Demande à manger; la température oscille toujours un
peu autour de 37%, mais la guérison est acquise.
Voilà done un cas que l’on peut superposer à celui que nous avons observé. Il est permis de supposer ici que si la ponction lombaire avait été pratiquée, elle nous eûl donné des résultats intéressants. Il est à peu près certain que c’est la cantharide qui a provoqué cette réaction des méninges, et que s’il existait des microbes au niveau des plaies consécutives à l’application des vésicatoires, leur action s’est bornée à celle de leurs toxines : elle s’est exercée à distance sur les méninges, et n’a fait que s'ajouter à celle du caustique qui a été prédominante. Cette interprétation nous semble pouvoir être mise en parallèle avec celle à laquelle on pourrait penser tout d’abord,c'est-à-dire qu'il s'agissait ‘ dans ce cas d’anurie cantharidienne avec symptômes d’urémie nerveuse. Nous nefaisons en somme que rapporter un fait en nous permettant d'émettre une simple hypothèse. |
Les réactions méningées peuvent survenir, avons nous dit au début de ce chapitre, dans des conditions indéterminées, comme le cas s’est produit chez le ma-
Es 00 = lade de Widal et Philibert et chez le malade de Lari= boisière. Nous rapprocherons de ces deux observations un cas de guérison rapide de méningite aiguë à formule lymphocytique. Cette lymphocytose a semblé traduire un processus atténué n'ayant pu aboutir à l'exode des polynucléaires: les observations IV et VI nous montrent que la polynucléose n’a presque pas persisté et a fait presque tout de suite place à la lymphocytose, Îce qui est de règle dans les processus aigus curables. Le cas dont nous voulons parler aété publiépar MM. Troisier et Brûlé (1): « Il s’agit d'un cas présentant au « début toutes les apparences d’une méningite tubercu- « leuse avec lymphocytose du liquide céphalo-rachi- « dien, et se terminant rapidement par la guérison. Ce « fait a été trouvéchez un jeune homme vigoureux, en « pleine santé. sansaucun antécédent morbide. Les ac- « cidents méningés n'ont duré qu'une huitaine de jours. « La guérison s’est maintenue sans séquelle. Ce m'était « donc pas une rémission temporaire: il a été impossi- « ble de déceler un élément paihogène dans le liquide « céphalo-rachidien. Lalÿmphocitose a disparu au mo- « ment dela convalescence. L'interprétation de ce cas. « est assez difficile. IL fautéliminer la méningite tuber- « culeuse (pas de bacille de Koch), et la méningite
« cérébro-spinale qui s’accompagne ordinairement de
polynucléose pendant presque toute son évolution
Bien qu'on n'ait pu déceler l’élément pathogène, on
1. Troisir Er Bruré. Associat, franç. pour l'avanc. des sciences, 36° Congrès, Reims, 1907. /
pourrait penser à une méningite primitive de forme atténuée, comparable aux méningites à formule lymphocytique secondaires à lafièvre typhoïde, à la bron- « cho-pneumonie, etc... On peut encore le rapprocher « des méningites aseptiques signalées récemment par « M. 'Widal. ;:Beaucoup d’affections méningées dont « la cause nous échappe ne {sont pas encore clas- « sées. M. Widal les groupe provisoirement sous « le nom « d'états méningés ». Nous proposons le « mot « méningopathie » qui pas plus quele précédent « ne préjuge rien de la nature de la maladie. » Enfin, on pourrait rapprocher de ces’ faits les réactions méningées consécutives au zona, bien que ces réactions soient également à lymphocytes ainsi que l’ont montré les recherches de Brissaud et Sicard. Comme dans le cas précédent, les méningites zonateuses relèvent généralement de processus atténués se traduisänt par l’épanchement (de lymphocytes et non de polynucléaires. Nous verrons au chapitre suivant comment on peut interpréter les méningites consécutives au zona ; de même que nous étudierons comment il peut
arriver que celui-ci soit consécutif à celles-là.