L'INFECTION AU COURS DES RADIATIONS
Depuis 1905, époque où furent faites les premières applications de substances radioactives pour le traitement des cancers de l’utérus, précédées de quelques années de la Roœntgenthérapie, nous avons pu enregistrer un grand nombre de guérisons. Les statistiques du Centre anticancéreux breton portant sur l’ensemble des cancers, les quatre degrés réunis, indiquent une proportion: globale de 25 %. Malheureusement, de fâcheuses réactions thermiques viennent très souvent diminuer l'éclat de ces résultats. « Ces résultats, dit Lacassagne, à propos des cancers cervico-utérins, dépendent de quatre facteurs : l’étendue des lésions, la qualité de l'irradiation, le caractère histologique du néoplagme traité (rôle secondaire) et la concomitance d'infections secondaires. » L'auteur insiste sur les accidents dus à ces infections secondaires, qui obligent à suspendre l’irradiation. Or, les malades atteints de cancers de l’utérus qui nous viennent du Centre anti-
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cancéreux appartiennent en grande partie aux groupes III et IV et portent en conséquence de vastes ulcé-
rations infectées.
Dès les premiers essais du traitement de ces cancers par la radiothérapie et le radium, on a étudié ces poussées de température qui, d’après Mile Baud, dans vingt pour cent des cas, se produisent soit au cours ou à la suite du traitement. rs
Diverses théories ont été émises pour tâcher de donner une explication plausible à ces phénomènes suraJoutés. Signalons, sans nous attarder trop longuement, cette conception aujourd’hui abandonnée, tendant à rattacher ces élévations thermiques à la résorption toxique due à la destruction des cellules néoplasiques. Qu'il s’agisse, comme le pensait Loeper, « du déversement dans le sang d’albumines nouvelles et insolites venues des tumeurs malignes irradiées », ou, selon une autre conception, « d’albumines hétérogénéisées, comme la lyse des leucocytes en particulier », nous pensons à l’heure actuelle, avec la majorité des auteurs, que la cause primordiale est : l’infection. j +
Regaud, ayant attiré l’attention sur l'importance de l'infection, de très nombreux travaux sont venus apporter des précisions, et maintenant l’on a attribué une telle importance à la flore microbienne que, désormais, on conseille avant tout traitement radiothérapique un examen bactériologique des sécrétions utérines et vaginales. |
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Ces infections microbiennes secondaires, disent Mutermilch et Lavedan, jouent un rôle considérable au point de vue de lefficacité, ou de l’inefficacité de linocuité ou du danger des traitements par les radiations. » Chez ces malades, atteintes de cancers de l'utérus (groupes III et IV) avec vastes ulcérations infectées, mauvais état général, amaigrissement assez marqué, la thérapie par les radiations n’est pas sans danger, puisque « la mortalité imputable au traitement est, dans les statistiques les plus favorables, d’au moins déux pour cent » (Ward), et même 3,7 0/0, d’après Ducuing, rapporteur général au VIe Congrès de Gynécologie qui vient de se tenir à Toulouse.
Les réactions que nous avons pu observer sont de deux ordres :
1° Les unes surviennent immédiatement après l’application du radium dans la cavité utérine, ou même après la première séance de radiothérapie, et ne durent que peu de temps.
Ces réactions de courte durée, extrêmement fréquentes, peuvent être attribuées à bien des causes et ont été étudiées maintes fois. D. Den. Hoed considère que ces réactions ne sont pas imputables à l’irradiation. « Nous voyons quelquefois, dit-il, qu’une légère augmentation de température de ce genre se produit déjà, après examen du vagin, ou après une légère constipation (accompagnant souvent le traitement par le radium). Pour d’autres auteurs, il ne s’agit plus de
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traumatisme local ni de stase intestinale. « L’examen du sang au cours du traitement par le radium chez les malades atteintes de cancers cervico-utérins, nous a montré, dit Rup, que les grandes irrégularités de la courbe leucocytaire sont presque toujours accompagnées de fièvre et d’autres signes, d'infection. » Ces élévations de température cèdent en général très rapidement et le traitement poursuivi est bien supporté.
Toutefois, d’après WALLON, « ces poussées thermiques accompagnent de simples applications vaginales du radium ou des séances de R X montrent qu’ on ne
peut les rapporter seulement à des manœuvres gyné-
cologiques même brutales ».
2e Les autres surviennent plus ‘tardivement et Qu une longue durée, de 10 jours à plusieurs semaines. Nous les diviserons en deux catégories.
a) Celles qui sont dues à une infection provenant de la flore vaginale: |
b) Celles que nous pouvons rattacher. à une infection d’un autre ordre.
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