OBSERVATIONS
Observation 1
A bcès multiples spontanés (In thése Laurent 79),
Bohv.…., garçon de lavoir, 42 ans, célibataire, entre le 15 mai 1879 dans le service de M. Oulmont à l'Hôtel-Dieu.
Robuste. Bonne santé habituelle. En 1871, fièvre typhoïde sans complications. Ni chancres, ni blennorhagie. Pas scrofuleux. N’a jamais vécu dans de bonnes conditions hygiéniques. Avoue avoir bu plus que de raison, sans toutefois aucun symptôme d’alcoolisme chronique.
Pas de contact avec les animaux morveux.
Le 10 mai, le malade fut subitement pris de frissons suivis de fièvre ardente de céphalalgie, courbature, douleurs dans les membres. Se mit au lit. Les jours suivants ces symptômes s’amendent il est vrai, mais apparition de plaques rouges sur divers points du corps.
Le 15, le malade entre à l’hôpital. Temp. 39. Aspect: de typhique, pommettes rouges, langue et gencives fuligine uses.
Le 18, on constate deux abcès à l’avant-bras, l’un à la
partie supérieure, l’autre à la partie inférieure de la face postérieure ; on les incise, il en sort une certaine quantité de pus crémeux, non fétide. Les deux abcès suppurent largement. Le 20. Apparition d’un troisième abcès à la paroi interne du creux axillaire.
Le 24. Abcès à la face postérieure de l’avant-bras gauche dans son 1/3 inférieur. : à Le 27. Abcès au niveau du coude gauche.
Le 30. Vaste collection purulente de la région postérointerne de la cuisse droite. — Drainage.
Le 3 juin. La fièvre qui avait diminué, se rallume à 40,1 — Nouvel abcès à la partie externe du creux poplité du côté droit.
10 juin. Nouvel abcès, gros comme un œuf dans la gaine du biceps droit. C’est le neuvième.
Pendant tout ce temps, on prescrit une nourriture tonique et du quinquina.
Pas de sucre ni albumine dans les urines.
Malade guérit.
M. Laurent, dans sa thèse, publie 5 observations identiques dans sa thèse Sur les abcès spontanés.
Observation 2 Pyohémie spontanée ; pseudo rhumatisme infectieux In Thèse Bourcy (1883)
Femme, 18 ans, prise tout à coup de malaise général, avec torticolis à la suite de froid, Puis fièvre, délire, Ja
rade
malade entre à l'hôpital quinze jours après le début de la maladie.
Le genou droit est Lurnefié, douloureux, il contient du liquide à la palpation.
Symptômes généraux : ballonnement du ventre, diarrhée, somnolence, délire. On fait diagnostic : fièvre typhoïde compliquée de rhumatisme.
Mort avec symptômes de flèvre typhoïde à Ponte cérébrale, un mois après le début de la maladie.
Autopsie : Plaques de Payer intactes.
Infractus de la rate, rein, méningite Dore pus dans les articulations du genou, du poignet, et seapulohumérale droite.
Observation 3
Observation de MM. Charrin et Cayla, communiquée à la Société clinique. France médicale, 5 mai 1885
Pyohémie spontanée; pseudo-rhumatisme infectieux
Ch..., Léonide, ménagère, 50 ans, entre le 30 avril 1884 dans le service de M. Hérard.
Bonne santé habituelle ; attaque de rhumatisme articulaire aigu à 24 ans; depuis quelques douleurs rhumatismales.
Un mois avant sa maladie, elle perd son mari, depuis sa santé va en déclinant, la maladie débute le 22 avril, huit
jours avant son entrée, grand frisson, accompagné de vomissements, fièvre vive, quelques douleurs dans les articulations plus marquées aux épaules:
A son entrée, face vultueuse, céphalalgie, vertiges, oppressions sans toux, langue sèche ; herpès labial. Rien à l'examen de la poitrine et du cœur. Foie petit, douloureux à la pression. Rate volumineuse.
Genou droit gonflé, douloureux ; les autres articulations ni tuméfiées ni douloureuses.
Salicylate de soude, à la dose de 8 gr., ne donne aucun résultat.
Le 5 mai. — Perte de la. vision de l'œil droit ; douleur spontanée à la pression.
