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tuméfaction lisse, rénitente, douloureuse, allant de la région épisgastrique à l’hypocondre droit, débordant les fausses côtes de trois travers de doigt. Pouls à 105; température 37°5; pas de frisson, pas d’ictère. La langue est suburrale; on ordonne un léger purgatif.
Le 10 et le 11, l’état reste stationnaire. La température monte à 38°.
Le 12 se produit une véritable débâcle intestinale : une vingtaine de garde-robes très abondantes, liquides et bilieuses.
Cette débâcle n’amène cependant aucun soulagement.
La tuméfaction est beaucoup plus étendue, elle des-
cend jusque dans la fosse iliaque et remplit presque toute la moitié droite de l’abdomen. Le ventre est un peu ballonné et douloureux. Pas de vomissements, pas de nausées, pas d’ictères.
Le 13 février, l’état reste stationnaire pendant deux jours. Les douleurs ont toujours la même acuité. La tuméfaction n’a point diminué d’étendue. Elle est résistante partout, mais ne HRSSORIE point trace de fluc- {uation.
Le 15 février, l'abdomen est plus souple et moins douloureux à la palpation. Il y a un peu d’œdème souscutané dans la région lombaire et dans le flanc droit. La tuméfaction s’est limitée. La fosse iliaque est libre et facile à explorer.
Pendant huit jours, cet état subit peu de modifications, sauf l’apparition d’un ictère léger, avec urine biliphéique.
Le 23, le pouls devient plus rapide (125), le facies se grippe, l’asthénie est assez marquée. Cependant, l'abdomen est moins sensible, moins douloureux. L’œdème sous-cutané s’accentue; il s’étend sur la moitié droite de l’abdomen et remonte jusqu’au sein droit. La palpation permet de constater l’existence d’une tuméfaction non fluctuante limitée en dedans et en bas par
une ligne allant du bord externe du grand droit au milieu de la crète iliaque. |
Le 25, la malade commence à tousser et se plaint d’un point de côté sous le sein droit.
La percussion montre qu’il existe une Zone de matité assez notable à la base du poumon droit. A l’auscultation, on constate un souffle voilé et de l’égophonie dans la région correspondant à la matité, signe évident d’un épanchement pleurétique.
Le 26. La teinte subictérique persiste; le point de côté existe toujours. La toux est quinteuse, sèche, fréquente. Le niveau de la matité, du souffle et de l’égophonie monte vers l’angle inférieur de l’omoplate. Des traces d’ædème apparaissent dans la région postérieure du thorax. Des pétéchies, en petit nombre, se montrent sur la partie inférieure de l’abdomen et sur la partie supérieure des cuisses. Dans l'après-midi, une douleur aiguë exacerbante se fait sentir brusquement dans le genou gauche. L’articulation se gonfle et devient chaude, douloureuse au toucher. Ces phénomènes aigus durent deux jours, puis s’apaisent et disparaissent graduellement en huit jours.
Les douleurs s’atténuent notablement dans l’hypocondre. Cependant, les forces de la malade diminuent. Les pétéchies deviennent confluentes et se généralisent. La plupart offrent ce caractère singulier de se déprimer en cupule.
Les phénomènes pleuraux $’accentuent, le souffle, l’'égophonie et la matité ont envahi la fosse sous-ÉpIneuse.
Le 4 mars, M. Vouters pratique deux ponctions exploratrices à trois travers de doigts au-dessous du niveau supérieur de la matité et ne ramène que du sang. Une troisième ponction pratiquée plus bas dans le neuvième espace intercostal donne du pus franchement coloré par la bile.
L'examen bactériologique pratiqué le jour même
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montre que ce pus ne contenait que des. staphylocoques, mais en quantité innombrable.
Le 5 mars, M. le professeur Dubar, appelé par le docteur Vouters auprès de ia malade, pratiquait une large ouverture de la plèvre et donnait issue à deux litres de pus mêlé à une grande quantité de bile. Pas d’hydatides. ;
L’exploration digitale du foyer permit de constater que l’abcès s’étant formé à la convexité du foie, avait perforé le diaphragme pour s’épancher dans la plèvre droite. à
Un gros drain est placé à demeure dans le foyer : purulent, et tous les jours on pratique des lavages à l’eau boriquée. |
L'intervention amena la sédation de la douleur et la disparition du point de côté, Mais quelques symptômes un peu alarmants apparurent du côté du poumon. Polypnée, toux incessante, expectoration muqueuse considérable, accompagnée parfois de vomissements biliaires, sueurs abondantes. A l’auscultation, ‘on perçoit des ràles muqueux disséminés dans toute la poitrine. Le souffle du côté droit et la matité ne disparaissent que très lentement. Peu à peu, ces symptômes s’amendèrent. À partir du 16 mars, il ne se manifeste que quelques élévations de température inférieures à 38°. Les sueurs et la toux disparaissent. A lauscultation, on ne perçoit que quelques râles sonores dans la poitrine. Plus de râles muqueux. Le murmure vésiculaire et la sonorité existent, normaux partout.
Le foyer se rétrécit avec rapidité et donne très peu de suppuration. C’est à peine si l’on peut introduire 50 grammes de liquide dans sa cavité.
Le 25 mars, le tube tombe dans le pansement et ne peut plus être remis en place. La malade a, d’ailleurs, repris des forces. Elle se lève et fait une convalescence rapide. é
Les Abcès de la base du poumon
Les abcès de la base du poumon consécutifs à un abcès hépatique amibien sont fort rares. Nattan- Larrier, puis Rist et Ameuille, Simonin, Achard et Foix, Rist et Roger en ont cité quelques exemples qui viennent d’être rapportés dans une clinique du professeur Achard. |
Leur symptomatologie est en général très fruste. Le plus souvent, ils se présentent comme une affection pleuro-pulmonaire banale de la base droite. Tous les signes de réaction de la base que nous avons décrits précédemment, râles muqueux, submatité ou silence respiratoire, et dans un stade plus accusé pseudo-pleurésie, congestion pulmonaire ou même pleurésie réactionnelle séro-fibrineuse ou puriforme peuvent masquer un abcès du poumon dysentérique. En pareil cas, on pense, le plus souvent, à un abcès du foie à type thoracique avec réaction pulmonaire secondaire. Ce n’est guère que la radioscopie qui pourrait permettre de préciser un pareil diagnostic.
Une fois ouverts dans les bronches, la symptomatologie de ces abcès est banale. Il s’agit d’une caverne pulmonaire suppurante. Donc, hémoptysies peu abondantes, expectoration purulente nummulaire ou prenant peu à peu le caractère bronchique (Besançon et de Jong) font penser à une pleurésie enkystée se vidant par vomiques, à une caverne tuberculeuse, mais surtout étant donné le siège de
nd
At l’abcès, à une dilatation des bronches. Et ceci d’autant plus, qu'aux signes cavitaires constatés: souf- Île, pectoriloquie, râles humides, se surajoutent des symptômes pleuraux pouvant aller jusqu’à la symphyse pleurale. L'état du foie, qui est augmenté de volume et douloureux, la notion d’une diarrhée, persistante, la constatation enfin d’amibes dans les selles fixeront un diagnostic hésitant:
Nous rapporterons tout d’abord l'observation si typique de Rist, Ameuille et Mile de Pfeffel: