‹ Contribution à l'étude des pyohémies cryptogénétiquesChapitre 17 sur 18 · DD · texte numérisé non relu

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jours. La maladie a commencé par un malaise général, indéterminé, puis il est survenu des douleurs très vives dans les genoux.

A son entrée. malade pâle, teinte bistrée : adynamie assez accentuée. Les deux articulations des genoux sont considérablement tuméfiées, très douloureuses ; l’épanchement est abondant. Tout mouvement est impossible ; rougeur au niveau du coup-de-pied droit.

Pas d’endocardite.

Sur la partie antérieure du thorax, surtout du côté droit, sur le bras et l’avant-bras droit, il existe un érythème rosé très marqué, à contour très nettement polycyclique, en forme de carte géographique.

Rien de particulier sur les autres organes.

La teinte de l’éruption s’aténua dès le lendemain ; elle s'éteignit complètement le quatrième jour après l’entrée du malade.

Dans les jours suivants, on note une atrophie considérable des muscles et des membres inférieurs.

L'amélioration se fit graduellement ; la résolution de l’'épanchement se produisit assez rapidement, mais la réparation de l’atrophie musculaire ne se fit que très lentement, et le malade ne put quitter l’hôbital qu’au bout de deux mois.

Recherches bactériologiques. Un peu de sang recueilli avec les précautions d'usage, sert à ensemencer un tube d'agar.

Le surlendemain, il existe trois colonnes de couleur jaune d’or et six taches blanches.

Ce sont des cultures pures de staphylocoque doré et blanc,

Observation 9 (Personnelle) - Rhumatisme infectieux. — Abcès à répétition

M. X.., 28 ans. Bons antécédents héréditaires et personnels.

I ya2ans, phlegmon sous-maxillaire, très grave. Le médecin qui l'incisa par simple ponction au bistouri, ayant coupé des vaisseaux importants, ilse forma un anévrysme diffus de la joue, du cou et de la région sous-maxillaire. Hémorrhagie buccale par décollement de la muqueuse gingivale. Avec beaucoup de peine M. Isch-Wall, appelé, fit la ligature des bouts des artères coupées.

Le coup de bistouri du médecin avait été si malheureux que le nerf grand hypoglosse était coupé en même temps que les artères faciale et linguale.

L'hématome vidé, la plaie suppura pendant longtemps.

Le soir 8 avril 1898, frisson violent avec 40° de temp.

Le 9. — Tout est normal, mais le malade conserve un malaise, un énervement continu jusqu’au 14. Nouveau frisson. Température 40°. Signes d’embarras gastrique. Fièvre continue pendant 3 jours.

. Le 17. — Au soir, apyrexie complète mais pouls 110 pulsations.

Le 18. — Matin température 38°2. La température

reste oscillante entre 332 ct 393 pendant les 3 jours suivants.

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Le 22. — Apyrexie. Mais toujours symptômes d’embarras gastrique. Enervement, inquiétude du malade. Pouls 110 avec des intermittences.

Le 23. — L'énervement du malade augmente, l’état générale devient plus mauvais. La température est à 3901. Les articulations du coude et du genou qui les jours précédents étaient un peu douloureuses, deviennent rouges, tuméfiées, très sensibles, et rendent au malade tout mouvement impossible. Les Docteurs Matanragas et Landrieux pensent à du pseudo-rhumatisme infectieux, et établissent un traitement pour cela.

Le 5 mai. — Le5 mai M. le Docteur Isch-Wall découvre avec M. Matangaras, des abcès au coude et au genou malades. Les articulations sont devenues presques iudolentes. Le diagnostic de pyohèmie est rorté.

Du 23 avril au 5 mai, la température a toujours oscillé entre 38° et 3902. -

Le 7 mai. — Abcès venus sans réaction, sans douleur, sur la face externe de la jambe droite, et au périnée.

L'examen du pus fait par M. Marmorck, y fait découvrir des stréptocoques et des staphylocoques.

L'état général est toujours mauvais. Toujours symptômes gastriques, avec anorexie, abattement et avec surtout énervement particulier. 3

Le 8 mai. — Consultation avec M. Marmorek qui conseille des injections de son sérum.

On fait 6 injections pendant 6 jours consécutifs 20 cc. les 3 premiers et 10 cc. les trois derniers.

Le 9. — Sédation, après première injection, suivie d'insomnie, d'endolorissement général. Temp. 38° à 39°.

Le 10. — Amélloration de l’état général. Temp. 38°1.

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Le 15. — Nouvelle poussée de fièvre, avec 39°8. Formation de deux abcès énormes sur la cuisse gauche. Pendant les dix jours suivants, les phénomènes généraux s’aggravent, la fièvre devient plus intense. Insomnie, délire, abattement profond. La température reste assez élevée dans les environs de 390,

Le 25. — Une nouvelle série de 6 injections de 10 cc. par jour de sérum de Marmoreck est commencée.

On examine le pus avant et on y trouve toujours du streptocoque et du staphylocoque.

Le 30. — Formation de nouveaux abcès aux épaules droite et gauche. Mais plus de streptocoque dans leur pus.

Le 10 juin. Guérison des derniers abcès. Les abcès inciséset vidés au fur et à mesure de leur apparition, ont toujours guéri avec une grande facilité.

Apparition de cystite. Tout à coup versle soir, le malade se plaint de douleurs dens l’hypogastre, s’irradiant sur les, jambes avec des mictions fréquentes et douloureuses.

Le 13 juin. Il est impossible au malade de garder une goutte d'urine, des mictions se suivent sans relâche, atrocement douloureuses et du ténesme vésical coustant ne lui laissant pas un moment de repos.

Le 15 juin. Pus abondant dans les urines. Abcès de la vessie ou des tissus environnants s’est vidé.

On n’a pas pu diagnostiquer le point où cet abcès s’est développé.

Le 17 juin. Cystite tout à fait guérie.

Le 20 juin. Nouvel abcès à la cuisse gauche qui s’est résorbé tout seul.

Depuis, le malade revient peu à péu à la santé. Le

25 juin toutefois, une lymphagite se forme à la cuisse gauche qui se termine par la résolution.

L'état général s'améliore. L’appétit revient. Le malade part aux bains de mer le 31 juin 1898.

Remarques. — On n’a pas trouvé de porte d'entrée et nous croyons que cette pyohémie est due à des microbes restés latents dans l'organisme depuis environ deux ans. Ils y auraient pénétré lors du phlegmon sous-maxillaire.

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Traitement

Le traitement de la pyohémie cryptogénétique comprend plusieurs parties :

4° Comme dans toutes les infections graves il faut user des toniques, pour soutenir l'organisme, on administrera donc: du quinquina, alcool, vin, etc... Nous conseillons dans ce cas les injections de serum artificiel, au besoin des lavages de sang.

29 On fera la médication des symptômes : quinine, bain antipyrine pour combattre l’hyperthermie, caféine, acide salycylique, etc., suivant les indications.

3° Ouverture rapide des abcès au fur et à mesure de leur formation.

4 Si la pyohémie est due au streptocoque tenter injection du sérum de Marmoreck.

5° Le changement d’air dans cas de forme chronique peut avoir une action bienfaisante.

BAPE

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