‹ Contribution à l'étude des pyohémies cryptogénétiquesChapitre 5 sur 18 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique

Tandis qu’on trouve aux différentes époques, des travaux fort nombreux et importants sur l'infection purulente et les abcès métastatiques d’origine chirurgicale, on ne trouve sur l'infection dite spontanée que de rares documents.

Les anciens ne concevaient guère la pyohémie sans plaie exposée. C’est probablement Bærhavee qui en fut le premier, mention en 1737. En 1780, Berthelot rapportait à l'infection purulente, mais sans en chercher l'explication, les phénomènes dus à une tumeur abdominale qui s’ouvrit dans l'intestin, en donnant lieu à des selles purulentes, à de la diarrhée et à des abcès métastatiques.

Dance, cite (Archives générales de médecine, année 1829, tome XIX) deux cas d’abcès multiples dont il ne trouvait la cause nulle part. Pour les expliquer il suppose une ph'ébite, sans faire cependant l’autopsie de ces vaisseaux

En 1848, Tessier réunit sous le nom de Diathèse purulente quelques faits isolés de suppurations multiples et les rapproche de l'infection purulente chirur-

ln:

gicale. « On a vu, dit-il, plusieurs cas de diathèse purulente sans phlébite, sans plaie, sans état puerpéral, sans suppuration antérieure, et néanmoins avec l'ensemble et la succession des phénomènes morbides que l’on observe soit dans la diathèse purulente traumatique, soit dans la diathèse purulente puerpérale. Il existe donc manifestement, en dehors de toutes les circonstances où l’on va puiser d'ordinaire l’explication de cet état morbide, une maladie essentielle, caractérisée par la tendance à la formation du pus dans les liquides ou solides coagulables de l'organisme ; elle est identique dans les rapports fondamentaux à la diathèse purulente, à la suite des plaies opératoires ou des couches. Nous l’appelons, diathèse purulente spontanée, non que nous admettrions des effets sans causes, mais pour différencier cette catégorie des deux autres, qui sont relatives, soit au traumatisme, soit à l’état puerpéral. »

Il ajoute : « Je ne possède point de fait qui me permette de tracer l’histoire de la diathèse purulente ; ‘il faut toujours une phlegmatia locale primitive. » N'y a-t-il pas là une certaine contradiction ?

I affirme, en outre, qu'il a exclusivement rencontré les cas d infection purulente spontanée, où il y a entassement de malades.

Plusieurs élèves de Teissier, entre autres, Mileent en 1845, Dufresne et Mathieu en 1848, rapportent quelques observations analogues.

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variole, d'entérite, .

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Kussmail, en 1852, publie 52 observations de

D eue. primitive. Dans ces faits sont compris de

nombreux cas d’ostéomyélite ; et en effet, depuis les travaux de Chassaignac, on a tendance, en Allemagne surtout, à ne plus concevoir la pyohémie comme une complication de l'ostéomyélite, mais au contraire à faire ressortir les affinités étroites des deux maladies. En France, Alphonse Guérin, dans sa thèse, admet la fièvre purulente spontanée ; car la phlébite et l’absorption du pus, ne peuvent pas rendre compte de tous les faits. Plus tard il revint sur son opinionet, dans les discussions académiques et dans son article intitulé « Infection purulente » du Nouveau Dictionnaire de Médecine et de Chirurg'e pratique, il attribue à la morve et au farcin, ce que d’abord il rattachait à l’infection purulente spontanée. Il formulait ainsi son opinion : « Point d'infection purulente sans plaie exposée. »

Castelnau et Ducret ont également révoqué en

pyohémie sans plaie, mais ne l'explique pas.

En Amérique, Wood (a tratise on the practice © ét nue e medecine, Philadelphie, vol. II, page 256, 1858) pense > É à

que l'infection purulente peut exister sans plaie, sans foyer purulent.

En Allemagne, Winderlich cite cinq observations

où l'étiologie, les symptômes et les lésions anatomi-

ques sont observés et notés avec soin et précision.

