A MES MAITRES DANS LES HOPITAUX
MM. Les Proresseurs: GILBERT, ACHARD, DELBET
MM. Les DocTEuURs: POTHERAT, ROBINEAU, APERT, RUDAUX.
Introduction
Les symptômes qui traduisent l'atteinte du parenchyme hépatique au cours des processus infectieux ou toxiques peuvent être évidents. Il s’agit alors le plus souvent d’ictère plus ou moins intense, accompagné de rétention d’acides biliaires et qui,
dans les cas graves, peut $’accompagner d’hemorragies et de troubles nerveux.
Dans d’autres conditions la lésion hépatique est moins évidente; seul un examen attentif permet de déceler ces rétentions biliaires latentes que les travaux de M. Brulé ont tant contribué à mettre au point. Il s’agit parfois de subictère, de ces ictères acholuriques décrits autrefois par M. Gilbert et dont la caractéristique est la présence d’urobiline dans les urines. L’examen dans ce cas doit toujours être complété par la recherche des acides biliaires dans l’urine, selon la technique de MM. Brulé et ‘Garban. L’atteinte hépatique peut enfin être si minime que seule l’'hémoclasie digestive de Widal, Abrami et Iancovesco met en évidence le trouble
de la fonction protéopexique. | Mais, à côté de ces réactions d'ordre général au cours des affections hépatiques, apparaissent des réactions d’ordre local, Celles-ci sont d’autant plus intéressantes que souvent elles sont prédominantes dans des cas où manquent les symptômes d’insuffisance hépatique, et par là même sont les seules
susceptibies d’orienter le diagnostic. Nous ne prendrons ici comme exemple que la colique vésiculaire de Gilbert et Parturier, dans laquelle la douleur au point vésiculaire est à peu près le seul signe, et l’abcès amibien, au cours duquel même les plus minimes symptômes d’insuffisance hépatique comme l’hémoclasie digestive peuvent manquer (Widal, Abrami et Hutinel).
Cette absence de signe d'insuffisance hépatique au cours d’un certain nombre d’affections du foie nous montre donc quelle est l’importance des signes locaux. Parmi ceux-ci, l'augmentation du volume de la glande, les douleurs au point vésiculaire, les douleurs irradiées et la névralgie phrénique, une douleur vive au niveau du foie ont été trop bien précisées par les classiques pour que nous pensions à y insister à nouveau. Fe
Par contre, il nous a semblé que l’étude des réactions de la base droite devait être à nouveau précisée. Certes, les pleurésies séro-fibrineuses ou purulentes, les vomiques, les gros kystes donnant de faux épanchements pleuraux ont été étudiés avec soin mais, à côté de ces grosses réactions, il en est de minimes. Le Sieur de Lyon les avait déjà décrites au cours de la fièvre typhoïde; Paisseau et Hutinel montraient que dans quelques cas leur importance était telle qu’ils décrivaient une forme respiratoire de l’hépatite amibienne chronique. MM. Ramond, Jacquelin et Borrien enfin, sous le nom de signe respiratoire, décrivent une obscurité de la base droite au cours de la lithiase biliaire fruste. Il s’agit là d’un trouble qu’on peut observer au cours de toutes les affections hépatiques. Ayant eu l’occasion de le constater récemment au cours de deux cas d’ictère par le novarsénobenzol nous
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avons pensé qu’il était intéressant d’étudier à nouveau ce symptôme et de le rapprocher des autres manifestations de la base droite.
Nous étudierons donc iout d’abord ces minimes réactions caractérisées par une submatité, une di-: minution du murmure vésiculaire, la persistance et l’intensité des râles muqueux.
Puis nous rassemblerons les cas les plus intéressants de pleurésies séro-fibrineuses ou purulentes.
Enfin, nous étudierons les abcès du poumon secondaires aux abcès du foie et les vomiques, en montrant quels sont les signes radiologiques qui peuvent permettre de soupçonner leur constitution.