‹ Contribution à l'étude des Questions Coloniales de la Transportation considérée comme moyen de répression et comme force colonisatriceChapitre 16 sur 46 · RES · texte numérisé non relu

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pénal (i), les fonctions de maire et de conseillers municipaux furent confiées à des fonctionnaires. Il en résulta que l’on n'avait créé qu’un rouage administratif de plus. Une commission composée de concessionuaires d’origine arabe fut chargée de procéder à la célébration des mariages suivant la loi Musulmane, sans que, toutefois, la polygamie fût autorisée, à moins qu'il ne s’agît d'unions contractées en Afrique avant la condamnation. Malheureusement, les efforts faits pour recruter des Algériennes furent rarement couronnés de suçcès.

Il ne fut pas davantage possible d’amener, comme on l’essaya, des femmes Voloff prises au Sénégal ou des inlochinoises, et cependant, ainsi que le fait remarquer M. Léveillé dans le résumé de son travail sur la Guyane publié dans la « France coloniale », c’est dans la pratique d’un métissage savamment ordonné que se trouve la solution du problème très spécial de la constitution de la famille des transportés dans notre colonie pénitentiaire de l'Atlantique. De cette façon : « la tare « originelle n’existerait plus chez les ascendants « que d'un côté, et les enfants viendraient au « monde plus robustes et d’un acclimatement « plus facile ».

1. Article 12 de la loi du 30 mai 1854, $ 4. Argument a contrario.

M. Léveillé pense aussi que les femmes nécessaires à ces unions pourraient être recrutées parmi les indigènes, dans le haut des Amazones.

À voir la race fortement constituée que les croisements d’Indiens et de Portugais ont donnée au Brésil, on est obligé de reconnaître la justesse de cette observation.

Mais la mise en concessions des condamnés restera toujours l'exception, puisqu'elle est subordonnée à leur bonne conduite et la véritable utilisation de la main-d'œuvre pénale n’est pas là.

Or, la transportation n’a exécuté à la Guyane que peu de travaux d'utilité publique; on peut citer, cependant, le réseau de routes qui existe dans l’île de Cayenne, la conduite d’eau qui alimente la ville, la ligne télégraphique qui relie le Maroni au chef-lieu, les routes et constructions du territoire pénitentiaire, etc. Pouvait-on: faire mieux? Je ne le crois pas, au moins avec la faible population que renferme cette immense contrée, population exclusivement adonnée à une industrie dont le centre se déplace constamment, l’exploitation des alluvions aurifères sur les petits cours d’eau. Je ne suis point de ceux qui, s'appuyant sur l’exemple des Etats-Unis, pensent qu’il eût suffi

pour faire affluer les colons de leur préparer les

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voies; on ne peut, en effet, comparer la. situation économique de pays tempérés comme les Etats de la Plata, l'Australie, les Etats-Unis avec celle des régions équatoriales.

Il aurait donc fallu résoudre avant tout la question capitale de l'immigration pour donner aux travaux à entreprendre le caractère d’utilité qui pouvait seul justifier Les dépenses qui en seraient résultées. Ce n’est que par une entente de tous les pouvoirs publics et au moyen de sacrifices consentis par la colonie et, au besoin, par la métropole, qu’on aurait pu arriver à un recrutement judicieux d'hommes susceptibles. de s’acclimater à la Guyane. Je ne vois que deux pays assez peuplés pour fournir à celles de nos colonies de la zône torride qui se meurent faute de. bras, les immigrants qui leur sont indispensables, ce sont l'Inde et la Chine. Le premier nous étant fermé, ou à peu près, par l'Angleterre qui ne se fait pas faute d'y puiser pour elle (la Guyane Anglaise doit sa prospérité à la main d'œuvre des Hindous),le second nous est seul ouvert, mais. je suis convaincu que les coolies chinois pourraient rendre à nos vieilles colonies leur ancienne prospérité. N'est-ce pas à eux que la « North-Bornéo- Campany » doit le succès de son entreprise de

colonisation? N'est-ce pas à eux qu'ont eu recours,

ou à la suite de l’affranchissement, les Antilles Espagnoles, en 1880, et le Brésil, en 1888 ?

La transportation et l’immigration sont deux forces colonisatrices qui doivent se combiner à la Guyane comme dans toutes nos possessions peu habitées, sans quoi la première sera toujours condamnée à la stérilité. IL faudrait même que leur direction fût placée dans les mêmes mains pour qu’elles ne soient pas sépaïées dans l’exécution et pour que l’immigrant ne soit jamais traité plus défavorablement que le condamné.

Depuis 1887, l'envoi des Européens à la Guyane a été repris; on place encore quelques forçats en concessions au Maroni et, pour utiliser les autres, le plus grand nombre, l'Administration se livre à des exploitations forestières et agricoles qui rapportent peu.

Toutefois, il y a lieu d'espérer qu'avec la nouvelle réglementation qui régit aujourd'hui la transportation, l’on obtiendra de meilleurs résultats. Mais avant d'étudier cette réglementation qui paraît marquer un réel progrès, je dois exposer -succinctement les diverses phases par lesquelles a passé la colonisation de la Nouvelle Calédonie.

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