Mais, d'après lui, la spontanéité n'implique pas de

causes nouvelles, inconnues ; il reconnaît que l’infec-

tion peut venir dù dehors, et ses observations portent

sur des-cas de pyohemie survenue en dehors de l’existence d’autres maladies infectieuses ou virulentes. ‘

Le professeur Verneuil, qui croit à la possibilité

de la pyohémie sans plaie exposée, inspire en 1879 la

thèse de son élève Domee. Il tâche de démontrer qu'un poison septique « la Septine » se développe dans la profondeur des tissus et pour ainsi dire spontanément. Cette septine serait la cause d’une septicémie préparative, dont la pyohémie serait la conséquence.

Eu 1878, Leube étudie les septico-pyohémies primitives, en s'appuyant sur 5 cas terminés par la mort. Dans cette catégorie, il range les cas, manquant d’étiologie certaine, dont la porte d'entrée reste inconnue

ne la ete trouve de défenseurs: ; - ess En France, l'Huillier (thèse Paris 1857) admet 2 Fes

4 qui s'imposent comme or internes, Il créa LR alors le nom de« Pyosepticémies Poe DE Thoreseu divise ces infections en 3 groupes :

de Manitestatio ‘franchement liées à à une no Pret sure; : » PER = Z ; Re 2 Manifestations eranes survenent serbe

de la blessnre ou dans un point éloigné ; HENTAI

À : ge Manifestations sans porte d’entrée connue.

RE ” Ë En 1883, parait la thèse de Bourcy, sur « Les + ne e déterminations articulaires des maladies infectieuses, * DES % et sur le pseudo-rhumatisme infectieux. » Il étudie, | dans la seconde partie de son travail, les arthrites sal suppurées multiples, que l'on considérait généralement comme du rhumatisme articulaire avec suppuration. Il prétend, avec M. le professeur Bouchard, qu'il n’y a là rien de rhumatismal ; ce sont des mani-

De. festations locales, comparables aux arthrites des maladies infectieuses, d’une infection générale, qui n’est Fa 4 autre que la pyohémie à localisations articulaires. | C’est d’ailleurs à peu près ce que Quinquaud avait e. | avancé dès 1871, dans sa description de la maladie / arthrito-suppurative. C’est également à cette opinion que se range Lapersonne, dans sa thèse d’agrégation

sur les arthrites infectieuses.

Parmi les observations de Bourcy, il s’en trouve où il est impossible de déceler la porte d’entrée des pyogènes.

En 1891, Paulinés, dans sa thèse sur « Les Bou-

: . de *prohemie spontanée. 1 S Jin a tous de. c

tériologique, Des cas sont publics chaque jour, 4 surtout. Le. Professeur J urgeusen + rappelle l'attention sur les pyosepticémies cryptogén =. ÉeS tiques, au septième congrès international de médecine SE. et lui consacre un chapitre spécial dans la 2 édition 12 de son traité de Pathologie et de Thérapeutique. En 1891, Adolph Dennig, son premier assistant, . | publie un travail assez complet sur les infections sep ee tiques d’origine inconnue. ë Maïs, tandis qu’ en Allemagne, leur ide tend à de devenir classique, en France on ne trouve que des” matériaux épars, Sans un “travail d'ensemble. IT faut pourtant citer la thèse d'Etienne de Nancy, en 1893, où les pyosepticémies médicales sont étudiées avec soin. | |

ù fique, c’est-à-dire une maladie due à un élément mi- A crobien spécifique comme Ja tuberculose, la. fièvre typhoïde, le tétanos, etc. . Elle est provoquée, au con-

“CHAPITRE un

| Bactériologie

: ‘La Pyohémie € est re d'être une naladis spéci- ë

traire, par les différents microbes pyogènes ordinaires.

Le plus souvent c’est : par le streptocoque, qui pourra à côté déterminer, des angines, des phlegmons diffus; par le staphylocoque, qui ailleurs ne donnera lieu qu’à un abcès local, à un furoncle ; par le coli-bacille qui provoquera également une péritonite localisée, soit une appendicite, soit même uns broncho- -pneumonie, etc. et même, plus rarement, par le bacille pyocyanique. Rue

Si la pyohémie peut être causée par dés microbes variés, il n’en est pas moins vrai que ces microbes ne peuvent évoluer que si le terrain s'y prête. On voit donc qu’elle est l'importance des facteurs étiologiques diminuant la résistance de l'organisme, dans le développement des infections purulentes.

