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C'était donc, selon toute apparence, un foie plutôt petit.
À ce point de vue donc, nous ne trouvions rien qui corroborât l'hypothèse d’abcès amibien ou de dysentcerie, et notre diagnostic restait en suspens. L'examen du sang, qui décelait une polynucléose de 95 0/0 ct une éosinophilie de 3 0/0, ne nous apportait aucune lumière. La recherche des anticorps:hydatiques dars le sérum fut malheureusement retardée par suite de circonstances indépendantes de notre volonte. Lorsque le résultat négatif nous en parvint, l’état du malade s'était beaucoup aggravé. La fièvre, nulle au début, s'était allumée et avait pris un caractère irrégulier à grandes oscillations; la toux était devenue incessante, l’expectoration de plus en plus abondante; la dyspnée et la douleur thoracique avait notablement Users la zône de matité s’était accrue.
Le 15 mai, nous priâmes M. Hartmann d’opérer
d'urgence notre malade. Il fit, sous chloroforme, une incision dans un espace intercostal au niveau du foyer, trouva les deux feulllets pleuraux symphysés, tomba sur un vaste foyer purulent, d’où s’échappa un litre au moins de liquide épais, grisâtre, d’odeur fade, et mit un drain. Le malade mourut le lendemain, 16 mai. - L’autopsie fut pratiquée le 17 mai. En voici le procès-verbal : l'intestin grêle et le gros intestin ne pr*sentent pas de lésion extérieurement apparente; mais les ganglions de l’angle iléo-caecal sont volumineux, sans que l’appendice soit extérieurement altérée. Sur la coupe, ces ganglions sont d’un rouge lie de vin.
La cavité pleurale gauche est libre d’adhérences dans toute son étendue, sauf au niveau. du bord postérieur du lobe inférieur. Le poumon, de ce côté, presente à la base de légères lésions de broncho-pneumonie banale. À
Du côté opposé, le poumon est libre d’adhérences en avant. En arrière, au ‘contraire, existe, de la base au
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sommet, une symphyse pleurale totale, et c’est seulement par décollement extrapleural qu’on arrive à séparer le poumon de la paroï, en dégageant, à la partie postéro-inférieure dans le 8° espace intercostal, l’orifice créé par l’incision de M. Hartmann. La basé des poumons est solidement adhérente au diaphragme et ne peut pas en être plus séparée que la conxevité du foie, de sorte qu’on est forcé d’enlever foie, diaphragme et poumon d’un seul tenant. Une grande coupe sagittale nous montre alors l’aspect que l'on peut voir sur les pièces que nous présentons. Cavité de la base
du poumon, grosse comme une tête d’enfant, limitée à la partie potérieure et inférieure seulement par ia
coque pleurale, et dans la partie supérieure par du parenchyme pulmonaire condensé, comme hépatisé, mais de teinte grise. La cavité même est infractueuse, tapissée de débris friables, de polypes et villosités formés de tissu nécrotique. Le pus qu’elle renferme est blanc, inodore et mal lié. Elle communique, par sa partie inférieure, au travers du diaphragme, par un orifice grand comme une pièce de 2 francs, avec un abcès du foie, gros comme une mandarine, situé dans le lobe droit, au contact du diaphragme. La paroi de cet abcès, outre les détritus qui en constituent la face interne, est formée d’une épaisse bande scléreuse, gris rosé, qui semble montrer que l’abcès est ancien et que le foie a eu lemps de réagir longuement contre son extension. On trouve, à peu de distance de cet abcès principal, sur la gauche, un autre abcès, gros comme une noisette, qui paraît plus récent.
Il s’agit donc d’un abcès du foie, paraissant ancien communiquant avec un abcès du poumon plus. volumineux et moins limité, et, bien que l'apparence extérieure de l'intestin semble normale, l’ouverture en est pratiquée. L'intestin grêle présente une surface interne normale ; quant au gros intestin, il est profondément lésé, au moins dans ses parties initiales. Le