‹ Contribution à l'étude des rapports de la simulation de la folie et de la dégénérescenceChapitre 17 sur 40 · V... Honorine, 18 ans, fille d’un père alcoolique · texte numérisé non relu

V... Honorine, 18 ans, fille d’un père alcoolique

D'une intelligence rudimentaire, elle n’a jamais pu apprendre à lire ni à écrire. Elle a toujours vagabondé et ne s’est jamais livré à aucun travail régulier, Elle a essayé de travailler soit à la cam-— pagne soit dans diverses industries, mais ces essais n’ont jamais duré que quelques jours.

Au cours de ses pérégrinations V... devient mère, à 17 ans. Sa misère n’en fait qu'augmenter. Elle entre alors dans un hospice où elle est mise en observation, puis est transférée à Maréville. Son placement avait été nécessité par des crises d’épilepsie survenues dans les rues, et suivies d’une grande agitation au cours de laquelle elle brisait tout, se roulait par terre et poussait des cris effrayants.

V... est d’une petite taille et présente de nombreux signes physiques de dégénérescence. Ses dents sont mal implantées, le palais

est profond, ogival. Front petit, fuyant, crâne étroit, diamètre antéro-postérieur très court, face asymétique, prognathisme. Oreilles mal ourlées.

Sens moral rudimentaire, idées puériles de satisfaction personnelle. Elle est quelque temps sans avoir aucune crise, puis un beau jour se met à tomber au moment de la visite. Depuis ce moment, elle ne manquait pas de tomber tous les jours et à ce moment seulement. Puis elle recommença de temps en temps soit pour attirer l'attention sur elle, soit pour obtenir quelque chose ou se faire dispenser de quelque ouvrage. Elle finit par avouer que con épilepsie était entièrement simulée, et qu’elle avait fait cela pour se faire placer, car elle ne pouvait plus subvenir à ses besoins. Elle simule même des crises quand on le lui demande, et continue encore longtemps quand elle veuf détourner l'attention d'une surveillante ou simplement pour se faire remarquer. Actuellement, elle désire sa sortie et n’est plus tombée depuis un an.

Malgré cette simulation reconnue ella reste à l'asile. Son état voisin de l’imbécillité, et ses mauvais instincts, justifient large. ment son placement. Elle est souvent grossière, ordurière même, porte des accusations mensongères contre toutes les personnes qui l'entourent, cherche des querslles continuelles et n’a aucun sens moral.

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