Il n’est ni de notre intention, ni de notre cadre, de décrire les germes pyogènes dans leurs formes,

ss.

leurs dimensions, leur affinité pour certaines matières colorantes, le caractère des cultures sur milieux Solides et liquides, et les conditions de température dans laquelle leur prolifération s'effectue le mieux. Toutefois, nous ferons une remarque à propos du streptocoque : on s’est demandé si le streptocoque de l'infection purulente était une variété spéciale différente de celui de l’érysipèle, ‘du phlegmon par exemple. RL On a tendance aujourd’hui à croire le contraire, quoique cela ne soit pas encore définitivement démontré. Le streptocoque des diverses infections est généralement démontré comme un germe dont le degré de virulence seul diffère, | Mais les différents microbes ne sont pas également répartis dans les infections purulentes.

= Voici quelques statistiques :

Salomonsen trouvait dans 4 foyers métastatiques 4 fois le streptocoque à l'exclusion de tous les autres micro-organismes.

Rosembach, sur 6 cas, rencontre 5 fois le strep- tocoque dans le sang et le pus; 2 fois le staphylocoque l’accompagnait ; 1 fois il n’y avait que du staphylocoque.

Besser, de Saint-Pétersbourg a examiné 23 cas. Ïl a vu ::

8 fois les staphylocoques blancs et jaunes réunis L'iois le staphylocoque et le streptocoque ensemble.

DT Becille ae LE 5e Bacille septique;

6° Un bacille IAREREnE % | + & j e | " “ 4 \ £” Le à r- é L r

Origine des microbes pyogènes

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produire l'infection purulente et leur mode d’action.

D'où viennent ces éléments pathogènes ? Ils peuvent … avoir élu domicile dans l'organisme, depuis plus ou moins longtemps, ou bien venir récemment du de. horse Les PT PNA VIT ES ME

Dans l'organisme, ds nn nombreux. c.

variés, habitent les parties en communication avec

l'air extérieur. eo |

Voies digestives. - — Vignal, le premier, a compté 17 variétés différentes des micro-organismes dans la bouche. Le streptocoque existe dans la salive de

9,0 0/0 de sujets sains,, la slaphylocoque s’y trouve moins souvent. M. Netter a trouvé le pneumocoque de Talamon-Fraeakel chez les 1/5 des sujets n'ayant

jamais eu la pneumonie et chez les 80 0/0 de ceux se ont été atteints de cette maladie. se 5 L’intestin, dit Legendre, est le paradis des microbes ; là se trouvent réunies toutes les conditions favorables à leur développement. Vignal a trouvé

plus de 20 millions de micro-organismes dans un

Nous venons d'étudier les microbes capables de

FiTe décigramme de matière intestinale. Parmi ceux-ci, le coli-bacille, le streptocoque, le staphylocoque 6ccupent la place d'honneur.

Voies respiratoires. — L'air qui pénètre dans l'arbre aérien renferme des microbes auxquels s’ajoutent ceux venant de l’arrière-bouche

Von Besser, examinant à ce point de vue les cavités nasales de 81 personnes, a trouvé dans le mucus :

14 fois le diplococcus pneumoniæ ; 14 — le staphylococcus aureus; 7 — le streptococcus pyogènes ; re — le bacille de Friedlander.

Dans le mucus du larynx, dans 5 examens :

» fois le Streptococcus pyogènes; 3 — le staphylococcus aureus.

Dans le mucus bronchique normal, dans 10 cas : 2 fois le streptococcus pyogènes ; 3 — le pneumocoque; 3 — le staphylococcus aureus; 1 — le bacille de Friedlander.

On remarque que plus on s'éloigne de l'extrémité supérieure, plus les éléments mibrobiens vont en diminuant.

Voies génitales, — Les recherches de Winter nous ont fait connaitre l’état microbien des voies génitales, Chez la femme saine, il y a deux zones distinctes : l’une aseptique : cavité utérine, trompes ;

Santelli 2

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