Ravaur et Aurour. Soc. de Biologie, juin
BA y VE
Observation VIT (Come sr Frenez (Soc, méd. des hôpit., 1896).
Dangers du vésicatoire chez l’enfant.
Jules À..., âgé de 4 ans, est reçu le 18 octobre à l’hôpital Trousseau, salle Barrier.
Le père est bien portant ; ancien rhumatisant : la mère se porte bien ; un.enfant de 3 mois en bonne santé.
L'enfant est né à terme ; a été élevé au sein jusqu’à 18mois ; a marché à 2 ans ; première deñt à 10 mois.
Rien d’anormal jusqu’à 3 ans 1/2 ; a eu la rougeole à cette époque, dont il a bien guéri.
Quatre jours avant son entrée à l’hôpital, le 14 octobre, l’enfant se met à tousser et un médecin consulté a ordonné d’appliquer deux vésicatoires l’un en avant et l’autre en arrière de la poitrine ; les vésicatoires ont été laissés en place pendant quatre heures.
Dès le lendemain, l’état général de l’enfant au lieu de s’amé- liorer devient de plus en plus mauvais ; l'enfant est agité, crie continuellement et se plaint de la tête.
Les jours suivants, son état ne s'améliore guère et c’est dans ces conditions que l'enfant nous est amené à l’hôpital, avec un certificat de la part du médecin qui porte le diagnostic de méningite.
Le 18 octobre. — Jour de son entrée, l’enfantest très abattu, il ne prête attention à rien de ce qui se passe autour de lui ; la somnolence est continuelle, et il n’en sort que pour pousser des gémissements ou prononcer des paroles incohérentes. Il est couché sur le dos, la face est plutôt congestionnée ; le regard terne
et inquiet, les pupilles inégalement dilatées.
Le pouls est rapide et très petit, la respiration régulière, le ventre normal. T. : 39°3 Je soir. Il se défend au moindre attouchement, mais il n’existe pas de trouble de la sensibilité,
A chaque instant, il porte sa main à la tête dont il continue à souffrir ; depuis vingt-quatre heures, il n’a pas été à la selle, et malgré un lavement qui luia été donné, il n’a rien rendu du tout-
Il n’urine pas, et le cathétérisme ramène une quinzaine de grammes environ d’urine claire et albumineuse. On constate une faible raideur de la nuque. ; |
L'examen de la poitrine nous fait voir l’existence de deux larges plaies non complètement cicatrisées, consécutives aux vésicatoires et mesurant l’une (dans le dos) 15 centimètres de long sur 8 de large ; celle de devant 8 centimètres de long sur 5 de large. Le scrotum est æœdématié dans son ensemble, riende spécial aux membres inférieurs.
Rien à l'auscultation de la poitrine.
La langue est sèche, rôtie ; il en est de même des lèvres et du fond de la gorge.
On lui fait appliquer deux ventouses scarifiées au niveau de chaque région lombaire ; lavement froid matin et soir, et on lui fait avaler le plus de lait possible, k
Le lendemain de notre examen, l'état est presque le même, la constipation et l’anurie persistent ; un nouveau cathétérisme ne ramène rien. La température marque 38°4 le matin, 388 le soir.
20 octobre. — L'enfant est allé à la selle, il a uriné un peu au lit, l'abattement est moindre, mais il délire toujours un peu. T, :38°3 le matin, 393 Île soir. | |
L'état reste à peu près le même,la température oscillant entre 38°et 39. Les urines toujours très rares et légèrement albumi-
neuses jusqu’au 26 octobre.
© 27. — Plus d'albumine ; la raideur de la nuque de même que la constipation et l’anurie ont disparu (il urine toujours au lit, il a un phimosis congénital), l’enfant cause et prête attention à ce qu’on lui dit.
T, : 37°5 le matin, 37°9 le soir.
30. — L'enfant est complètement remis, il joue, urine bien et va à la selle.