‹ Contribution à l'étude des rapports de la simulation de la folie et de la dégénérescenceChapitre 8 sur 40 · CHAPITRE NI · texte numérisé non relu

CHAPITRE NI

Simulation à deux.

L'étude de lafolie à deux a montré que si l'influence d’un sujet sur l’autre, limitation ou la contagion étaient des facteurs relativement négligeables dans son étiologie, il en était un autre dont le rôle était nécessaire et indispensable, c’est la prédisposition résultant d’une tare héréditaire aidée d’une cause déterminante quelconque.

Le docteur Pain (1) a fait voir, dans sa thèse inaugurale, que les cas de folie chez le frère et la sœur ou chez deux sœurs cohabitant, ne sont pas toujours des cas de folie à deux dans le sens qu’on attache à ce mot, c’est-à-dire de folie par influence d’un sujet sur l’autre, par contagion ou imitation. Il a prouvé que ces cas devaient être souvent Île résultat de coïncidences, de la mise en jeu, par exemple, de prédispositions de même nature sous l’influence de circonstances identiques.

(4) Paix. — Contribution à l’étude de la folie héréditaire. Folies concomitantes (Thèse de Nancy, 189%,.

Dans les cas qu'il a exposés, la folie a été le résultat, chez plusieurs individus, d’une même organisation congénitale défectueuse, sans que souvent il y ait eu contact ou possibilité d'influence.

Ainsi, deux sœurs et un frère sont aliénés en même temps, et présentent tous trois les mémes troubles délirants, les deux sœurs vivaient ensemble, mais le frère était éloigné d’elles et ne correspondait plus avec elles depuis vingt ans. Il habitait Paris, ses sœurs un département lorrain. Voilà, évidemment, un cas de folie à trois sans contagion, sans influence, mais bien par dégénérescence.

La constatation d’états mentaux analogues, anormaux ou simulés chez deux individus issus d’une mème souche, comme frère et sœur, mais vivant éloignés l’un de l’autre, permettrait de songer à de l’hérédité, en l’absence de tout autre signe, qu’il s'agisse de simulation ou de troubles réels. Comment admettre une autre explication, quand, entre deux sujets de même origine simulant les mêmes troubles, il n’y a eu ni contact, ni pression réciproque.

C’est la conclusion que nous avons tirée de l’étude de deux rapports médico-légaux sur deux simulateurs criminels (rapports obligeamment offerts par M. Paris).

Ce cas est probablement unique et, jusqu'à présent, malgré nos recherches, nous n’en avons pas trouvé d’analogue. C’est une observation de simulation homologue chez le frère et la sœur, simultanée, sans cohabitation, sans entente préalable et en présence des mêmes circonstances. Nous avons résumé ici ces rapports qui font ressortir la parenté de la dégénérescence et de la simulation.

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