se croyait damnée parce qu'elle avait volé sa maîtresse, et ne cessait ses plaintes que pour en reprendre d’autres ayant pour cause sa jalousie conjugale.

Ce délire dura cinq semaines ; la malade était guérie, se levait, aidait même dans le service, qu’elle n'était pas encore débarrassée de ses obsessions; je la plaisantais sur ses sujets de délire, elle avouait que c'était absurde et recommencçait.

Elle est sortie parfaitement guérie ; j'ai su par ses maîtres, que je connais, qu’elle n'avait pas du tout le défaut dont elle s’accusait, elle ne faisait pas du tout danser l’anse du panier, et quant à sa jalousie conjugale, il parait qu'ils n’étaient pas non plus justifiés.

OBsERTATION X (Résumée).

(In thèse de Véne.)

Femme de 38 ans à qui on extirpe trois myomes sous-péritonaux, et les annexes du côté gauche. Etat général mauvais.

Vers le cinquième jour, excitation, cris, chants, paroles incohérentes; guérison einq semaines après.

OBsErvaTION XI (Résumée).

(In thèse de Véne.)

Femme de 39 ans opérée d’un pelit kyste de l'ovaire ; 4 à 5 jours après, délire maniaque, très accusé durant un mois et demi. ‘IL s'agissait, nous dit-on, d'une femme hystérique et nympho-

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