Plaque œdémateuse rouge sur P avant- bras droit.
Le 6 mai. — Œdème sous conjonctival de l'œil droit ; rougeur au niveau des articulations. Métacarpe, phase giennes du pouce droit et du petit doigt.
Le 7 mai. — Grand frisson.
Le 8 mai. — Nouveau frisson. Les deux jambes sont ædematiées, face jaune terreux ; intelligence conservée.
Les plaques érythémateuses multiples qui se sont développées sur les deux membres présentent des phyctènes.
1i mai. — Mort, pas d’autopsie.
On peut prendre du liquide du genou droit ; il contient du pus : Inoculé à des lapins, il les tue en produisant des abcès multiples.
— Ai — ra
Observation 4
(Tirée de la pratique privée de M. le professeur Jüergenten In Pvyos: pticémies cryptogénétique de Dennig)
Pyohémie en 1 ss8 à la Suite de fracture de cuisse droite en 1870-71
Pat... âgé de 25 ans, bien portant, recoit pendant la campagne de 1870-71, une balle qui lui fracture la cuisse droite. Après consolidation, le membre se trouve raccourci d'environ 6 centimètres et fortement rejeté en dehors avec le pied en position équin. Au niveau de la blessure restent deux cicatrices siégeant au côté externe et interne de la cuisse : elles sont profondes et leur simple pression réveille une forte douleur, le membre est notablement atrophié.
En 1888, le 14 décembre au soir : étant en voyage, Pat, se sentit subitement pris d'un malaise général accompagné d’un léger frisson qui persista toute la nuitet durantlaquelle il ne put reposer un seul instant. Le lendemain, les frissons furent plus violents : en même temps apparurent des douleurs déchirantes dans le membre droit, remettant alors son voyage, Pat rentre chez lui, le 45 au soir et prend le lit à partir de ce jour.
Le 17 décembre. — La température est à 38°9. Le malade souffre de son membre droit et les douleurs sont localisées de préférence au niveau de l’ischion, du grand trochanter, du creux poplité et au niveau des deux cicatrices. La rate n’est pas augmentée de volume; le cœur bat
% régulièrement. Un médecin consulté diagnostique une né- ” vralgie sciatique droite et prescrit une saturation d'acide
salicylique, (10 — 180) à prendre dans a RATER | :
18 décembre. — Après une nuit très agitée à à cause deseffets du médicament, le malade se sent plus abattu. Les douleurs. ont diminué au niveau de l’ischion et du grand trochanter ; elles persistent à l’endroit des cicatrices. Le genou droit est tuméfié et contient un épanchement articulaire assez abondant. Vers midi, la températuremonte à 40°, l'agitation reprend plus vive, le malade se sent perdu et réclame les derniers sacrements. |
20 décembre. — La tuméfactien du genou s’est étendue à tout le membre depuis la naissance de la cuisse jusqu’à l’articulation du coup-de-pied. Toute cette région est douloureuse à la palpation qui ne reconnaît pas de fluctuation bien nette. La rate est augmentée de volume et, à l’auscultation du cœur, on entend un dédoublement du premier temps. Le malade se plaint en outre de douleurs très vives et presternales, atteignant leur paroxysme au moment de la déglutition. Des vessies de glace lui sont apposées sur le cœur et sur tout le membre malade.
21 décembre. — La tuméfaction reste la même et on constate facilement que le membre, à part les deux cicatrices résultant de son ancienne blessure, ne porte aucune autre cicatrice, ni coupure, ni meurtrissure. |
A 1l'heures du matin, la température est à 40°3; le pouls, très irrégulier, bat à 120 pulsations à la minute. Quelques râäles sous crépitants aux deux bases. La matité cardiaque est augmentée à droite; pas de bruit de souffle à l'auscultation. L'épigastre est douloureux, et la rate est faci-
lement perçue à la palpation. Le poignet droit. est unpeu rouge ; la langue légèrement saburrale et dans Parrièrebouche, rien de particulier. | :
23 décembre. — Le cœur faiblit ; de pulsations s’accélèrent et les bruits diminuent d'intensité. Le membre droit est un peu moins douloureux que les jours précédents.
