ÉTUDE DE LA FLORE MICROBIENNE
Depuis l’ère pastorienne, de nombreux bactériologistes ont étudié la flore microbienne des cancers. Il est vrai que la plupart des chercheurs, en s’attaquant à ce problème biologique, avaient surtout en vue la découverte d’une cause microbienne susceptible d’être
invoquée dans l’étiologie des néoplasmes et d’appor-
ter enfin une solution au problème du cancer.
Cette étude de la flore utéro-vaginale a montré dans la plupart des cas la présence du streptocoque, 96,3 % d’après certains auteurs (FESENKO), pour d’autres (OUTEvSKaIA) 86,5 %. C’est ce microbe qui a été reconnu comme grand coupable et que les multiples traitements ont essayé de débusquer. Néanmoins, les hôtes qu’hébergent les cancers de l’utérus sont variés et le rôle du streptocoque, qui a semblé prépondérant pendant longtemps, diminue d’importance. De même qu’en obstétrique, après avoir considéré ce germe comme l'agent causal essentiel des scepticémies, phlébites, etc., il a été reconnu qu’à côté de lui un certain
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nombre de germes, et en particulier le colibacille, peuvent jouer un rôle important. Nous ne pouvons, dans le cadre de ce travail, rappeler tous les travaux consacrés à cette question : parmi les plus récents, signalons seulement ceux de REGAUD, LAVENAN et MuTERMILCH, et ceux d’Auguste LUMIÈRE et de Mlle MoxToLoy. :
La flore microbienne isolée par Mme CHEVREL- Bopi au laboratoire du Centre anticancéreux, et dont les résultats correspondent à ceux publiés antérieurement, a montré :
a) Flore aérobie : Bacilles diphtérimorphes, staphylocoques dorés, staphylocoques blancs, streptocoques, entérocoques, colibacilles, bacilles mobiles Gram positif qu’il n’a pas été possible d'identifier, bacilles qui ont d’ailleurs été signalés par VINCENT et Moxon.
b) Flore anaérobie : Cocci Gram positif non classés, bacilles Gram négatifs, bacilles fusiformes.
De plus, dans certains pus anaérobies, l’examen direct avait permis de constater la présence de spirilles et de bacilles fusiformes qui n’ont cultivé sur aucun milieu.
Dans la riche flore de microbes de tout genre qu’on trouve chez ces malades, le rôle prédominant, d’après DEHLER, appartient aux pyogènes et parmi eux aux streptocoques. « Plus souvent, dit-il, ils sont la cause des infiltrations dures qui fixent l’utérus et murent le petit bassin; des pyométrites, des salpin-
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gites et des pelvipéritonites..., bref, des inflammations de toutes formes et de tous genres, que si fréquemment on observe en pareil cas. »
Nous pensons, avec VINCENT et MOoNoD, que pendant la période du traitement par les radiations, que celui-ci consiste en une curiethérapie intra-cervicale
- Ou en une irradiation par voie externe transcutanée, l'infection s’accroît considérablement. Les accidents infectieux compliquant la radiothérapie des épithéliomas cervico-utérins ne sont pas provoqués par un microbe particulier. « Toute la flore utéro-vaginale est, disent-ils, susceptible de devenir virulente au cours de l’irradiation. »
Nous avons en effet trouvé que les malades ayant fait une infection due à l’exacerbation de virulence de ces germes présentaient toutes une flore microbienne extrêmement variée, contenant le plus souvent du streptocoque et des anaérobies avant le traitement, anaérobies qui se multiplient rapidement après les radiations. L'influence des R X et du radium sur cette flore microbienne a été étudiée maintes fois. Certains auteurs ont vu que le traitement par les rayons « désinfecte les sécrétions (Lebedeva) et que diminue ainsi le nombre total de maladies infectées, même par le streptocoque hémolytique. » (FESENKO.) « Jamais la curiethérapie, dit BONANNO, n’a amené de complications locales ou générales. » Il a constaté seulement que les tumeurs du col de l’utérus à flore bactérienne riche avec suppuration abondante ne res-
sentent pas l’effet de la curiethérapie au même degré que celles où ladite flore est pauvre. Il est bien entendu, disent ces auteurs, qu’il ne s’agit pas d’une influence directe des rayons sur les microbes, mais bien des changements favorables survenant dans les tissus malades sous l'influence du traitement.
Cependant, le traitement par les radiations de ces tumeurs infectées n’a pas toujours le rôle bienfaiteur que lui reconnaissent les auteurs précités.
En réalité, il n’y a pas exaltation de la virulence, car les rayons filtrés utilisés dans le traitement du cancer n’ont aucune action sur les microbes, mais il y a « sidération des moyens de défense de l’orga-
nisme., » (WALLON.) Pour Mile BAUD, l’irradiation, en
particulier la curiethérapie, aggrave l’infection et peut la généraliser. Ces radiations produisent « probablement, dit-elle, des altérations légères du tissu conjonctif, des parois des vaisseaux, des leucocytes et paralysent ainsi les réactions de défense de l’organisme contre l’invasion des microbes. »
Cependant, à côté de ces malades, il en est d’autres qui présentent le plus souvent une flore microbienne banale dans laquelle les streptocoques et les anaérobies ne sont pas toujours présents et qui, toutefois, font des réactions de très longue durée avec grandes oscillations thermiques. Ce sont ces EE vations que nous rapporterons.