‹ Contribution à l'étude des rapports de la tuberculose et de la syphilis héréditaireChapitre 4 sur 28 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La syphilis et la tuberculose sont deux maladies bien différentes. Sans parler des agents pathogènes qui les caractérisent, le tréponème d'une part et le bacille de Koch de l'autre, qui n’ont entre eux aucun point de ressemblance, il existe, au point de vue évolutif, toute une série de caractères qui les distinguent.

Tout d'abord la porte d’entrée de l'infection. Dans la syphilis elle est bien nette; c’est l'accident primaire, le chancre, qui peut être plus ou moins difficile à découvrir, mais qui existe toujours. Dans la tuberculose, on a bien signalé, dans beaucoup de cas, la présence d’un chancre d'inoculation au niveau du poumon, maïs ce n'est là qu'un des modes d'’invasion de l'organisme par le bacille de Koch, même dans cet organe; et quand] la tuberculose entre par une autre voie (pharyngée, intes-

‘ tinale ou autre), on ne retrouve pas de chancre d'inoculation. de

Une fois cette première infection produite, la syphilis

et la tuberculose vont encore évoluer différemment. Dans la tuberculose, on connaît l'importance des réinfections. Dans la syphilis, celles-ci, si on en a signalé, sont rares; il semble plutôt qu'il s'agisse d’une nouvelle infection. à la suite d’une première guérison, et encore les faits de cet ordre sont-ils peu nombreux et contestés.

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Le plus souvent, la syphilis confère l’immunité visà-vis d’une nouvelle infection par le tréponème. Il n'en est pas de même de la première atteinte de tuberculose qui, même guérie, laisse, comme nous l'avons dit, la voie ouverte à une nouvelle infection.

Enfin, au point de vue de leur transmission, syphilis et tuberculose sont encore bien dissemblables. L'hérédité de cette dernière n'existe pas, -ou à peine. On sait au contraire que des parents syphilitiques peuvent transmettre à leurs enfants le tréponème, ou, à son défaut, un certain état humoral, qui constitue un terrain favorable à la germination d’autres infections.

Si dissemblables qu'elles soient, syphilis et tuberculose ont cependant des points communs. D'abord l’une et l’autre ont le plus souvent une évolution chronique. De plus, elles donnent lieu l’une et l’autre à des lésions anatomiques et à des syndromes cliniques souvent très semblables.

Au point de vue anatomique, la lésion fondamentale est d'un côté, la gomme, de l’autre, le tubercule. Qui ne sait combien ces deux formations sont comparables? Dans les deux, il y a du caséum au centre, des cellules embryonnaires et des cellules géantes à la périphérie. Il y a bien des nuances : la syphilis a moins de cellules géantes, la gomme est plus énucléable, mais entre les cas typiques que de cas douteux!

Gomme et tubercule peuvent également s’entourer de sclérose et ici encore, c’est sur des nuances que repose le diagnostic: présence d'’artérite oblitérante dans la syphilis et plus grande intensité de la sclérose dans cette même maladie.

En réalité, le véritable critérium n'est fourni que par la présence du tréponème d'une part, ou du bacille de Koch de l’autre. é

Enfin, au point de vue clinique, nous savons combien, lésions syphilitiques et lésions tuberculeuses peuvent se ressembler. Cela est vrai, non seulement des lésions cutanées, de diagnostic souvent délicat; mais encore

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pour les lésions profondes. Qui ne sait combien d’ostéites, de pneumopathies, de méningites, etc., simulant la tuberculose, existent, qui sont dues à la syphilis ? Et ici, c'est l’action du traitement spécifique qui dide au diagnostic. |

Car on peut conclure de là que, malgré tout ce qui

sépare la syphilis de la tuberculose, ces deux affections sont dans beaucoup de cas difficiles à différencier l'une de l'autre.

. Ce qui vient encore compliquer la question, c'est que syphilis et tuberculose, étant deux affections très communes. l’une’ et l’autre coexistent souvent sur le même individu.

Etudier ce qui se passe quand cette: coexistence se rencontre, tel sera le sujet de notre thèse.

Cependant, . nous nous sommes limité à l'étude de cette question dans la syphilis héréditaire. Aussi avonsnous éliminé toute une partie de la question : l’évolution de la syphilis qui survient chez les tuberculeux. Dans les cas que nous étudions, la syphilis préexiste toujours à la tuberculose, puisqu'elle est héréditaire.

Il nous paraît nécessaire aussi, de faire remarquer que nous ne nous occuperons pas de la tuberculose simulant la syphilis, ni des formes de la syphilis simulant la tuberculose. Nous en avons parlé plus haut et nous n’en méconnaissons pas le haut intérêt clinique. Elles sont seulement en dehors de notre thèse; et, si nous en rapportons quelques cas dans nos observations, c'est seulement à titre de points de comparaison.

Ainsi définie, l'étude qui va nous occuper comporte différentes questions. La première, et la seule, qui ait longtemps préoccupé les médecins, est de déterminer jusqu'à quel point l’existence d’une hérédité syphili- : tique favorise le développement de la tuberculose; question toute étiologique et qui ne peut être résolue que par la recherche attentive de la syphilis héréditaire, dans. les antécédents de nos petits tuberculeux.

Mais ensuite, et quel que soit d'ailleurs le résultat de

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cette première enquête, nous devrons nous demander si la tuberculose, chez cet hérédo-syphilitique, ne prendra pas une allure spéciale. Si on étudie tous les cas, où se rencontre cette association de la syphilis et de Ja tuberculose, on voit qu'ils peuvent se ranger en deux catégories bien différentes. Dans la première, la syphilis‘n'entre en jeu que comme un terrain, pius ou, moins indifférent, sur lequel va évoluer la tuberculose, et nous aurons à étudier si, dans ces conditions, celle-ci n'évoluera pas d’une façon spéciale. Dans d’autres cas, plus rares d’ailleurs, il semble qu’il y ait association plus infime des deux diathèses, et même parfois des deux ordres de lésions. Dans ces cas, l'allure clinique et les lésions anatomo-pathologiques sont assez spéciales.

Enfin, de ces considérations étiologiques, cliniques et anatomo-pathologiques, nous devrons tirer les conséquences thérapeutiques qui, seules, légitimeront notre étude.

Nous placerons à la fin de notée thèse les observations, au nombre de 41, que nous avons pu recueillir, en un an, de tuberculoses chez des hérédo-syphilitiques. Celles-ci sont en partie résumées, et nous n'avons conservé que les CARRE nécessaires au sujet nu nous intéresse . : Ro De

Tel sera le plan de notre travail qui Cons prete ainsi

cinq chapitres. el es RE EE Me

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