‹ Contribution à l'étude des rapports de la tuberculose et de la syphilis héréditaireChapitre 13 sur 28 · RE · texte numérisé non relu

RE

chose et que, ce quelque chose disparu. ce qui restait se mettait à évoluer d’une façon toute spéciale, avec un aspect particulier, que nous n'avions pas encore vu jusqu'ici.

Les lésions au début étaient dures, d’un rouge cuivré, violacé. Après le traitement, l'aspect dur, rouge cuivré, violacé disparaît d’une part; d'autre part, les tubercules prennent une coloration sucre d'orge demi-transparente ; entre les doigts, ils ont une consistance gélatiniforme, le scarificateur qu'on y enfonce pénètre comme dans de la gelée. Au milieu de ces tubercules, on peut constater des corpuscules de milium et de grutum.

En un mot, l'affection était complètement transformée en des lésions complètement identiques à celles des gros tubercules lupeux. Sous cet aspect, l'éruption rappelait tout à fait le lupus myxomateux hypertrophique, tel que je l'ai décrit en 1888 au Congrès de la tuberculose.

J'instituai donc le traitement du lupus d’après la méthode ordinaire. J'obtiens ainsi une cicatrisation parfaite. Malheureusement deux mois après, des petits nodules lupeux de récidive se montrèrent dans la cicatrice, et actuellement un grand nombre de itubercules saillants mamelonnés se sont reproduits. |

liecherches histologiques et bactériologiques A

a) Avant l'action du traitement syphililique. — Une première biopsie a éte pratiquée en août 1890, pendant | installation du traitement anti-syphilitique, avant que les tubercules se fussent réduits sous l'influence du traitement.

Ce qui frappe tout d'abord, lorsqu'on examine une coupe colorée au picro-carmin à un grossissement faible ou moyen, c'est que la coupe présente des lésions histologiques, rappe- Jant à la fois celles de la variété atypique du lupus vulgaire que j'ai décrite sous le nom de lupus myxomateux, et celles” de l'infiltration plus ou moins diffuse de la peau par un granulome, un sypilome en particulier.

Il serait difficile devant les coupes, de dire si l’on se trouve en présence d'un lupus ou d’une gomme syphilitique, Cependant, l'existence en quelques points de cellules géantes isolées où groupées, enfin et surtout, la présence de bacilles tuberculeux au centre et au voisinage immédiat de ces

Res

cellules géantes, permettent d'affirmer que, en ce qui concerne certains îlots tout au moins, le tissu pathologique est de nature scrofulo-tuberculeuse. D'autre part, la présence -d’artérioles à parois épaisses, sclérosées, en quelques points du derme et de l’hypoderme, constitue un caractère histologique qui s'observe plutôt dans la syphilis que dans la scrofulo-tuberculose. Fait majeur, une inoculation pratiquée à cette époque a été négative.

L'inoculation ayant été faite et, d'autre part, la présence de bacilles tuberculeux, très rares d'aillèeurs, permettant d'affirmer qu’une partie du néoplasme était de nature scrofulo-tuberculeuse, on pourrait peut-être émettre cette hypothèse que, si l'inoculation a été négative, c'est qu’on a inoculé une parcelle du néoplasme ressortissant, non pas à la scrofulo-tuberculose, mais à la syphilis.

b) Après l’action du traitement antisyphililique. me examen histologique pratiqué alors en employant la même technique que précédemment, permet de constater un changement d'aspect assez notable dans la structure du néoplasme. Celuiei se trouve constitué par des îlots de cellules embryonnaires, renfermant ou non à leur centre une ou plusieurs cellules géantes, et présentant tous les caractères du tissu lupeux.

Çà et la, on trouve quelques rares bacilles de la tuberculose au niveau ou dans le voisinage de ces cellules géantes; mais, en outre, l'attention est immédiatement attirée par ce fait, que les îlots de tissu lupeux sont en quelque sorte englobés comme dans un réseau, par un tissu fibreux de sclérose, disposé en bandes plus où moins larges. La disposition de ce tissu fibreux ne rappelle guère celle que l’on observe dans le lupus scléreux ou dans le lupus sclérosé. Ce n'est pas, en effet, sous forme de bandes fibreuses pénétrant le nodule, que se trouve disposé le tissu fibreux, mais sous forme d’alvéoles entourant et englobant les cellules embryonnaires, et rappelant la structure alvéolaire de certains carcinomes. Cependant, en quelques endroits, il part de ces branches fibreuses des tractus plus minces, venant à leur tour pénétrer dans le tissu lupeux, qu'ils dissolvent plus ou moins. En ces points, et le fait est surtout remarquable sur les préparations colorées à l'acide osmique, le tissu fibreux se présente parfois sous l'aspect d’aigrettes ou

EDS

de réseaux tenus, entre les mailles desquels se trouvent les cellules embryonnaires du lupome; les aigrettes du lupome rappellent les centres de cristallisation, en houppe, envahissant peu à peu une masse liquide, qui serait constituée par les éléments du lupome. A un fort grossissement, on constate en outre, par place, que le réticulum fibreux, devenu plus délicat, englobe même les cellules embryonnaires prises individuellement. Ce mélange de tissu fibreux et de tissu lupomateux est également très net et très remarquable, dans la préparation colorée par la méthode d'Ehrlieh.

Un petit morceau de l’un de ces tubercules est inoculé à un cobaye, ce cobaye est devenu manifestement tuberculeux au bout de six semaines ; les viscères tuberculeux de ce cobaye, inoculés à un autre cobaye, ont été lé point de départ d’une tuberculose par inoculation.

Longin, qui rapporte cette observation de Leloir, dans sa thèse, y ajoute six autres observations d’hybrides cutanées, l’une due à Lefèvre et les cinq autres personnelles. De celles-ci, nous ne publierons pas celles qui ont trait à des syphilis acquises, qui d’ailleurs sont calquées sur les deux autres, qui ont trait à des syphilis héréditaires et que nous résumerons ci-dessous.

Page 1