25 décembre. — Le mal empire : la dyspnée surviefft et monte progressivement jusqu'à A0 FRS AURRE à la minute. |
27 décembre. — Le malade a passé une nuit relative- ment bonne. La température est à 39°, le pouls à 120. Vers. midi, le délire survient presque subitement et ÉE jusqu’au soir à 8 heures : avec, de temps en temps, de courts moments de lucidité. La température monte à 40°6. A 9 heures du soir, le malade tombe dans le collapsus et succombe quelque temps après, malgré de nombreuses injections sous-cutanées d’éther.
Autopsie pratiquée le 29 décembre par M. le P' Mauvereckl.
Tout le membre droit est considérablement tuméfié; sur le côté externe dela cuisse on pratique une longne incision qui donne issue à une grande quantité de pus trouble et aéré. Une autre incision pratiquée le long de la face interne et au dessous de la cicatrice, fait sortir un liquide rougeâtre à peine troublé et très aéré. A la partie toute supérieure de la cicatrice de l’air se dégage en abondance, tandis que dans la profondeur de la plaie s'amasse un liquide jaunâtre, graisseux, légèrement troublé. L’incision prolongée sur la jambe donne issue à 3 ou 4 cc. d’un pus sanieux venant
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d’une sorte d’abcès. Le tissu sous-cutané est infiltré de pus ainsi que les muscles du mollet.
Un deuxième abcès siège sur le-côté interne du fémur ; il s'étend depuis l'articulation du genou jusqu’à la cicatrice interne ; le pus touche au périoste et l’os n’est pas dénudé à cet endroit. Cet abcès ne communique pas avec l'articulation dgenou qui contient elle-même du pus ; sur le côté externe de la jambe, se trouvent de nombreux abcès très étendus.
On trouve également des abcès situés à la périphérie de l'os du fémur et même dans Pintérieur de la cavité médullaire, où se trouvent de petits fragments de plomb.
Remarque. — D'après l’auteur, le malade a succombé à une pyohémie dont l’origine serait la blessure reçue à la cuisse droite en 1870. Il suppose que les germes de l’infection restés latents dans l'os pendant 18 ans ont recouvert leur virulence à un moment et ont amené l'infection pyohémique. Il se demande encore si les microbes n’ont pas pénétré dans l'organisme par les poumons et l'intestin pour aller se localiser au niveau de la blessure, Zocus minoris resistentiæ. Il est à remarquer que le pus était gazeux, il était peut-être dû à la présence du vibrion septique de Pasteur.
Observation 5 (M. Jaccoud, in thèse Paulides, 9, Paris, 9). Le nommé Leroux J..., âgé de 34 ans, terrassier, d’une
constitution robuste, entre le 26 mars 1890, dans le service de M. Jaccoud, salle Jenner, n° 6. -
avec un n fort mal de tête et nn fatigué : He a pu aller à son travail, mais le lendemain ila dû s'aliter, “Ja céphalalgie ayant augme é pas d'appétit. constipation. Le 23 mars ils’est aperçu que Ja face palmaire des mains et la plante des pieds présentaient des phlyctènes contenant un liquide opaque. Le A He a été pris. de frissons et d’un point de côté. __ Après son ne à l'hôpital, l'éruption s’est montrée à à . face palmaire de la main droite ; ; On observe aussi une putes à la face dorsale du médius de la main gauche. : se A Le 26 mars, on constate une diminution du murmure vésiculaire et quelques SOUpCons de râles sous-crépitants ; à expectoration visqueuse ; le malade a un peu maigri. Le 27, tous ces phénoménes augmentent et l’on constate tous les signes d’une broncho-pneumonie; submatité, râles sous-crépitants, respiration soufflante ; les crachats sont muco-purulents. Les pustules des mains et des pieds entrent en suppuration,
Temp, matin 38°3. Traitement acide salicylique 2 gr. en 4 doses prises à des intervalles égaux, cordial avec rhum Gba
| Acétate d’ammoniaque : 3 on ions
Vin de quinquina : 120 grammes:
Comme la constipation persiste, un Énorient purgatif ést administré avec 60 grammes de miel mercuriel.
28, — L'œil droit est rouge, gros. M. Beurnier, chef de clinique de M. Lefort constate un abcès dans la chambre antérieure ; vésicatoire derrière l'oreille droite. La rate grosse.
Temp. matin 383 ; soir 3901.