Décret du 30 mai 1860, modifié par celui du 24 mars
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fertile de la Guyane Française et elle est bornée à l'Ouest par le fleuve du même nom qui sépare nos possessions de celles de la Hotlande, ce qui devait singulièrement faciliter les évasions. Il est vrai que le traité conclu le 3 août 1860 avec les Pays-Bas remédie en partie à ce dernieer inconvénient, car il contient des clauses particulières pour l’extradition des condamnés évadés de nos pénitenciers coloniaux et j'ajoute que fort souvent ils sont rendus d’une rive du Maroni à l’autre sans aucune formalité, ce qui n'est pas très régulier (1).
D'importants défrichements eurent lieu, de nombreux condamnés furent mis en concession et des secours de toute nature (vivres, animaux, outils, argent, bras) leur furent accordés. Des concours agricoles furent organisés pour les encourager. La canne à sucre fut surtout, après quelques tâtonnements, plantée en grande quantité. Pour assurer aux nouveaux colons des débouchés pour leurs productions, l’État se ñt manufacturier, une usine à sucre fut construite à Saint-Maurice, puis, continuant dans la même
LS L 1. A citer un décret du 22 septembre 189; qui a organisé dans la colonie pénitentiaire de la Guyane une surveillance spésiale à la
sortie des navires en vue d'empêcher les évasions des transportés.
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voie, l'État se fit commerçant pour placer ses: produits. C'était une adaptation, en petit, du sys-: tème des cultures de Van den Bosch pratiqué
dans les Indes néerlandaises et qui, comme l’on, sait, n’a pu subsister qu’autant que les productions des îles de la Sonde n'ont pas été concurrencées sut les marchés de l’Europe.
Partant de c2tte idée, d’ailleurs très juste, que la colonisation doit être basée sur la famille, on pensa que le mariage devait être facilité aux concessionnaires, et le décret du 24 mars 1866 vint. modifier en leur faveur les dispositions du Code civil, tandis que des femmes étaient recrutées dans les maisons centrales pour devenir leurs épouses.
Sous cette impulsion énergique, le Maroni connut un moment de quasi-prospérité, mais il fut de coutte durée, et dès que l'Administration cessa, son appui matériel, l'on:vit bien que ce smblant de succès n’était que le résultat éphémère de l’action gouvernementale qui ne saurait jamais se substituer à l'initiative privée seule capable. d’engendrer une œuvre féconde et durable.
Les concessionnaires, de race européenne, qui n'avaient pas toujours été judicieusement choisis, épuisés d’ailleurs par an climat débilitant auquel le travailleur blanc ne saurait résister, furent bien-
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tôt décimés par les fièvres et les épidémies, leurs compagnes n’eurent pas un sort plus. heureux. Quant aux enfants issus de ces unions, qui apportaient en naissant les germes morbides, fruits des hérédités paternelle et maternelle, ils n’atteignirent que rarement l’âge adulte. Le D' Orgéas dans son très conscencieux ouvrage « La colonisation de la Guyane par la transportation » que j'ai eu occasion de citer plusieurs fois au cours de ce travail, fait un tableau navrant de l’état de dégénérescence, de rachitisme, de ces petits malheu- Teux.
Cet essai de colonisation exclusivement pénitentiaire n'ayant pas réussi, le gouvernement cessa les envois de transportés européens à la Guyane qui ne reçut plus que des condamnés arabes et de races de couleur. :
On se livra à de nouvelles tentatives avec ces éléments. Le territoire pénitentiaire du Maroni fut même érigé en commune, par le décret du r6 mars 1880. On espérait donner ainsi à l’agglomération des concessionnaires une existence propre et les intéresser, par l'obtention des franchises municipales, à la prospérité de la région. Mais, dans l'impossibilité de relever les condamnés ‘et libérés des incapacités de la dégradation civique comprises dans les K r et 2 de l’article 34 du Code