DURE
le travail forcé ensuite, formaient autant d'étapes successives, d'épreuves salutaires, avant la libération anticipée et à deux degrés qui était seule appliquée dans la colonie. L'Australie ne recevait donc que desindividus mûrs pour la colonisation. . Ce système était admirablement agencé et semblait appelé à donner d'excellents résultats. Malheureusement, les protestations incessantes et de plus en plus violentes des Australiens contre la transportation, même ainsi réorganisée, ne permirent pas à la réforme de porter tous ses fruits. Les bills de 1853, 1857 et 1864, restreignirent de plus en plus les envois de convicts, enfin, en 1868, le dernier convoi quitta l'Angleterre.
En résumé, si l’on doit admettre que les sacrifices financiers de la métropole et l’action gouvernementale caractérisée par la persévérance et l’unité de vue, ont été pour beaucoup dans le succès des Anglais en Australie, il faut aussi remarquer que les avantages naturels du pays si favorable à l’expansion de la race européenne, ont fait plus encore pour la prospérité de ce continent.
Faut-il en conclure que l’utilisation de la main d'œuvre pénale est impossible dans d’autres con- ditions, que, par exemple, elle ne saurait être employée dans la zône équatoriale ? Ce serait se
— bien
montrer trop exclusif ; la vérité, c’est que les moyens doivent varier suivant les milieux, les ressources et les besoins.
Ceci me conduirait à examiner les procédés que la France a mis en application dans ses colonies de la Guyane et de la Nouvelle-Calédonie, mais il me paraît indispensable d’étudier auparavant la valeur de certaines critiques qui ont été dirigées contre le principe de la transportation, critiques qui ont paru assez fondées au congrès international pénitentiaire de Stockolm (1878) pour adopter la résolution suivante sur la proposition de M. Baltrani- Scalia, délégué de l'Italie : « La peine de la « transportation présente des difficultés qui ne « permettent pas de l’adopter dans tous les pays « ni d'espérer qu'elle y réalise toutes les condi- « tions d’une bonne justice. »