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I. — Retentissement sur l'appareil respiratoire

Dans l’appendicite chronique, le pouls est le plus souvent normal ou légèrement accéléré, et cette accélération est alors en rapport avec une élévation thermique de quelques dixièmes de degré, fébricule vespérale que le malade perçoit lui-même. Plus curieux esl.le ralentissement qui peut être observé dans certains cas.

Cette brachycardie appendiculaire a été surtout décrite dans cés cas aigus par A. Broca, Lœæbper, R. Benard, Vaquez, R. Arce, mais elle a été signalée aussi dans les formes chroniques (E. Girou}).Comme celle décrite par Lœper dans les affections intestinales en général, c’est une brachycardie véritable — et non bradysphygmie — le plus souvent nerveuse, comme le prouvent son intermittence et sa disparition par l’atropine, s’accompagnant parfois de malaise avec tendancelipothymique. Cependant des brachycardies

musculaires non influençables par l’atropine, attribuables à unelésion momentanée,passagère et superficielle du faisceau de His pourraient s’observer dans les périodes aiguës, comme l’a montré Vaquez. On peut noter dans quelques cas de l’arythmie. Parfois les troubles cardiaques peuvent faire penser à une affection organique : « palpitations, essoufflement, dyspnée d'effort : on pense à une maladie de cœur, mais l’auscultation est négative ; il n’y a que de l’éréthysme cardiaque ou de l’anémie » (Comby).

A côté de ces troubles cardiaques, on note souvent des troubles vasculaires : refroidissement des extrémités, pâleur et rougeur de la face, notre maître M. Enriquez a signalé le facies appendiculaire carac-

térisé par l’accentuation de la pâleur au pourtour de la bouche, qui paraît « cernée » (Gutmann).

Dans les viscères eux-mêmes, l’appendicite peut provoquer des phénomènes vaso-moteurs, et nous verrons plus loin à propos des troubles dans le domaine respiratoire qu'il peut y avoir congestion de la base droite par suite d’une vaso-dilatation des capillaires entraînant une base sanguine.

Remarquons, sans préjuger de rien, que la plupart de ces troubles circulatoires, la bradycardie, l’arythmie, la pâleur de la face, le refroidissement des extrémités sont du domaine vague. La tachycardie observée plus souvent est un phénomène en rapport avec la température. L'éréthysme cardiaque seul serait du domaine sympathique.Le vague prend-il une part directe au mécanisme de ces phénomènes ?

Pour la bradycardie appendiculaire observée dans les cas aigus, diverses théories pathogéniques ont élé admises: l’inanition (Josué, Arce), la lésion des centres ganglionnaires intracardiaques par des ptomaïnes fabriquées dans l’appendice gangréné (Kahn), l’imprégnation toxique du pneumogastrique ou de son centre bulbaire (Bakay, Vincent) et la théorie réflexe (Broca,Læper). Dans l’appendicite chronique, nous pouvons retenir les 2 mécanismes : toxi-infection et réflexe. 1

Chez notre malade n° 1, où la pression au point appendiculairesous l'écran radioscopique a provoqué un ralentissement très notable du pouls avec tendance à la syncope, nous devons admettre, à cause de ‘la brusquerie des phénomènes, un mécanisme réfiexe. Nous reviendrons sur cette pathogénie dans un chapitre spécial.

IT. — Retentissement sur l'appareil respiratoire

On a signalé dans l’appendicite chronique des manifestations thoraciques diverses.

Walther a rapporté des cas de toux réflexe, non accompagnée de signes physiques, disparaissant par l’appendicectomie, analogue à celle observée dans les fibromes utérins.

Mais cette toux peut parfois être accompagnée de signes pulmonaires, et cet ensemble est réalisé dans la forme pseudo-tuberculeuse de l’appendicite chronique, si bien décrite par Faisans. On observe chez

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un sujet jeune, dont l’état général rappelle de près celui d’un bacillaire, une toux sèche et quinteuse sans expectoration, parfois un point de côté à droite en arrière. L’auscultation peut être négative ; dans d’autres cas elle révèle au sommet droit de la rudesse respiratoire, une expiration soufflante et prolongée, une diminution du murmure vésiculaire et à la base . droite des signes de congestion. Tous ces symptômes morbides disparaissent après l’appendicectomie, Certains auteurs ont voulu voir dans cet état une tuberculose avec lésions bacillaires de l’appendice (Bialokur), d’autres la coïncidence d’une tuberculose torpide avec une appendicite qui rendrait les lésions pulmonaires manifestes en les exaltant momentanément, Waltheret Faisans en font des manifestations pulmonaires secondaires. La congestion de la base droite s’expliquerait soit par localisation à ee niveau, « de foyers infectieux à l’occasion de recrudescences ‘plus ou moins manifestes de l’appendicite ancienne » (Faisans), soit par la vaso-dilatation réflexe des capillaires pulmonaires quientrainerait une stase veineuse (Girou). La diminution de la respiration au sommet droit serait pour Faisans une simple coïncidence, mais il nous paraît plus rationnel d'admettre au sommet comme à la base la participation d’un facteur réflexe, d’un mécanisme encore indéterminé (peutêtre spasme bronchique) (1).

1. À l'appui de l'hypothèse d'un réflexe, on peut noter la disparition rapide des signes d’auscultation : M. Gutmann nous signale l'observation d'une malade qu'il a fait opérer par le D' Berger et

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La toux peut fréquemment s’accompagner de dyspnée ; celle-ci peut exister seule, et revêtir parfois alors le type asthmatiforme. À un degré plus avancé on peut observer de vérilables crises d'asthme appendiculaire. Dr

M. Rocher (dans sa thèse de Paris, 1912) en a rap-. porté 3 observations recueillies par Delagénière (Le Mans). M. R.-A. Gutmann en a rapporté un cas dans la thèse sur « les formes à surprises de l’appendicite chronique » (Paris, 1914) ; plus récemment, dans la Presse médicale du 3 novembre 1920, il en a rapporté un cas saisissant, et individualisé le type clinique « d'asthme appendiculaire » : Ce dernier cas est celui de notre observation n° 1, que nous avons pu compléter par un récent examen, sept mois après l'appendicectomie, date à laquelle la guérison de l’asthme obtenue par l’intervention chirurgicale est restée acquise.

Comment expliquer le mécanisme du déclenchement de ces crises d'asthme ?

Eppinger et Hess avaient mis l'asthme au nombre des éléments du syndrome vagotonique.

Lœper en 1917 et Daydé dans sa thèse en 1919, ont montré dans leur étude de l'asthme traumatique, que toute cause d'irritation ou d’excitation du centre. bulbaire du pneumogastrique, ou de tout conducteur nerveux en relation avec ce centre, était capable - de réaliser le syndrome asthmatique.

qui, huit jours après l'äppendicectomie, n’avait plus aucun des symptômes stéthoscopiques observés pendant plus d’un an.

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